Les femmes et les seniors, premiers bénéficiaires des Maisons sport-santé.

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges

Près de sept ans après leur création, en avril 2019, le Paris des Maison sport-santé (MSS) semble gagné. Le dispositif est pertinent et il y a un intérêt manifeste à poursuivre le développement de nouvelles MSS, mais également à consolider le fonctionnement de l'existant, estime un rapport conjoint de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), et de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche, publié le 2 décembre.

Les MSS ont été lancés dans le cadre de la stratégie nationale, sport, santé 2019 2024, pour lutter contre la sédentarité et l'inactivité physique. Ce fléau a un coût social exorbitant : 140 milliards d'euros annuels, correspondant à 38 000 décès prématuré et 62 000 pathologies, selon un rapport France Stratégie de 2022.

En pratique, il s'agit de lieu ressources d'informations, d'accompagnement et d'orientation des personnes vers la pratique d'activité physique ou d'activité physique adaptée (APA) dans le cadre de sport sur ordonnance. Pour cela, ces structures réalisent, notamment des bilans de conditions physiques. Pilotées au niveau national par le ministère des sports et celui de la santé, elles se sont progressivement déployées sur le territoire. En juillet, leur nombre était évalué à 550. Leur statut est très variable (associatif dans les deux tiers débat des cas, collectivité territoriale dans 17 % des cas, établissement public de santé, société commerciale), ce qui permet « l’adaptation à des territoires et des publics variés » souligne le rapport.

Déséquilibre important.

Depuis 2020, plus de 872 000 personnes ont été, au total, accueillies en prévention primaire (en l'absence de maladie) ou en prévention secondaire, dans un contexte de maladie chronique ou de handicap. Les pathologies ostéo-articulaires sont le premier motif d'accès, devant les problèmes de surpoids ou d'obésité, les cancers, les maladies cardio-vasculaires…

Le satisfecit n'est cependant pas total. La mission relève un déséquilibre important, avec une prédominance des femmes (au moins deux tiers des bénéficiaires) et des seniors. « La résistance des hommes à s'investir dans ce type de pratique portant encadré et manifeste » fais savoir le rapport. Comme d'autres études, L’IGAS note une « grande hétérogénéité dans l'organisation, la taille, le statut ou encore les services offerts par les MSS, mais aussi dans le profil des bénéficiaires ». Et la fragilité des dispositifs, notamment en raison, des inégalités de moyens et d'incertitude quant à la pérennisation des financements publics.

En outre, le rapport constate un flou sémantique entre les termes d'activité physique adaptée (qui relève du soin) et le sport-santé plutôt relatif au bien-être à l'entretien de sa forme, ce qui peut avoir des conséquences en matière d'organisation, de financement… Il décrit aussi une discordance de conception entre les ministères et la Haute Autorité de la Santé (HAS), s'agissant des des dispensateur d'activité physique adaptée. Le HAS suggère de réduire leur spectre aux « professionnel de l’APA », et d’en exclure les éducateurs sportifs. Or, constate la mission IGAS, éducateur, sportif et enseignant en activité physique, adaptée sont quasiment en parité dans les maisons sport-santé.

Pour clarifier l'offre, il est recommandé de normer au niveau national, les prestations d’APA thérapeutique. Outre ses préconisations concernant la formation des professionnels de l'APA et leur statut, le rapport propose d'agir sur deux autres axes : le pilotage et le domaine et le modèle économique des MSS et de l'organisation des prestations de service.

Sandrine Cabut dans Le Monde du 10 décembre

Les femmes et les seniors, premiers bénéficiaires des Maisons sport-santé.
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