Je suis papysitter : voici combien cette activité me rapporte chaque mois et en quoi elle consiste".
Donatien passe chaque semaine 10 à 15 heures en compagnie de seniors grâce à la plateforme Tango.
Il est dix heures du matin lorsque Donatien Hastings pousse la porte d’un EHPAD parisien. Deux heures plus tard, il en ressort après avoir chanté, marché dans le jardin et échangé quelques mots avec Geneviève, 84 ans.
À 29 ans, le jeune homme sillonne la capitale plusieurs jours par semaine, de domiciles privés en établissements, pour accompagner cinq personnes âgées qui lui ont été confiées par la plateforme de mise en relation , fondée par Léa Felix.
Ancien responsable de marché dans un cabinet d’études, il a opéré une il y a un an et demi. « Ma mère était auxiliaire de vie. Adolescent, je l’aidais déjà auprès de . Et j’ai beaucoup accompagné mes grands-parents », raconte-t-il.
Au fil de ectures philosophiques et d’une remise en question plus large, il décide de suivre une en ligne de six mois d’assistant de vie aux , puis de faire du bénévolat, afin de se former sur le terrain. C’est à ce moment-là quetango le contacte pour travailler avec lui.
Aujourd’hui, Donatien joue en quelque sorte les « » et partage ses journées entre plusieurs parisiens et des sorties en ville. « Mon rôle consiste à stimuler les seniors, à leur permettre de passer un bon moment, tant physiquement qu’intellectuellement », résume-t-il.
Le vendredi, par exemple, il commence la matinée avec Geneviève, 84 ans, aphasique et apathique. « Avec elle, je fais beaucoup de par le chant. J’essaie aussi de changer d’, d’aller au jardin ou à la messe. » Il la voit quatre fois par semaine.
L’après-midi, changement radical d’ambiance avec Babette, énergique et sociable. « Elle tient à sa petite bière — toujours avec modération — à chaque rencontre. On va au cinéma, en terrasse, faire du shopping. Sans visite, elle ne sortirait presque pas. » Les relations s’inscrivent dans la durée : Babette, il l’accompagne depuis un an et demi. « Elle me donne même des conseils de vie. Elle m’encourage à aller au bout de ce que j’aime. » Après chaque visite, Donatien consigne en quelques minutes le déroulé du rendez-vous sur une application mobile. Ce compte-rendu est automatiquement transmis à la famille.
Chez Tango, la mission est claire : lutter contre l’isolement des seniors grâce à des visites régulières, souvent hebdomadaires, demandées par l’entourage. « La famille nous décrit très précisément son proche : sa personnalité, ses centres d’intérêt, son histoire. Cela nous permet de proposer un jeune qui lui ressemble vraiment. Par exemple, si une senior est passionnée d’art, nous allons privilégier un jeune issu des beaux-arts, du journalisme ou d’un domaine proche », explique Léa Felix, la fondatrice.
Concrètement, les jeunes passent du temps avec les personnes âgées : ils se promènent avec elles, discutent, échangent, les accompagnent à l’extérieur ou les aident dans de petites tâches du quotidien. « Nous cherchons avant tout du savoir-être : empathie, ponctualité, capacité d’écoute. Pour environ 90% des missions, aucun diplôme n’est requis », précise Léa Felix. Certaines tâches sont, en revanche, exclues : pas de soins, ni d’aide à la toilette.
Sur le plan financier, le cadre est transparent. Les compagnons — comme ils sont appelés chez Tango — sont rémunérés 11,50 euros nets de l’heure. Donatien travaille entre 10 et 15 heures par semaine via la plateforme, ce qui représente environ 460 à 690 euros nets par mois, en fonction du volume horaire. « Mais si l’objectif est uniquement de gagner de l’argent, ce n’est pas le bon travail. Il faut aimer créer du lien», avertit la fondatrice.
Donatien insiste, lui, sur l’impact personnel de cette nouvelle activité. « Ça donne du sens à mes actions quotidiennes. Mon ancienne activité était très sédentaire. Là, je bouge tout le temps, souvent à vélo, et chaque rencontre est différente. » Il reconnaît aussi la charge émotionnelle : « Avec des personnes très aphasiques, il est parfois difficile de mesurer l’impact de mes actions. Dans ces moments-là, je me rappelle que mon rôle est d’apporter du bien-être, même s’il est éphémère. Cela me motive à me donner pleinement à chaque rencontre. Les seniors ont énormément à nous apprendre : ils ont leurs souvenirs, leurs expériences de vie, parfois même des récits historiques. Il suffit de prendre le temps de les écouter ».
Kassim Begarin pour Le Figaro emploi, repéré par Dominique Saliou sur Linked in
https://emploi.lefigaro.fr/remuneration/actualites-remuneration/2991-salaire-papysitter/
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