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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 10:00

Marc Cases vient de créer sa startup, Tootem, et s’apprête à lancer un système de micro ferme urbaine low tech à monter soi-même. Pourtant, Marc Cases n’a pas le profil attendu du startuper, disons plutôt qu’il n’a pas l’âge attendu…

Incubé au sein de Sense Cube, un tiers-lieu qui accompagne les entrepreneurs sociaux, Marc Cases, du haut de ses 55 ans, se retrouve immergé dans l’univers de ceux que l’on appelle les Digital Natives, en d’autres termes, ceux qui n’ont jamais connu un monde sans Internet… Rencontre avec ce startuper hors norme.

Usbek & Rica : Passer du monde industriel à celui des startup, c’est quand même un sacré changement, comment vous êtes-vous adapté ?

Marc Cases : Avant de lancer Tootem, je m’étais beaucoup rapproché du milieu Open Source et Do It Yourself (faire soi-même). Je me suis familiarisé avec les concepts de biens communs, de partage, de co-construction, etc. J’ai rencontré des communautés comme celle de Oui Share, qui réunit beaucoup d’acteurs de l’économie collaborative. Cela s’est fait par étapes, sinon je n’aurais pas réussi à entrer, comme ça, dans ce bain de culture numérique.

U. R. : Comment avez-vous vécu le choc de génération ?

M. C. : Lors des discussions pour rejoindre l’incubateur Sense Cube, la question de l’âge s’est effectivement posée. Est-ce que j’allais pouvoir m’intégrer dans une équipe qui a l’âge de mes enfants ? J’étais un peu inquiet au début, mais dès que j’ai commencé à installer une micro-ferme dans les locaux, la différence d’âge est passée au second plan. Je me suis rendu compte que les problématiques liées à l’alimentation préoccupaient énormément cette génération. Ainsi les autres startupers de l’incubateur participent à l’entretien de la micro-ferme, ils me posent beaucoup de questions sur les cultures, échangent avec moi des informations sur le sujet, il y a une effervescence et une curiosité qui m’ont agréablement surpris.

U. R. : Que vous apportez-vous mutuellement ?

M. C. : Toutes les personnes incubées chez Sense Cube travaillent autour de l’impact sur l’humain et l’environnement dans des domaines aussi variés que l’entraide des personnes âgées, la solidarité sociale, le recyclage des déchets, etc. C’est un brassage permanent d’idées et de questionnements. Et puis, nous avons souvent des problématiques similaires, parfois les mêmes clients : le partage d’expérience est alors bienvenu.

Concernant la différence de génération, les jeunes d’aujourd’hui sont moins formatés, moins entravés que je peux l’être avec l’âge et l’expérience ; ils ont, notamment, une facilité de mise en œuvre incroyable. De mon côté, lorsque l’on relance une activité à 50 ans passés, il y a une volonté forte de faire le bon choix, de s’investir à la fois dans quelque chose qui a du sens et qui est économiquement viable. Lorsque j’ai dû fermer mon entreprise de construction modulaire, j’ai connu une période de précarité que je ne voudrais pas revivre. La précarité, les nouvelles générations la connaissent par cœur ! Cette expérience commune permet aussi de se rapprocher, de mieux se comprendre.

U. R. : Concrètement, comment peut-on devenir micro-fermier ? Et que peut-on cultiver avec Tootem ?

M. C. : En hydroponie, on peut faire pousser à peu près tout ce qu’on veut, mais il serait plus pertinent de se concentrer sur des aromates, des légumes et des fruits difficiles à transporter ou qui se consomment très frais, comme les fraises ou la salade, et réserver les pommes de terre, les carottes, les navets, etc. à une culture en terre. Une ferme urbaine verticale peut s’installer en mode réduit sur le balcon d’un particulier, ou de façon plus conséquente dans une cour d’immeuble partagée entre voisins, ou encore être intégrée de façon plus industrielle à des projets de construction (toits, murs végétaux). Par exemple, la mairie de Paris, au travers de son projet Parisculteurs, s’est donné pour objectif de végétaliser 100 hectares de bâti d’ici 2020, dont un tiers consacré à l’agriculture urbaine. Si les fermes urbaines se développent, nous aurons ainsi un vivier d’emplois futurs très important. En effet, on estime qu’il y aurait besoin d’un agriculteur pour 50 à 100 m2 de culture verticale…

