La pauvreté recule au moment du départ à la retraite
Cette évolution concerne toutes les catégories de retraités, y compris les personnes qui avaient un emploi juste avant de faire valoir leurs droits à une pension, selon une note diffusée jeudi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.
La pauvreté s’amoindrit de façon significative au moment du départ à la retraite. C’est l’un des principaux enseignements d’une note diffusée, jeudi 26 mars, par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), un service ministériel qui fournit des analyses dans le champ de la santé et du social. Le phénomène mis en évidence par cette enquête est d’autant plus frappant qu’il concerne toutes les catégories de retraités – y compris les personnes qui occupaient un emploi avant de « liquider leurs droits », c’est-à-dire de réclamer le versement de leur pension.
L’étude publiée jeudi a été menée par Patrick Aubert, de l’Institut des politiques publiques – un expert qui fait autorité aux yeux de tous les spécialistes du sujet. Il s’appuie, en l’espèce, « sur une source inédite », qui permet, notamment, d’apprécier des évolutions en fonction des conditions dans lesquelles la retraite est prise.
En 2020, la part d’individus en situation de pauvreté se situait à 8,3 % parmi ceux qui étaient « nouvellement retraités »(le terme désignant les femmes et les hommes pour lesquels 2020 représentait la première année « pleinement passée à la retraite »). La proportion était plus importante durant l’année précédant le départ à la retraite de ces mêmes personnes : 12,4 %.
Baisse du niveau de vie « modérée »
Dans la majorité des cas, plus le taux de pauvreté est élevé avant le départ à la retraite, plus il baisse ensuite. Ainsi, parmi ceux qui étaient au chômage avant de liquider leur pension, 22,5 % étaient considérés comme pauvres. Une fois à la retraite, ils n’étaient plus que 12,1 %, soit un recul de 10,3 points. La diminution était beaucoup moins marquée pour les personnes en activité avant le départ en retraite (– 0,7 point).
En règle générale, le montant de pension que les individus touchent est plus faible que les revenus d’activité qu’ils percevaient, s’ils avaient un poste : il est inférieur de plus de 25 % pour la moitié d’entre eux. Toutefois, cette érosion est « atténuée » si l’on tient compte de l’ensemble des revenus du ménage dans lequel se trouvent les néoretraités. Et elle se réduit encore en prenant en compte les « prestations sociales reçues » et les « impôts payés » : c’est la preuve, selon Patrick Aubert, que « la baisse du niveau de vie » s’avère « modérée », pour ceux qui exerçaient un métier juste avant de liquider leurs droits. Un peu plus d’un tiers d’entre eux voient même leur niveau de vie s’accroître « à la retraite ».
Quant aux personnes sans emploi lors de l’année précédant le départ à la retraite, une « majorité » d’entre elles voient leurs revenus progresser quand elles font valoir leurs droits à une pension. Cette amélioration est plus nette pour celles qui touchaient une allocation-chômage que pour celles qui se voyaient attribuer une prestation liée à une invalidité.
Par Bertrand Bissuel, pour Le Monde, Publié le 26 mars 2026
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