Publié par Génération Care en février 2017

http://generationcare.fr/un-quinqua-chez-les-startupers/

Contact :

Marc Cases ; 06 17 04 07 47 ; marc@tootem.eu : www.tootem.eu

Un quinqua chez les startupers…
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Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Inter Génération Travail - entreprenariat Société
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 09:27

Un chauffeur de taxi new yorkais raconte :

Je suis arrivé à l’adresse et j’ai klaxonné. Après avoir attendu quelques minutes, je klaxonne à nouveau. Comme il s’agissait de ma dernière course de la journée, je pensais partir, mais finalement je me suis stationné et puis je me suis dirigé vers la porte et j’ai toqué.

« Juste une minute », a répondu une voix de personne âgée. Je pouvais entendre quelque chose qui traînait sur le plancher.

Après une longue pause, la porte s’ouvrit. Une petite femme de 90 ans se tenait devant moi. Elle portait une robe imprimée et un chapeau à voilette, ressemblant à un personnage de film des années 1940.

À côté d’elle il y avait une petite valise en nylon. L’appartement semblait comme si personne n’avait vécu dedans depuis des années. Tout le mobilier était recouvert de draps.

Il n’y avait pas d’horloge sur les murs, pas de bibelot ni aucun ustensile sur les comptoirs. Dans un coin il y avait une boîte en carton remplie de photos et de verrerie.

« Pourriez-vous porter mon bagage jusqu’à la voiture? » dit-elle. J’ai porté la valise jusqu’à mon véhicule, puis suis retourné aider la femme.

Elle prit mon bras et nous avons marché lentement vers le bord du trottoir.

Elle n’arrêtait pas de me remercier pour ma gentillesse. « Ce n’est rien », je lui ai dit « J’essaie simplement de traiter mes passagers de la façon dont je voudrais que ma mère soit traitée. »

« Oh, tu es un bon garçon », dit-elle. Quand nous sommes arrivés dans la voiture, elle m’a donné une adresse, puis demanda: « Pouvez-vous passer par le centre-ville? »,

« Ce n’est pas le plus court chemin », répondis-je.

« Oh, cela ne me dérange pas », dit-elle. « Je ne suis pas pressé. Je me rends au centre de soins palliatifs. »

J’ai regardé dans le rétroviseur. Ses yeux scintillaient. « Je n’ai pas de famille » reprit-elle d’une voix douce. « Le docteur dit que je n’en ai plus pour très longtemps. » J’ai discrètement arrêté le compteur.

« Quelle route voudriez-vous que je prenne? » Demandai-je.

Pendant les deux heures qui ont suivi, nous avons roulé à travers la ville. Elle m’a montré le bâtiment où elle avait travaillé comme opérateur d’ascenseur.

Nous avons traversé le quartier où elle et son mari avaient vécu quand ils étaient jeunes mariés. Elle m’a fait arrêter devant d’un entrepôt de meubles qui était à l’époque une salle de bal où elle était allée danser lorsqu’elle était jeune fille.

Parfois, elle me demandait de ralentir en face d’un bâtiment particulier ou dans un coin et s’asseyait le regard perdu dans l’obscurité, sans rien dire.

Lorsque le soleil commença à rejoindre l’horizon, elle dit soudain: « Je suis fatiguée j’aimerai que nous y allions maintenant ».

Nous avons roulé en silence à l’adresse qu’elle m’avait donnée. C’était un petit édifice, comme une petite maison de convalescence, avec un portique pour rentrer dans une allée.

Deux infirmiers sont sortis et se sont dirigés vers le taxi. Ils étaient très attentionnés et surveillaient tous les mouvements de la vieille dame. Visiblement ils attendaient son arrivée.

J’ai ouvert le coffre et porté la petite valise jusqu’à la porte. La femme était déjà assise dans un fauteuil roulant.

« Combien vous dois-je? » M’a-t-elle demandé, en ouvrant son sac.

« Rien » lui dis-je.

« Vous devez gagner votre vie », répondit-elle.

« Il y aura d’autres passagers, » ai-je répondu.

Presque sans y penser, je me suis penché et lui ai donné une accolade. Elle me serra fort.

« Vous avez donné un petit moment de joie à une vieille dame », dit-elle. « Je vous remercie. »

Je lui serrai la main, et me retournai. Derrière moi, une porte a claqué, c’était le bruit d’une vie qui se termine.

Je n’ai pris aucun passager le reste de ma course. J’ai conduit sans but perdu dans mes pensées.

Je n’ai pratiquement pas parlé le reste de la soirée. Que se serait-il passé si cette femme avait eu à faire à un chauffeur en colère, ou à quelqu’un d’impatient et pressé ? Et si j’avais refusé de prendre la course, ou avais klaxonné plusieurs fois, puis parti sans attendre ?

Après réflexion, je ne pense pas avoir fait quelque chose de plus important dans ma vie.

Nous sommes conditionnés à penser que nos vies tournent autour de grands moments. Mais les grands moments sont souvent des jolis petits instants auxquels nous ne prêtons pas assez attention.»

Kent Nerburn ; Traducteur inconnu

http://chemindevie.net/le-dernier-voyage-en-taxi/

Le dernier voyage en taxi
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 12:03

« Les stéréotypes ont la vie dure… et pèsent sur nos compétences d’une manière insoupçonnée », pourrait-on ajouter. Une assertion que la psychologie sociale démontre, et un objectif : libérer les personnes âgées du joug des stéréotypes pour favoriser leurs capacités. Article publié dans le numéro 269 du journal de mars 2017 de l’Université de Franche-Comté.

Qu’on les appelle abruptement « les vieux » ou avec plus de délicatesse « les seniors » n’y change rien : les stéréotypes négatifs collent aux baskets et aux déambulateurs des plus de 65 ans, comme pour de nombreux groupes sociaux.

Sauf que celui-là présente la particularité d’être regardé, voire jugé par des individus qui un jour y entreront, chargés de tous les messages dommageables accumulés au cours de leur vie. C’est un processus que la psychologie décrit sous le vocable « internalisation du stéréotype ».

La personne a eu le temps d’intégrer toutes les représentations liées au vieillissement, au point de les faire siennes au moment où elle arrive à cette étape de son existence. « Les stéréotypes créent la réalité », résume Marie Mazerolle, enseignante-chercheure en psychologie à l’université de Franche-Comté, et qui fait de ces questions le sujet phare de ses travaux.

« Et plus les gens ont une vision négative, plus ils ont tendance à s’y conformer. Cela a des conséquences sur la volonté de s’engager dans des activités physiques, sur l’apparition de dépressions, et même sur l’espérance de vie ».

Un autre mécanisme entre en jeu, celui de la « menace du stéréotype », qui voit les gens perdre leurs moyens selon un processus contreproductif : la crainte de confirmer la mauvaise réputation de leur groupe social, en répondant mal à ce qu’on attend d’eux, a un effet délétère sur leurs performances. Ce processus, mis en évidence par des psychologues américains dans les années 1990, a été validé auprès de différents groupes sociaux marqués par le jugement : les Afro-américains considérés moins intelligents que les Blancs, les personnes âgées perdant la mémoire au fil du temps…

Des compétences sous pression

Les études portent sur deux groupes, l’un soumis à la menace (on va mesurer votre compétence par rapport à votre âge), l’autre mettant en scène des paramètres extérieurs (la situation dans laquelle vous êtes peut influencer votre performance, engendrer du stress, sans pour autant que cela soit lié à vos compétences).

« Dans la majorité des cas, les performances des répondants sont nettement supérieures lorsqu’on réduit le stress social. » L’intelligence et les performances intellectuelles des Noirs et des Blancs redeviennent identiques, et les défauts de mémorisation des personnes âgées se réduisent.

Les travaux de Marie Mazerolle portent à la fois sur la menace et l’internalisation des stéréotypes, sur les interactions potentielles entre les deux mécanismes, et sur les ressorts gouvernant ces phénomènes. La scientifique participe à un programme national visant à mettre en évidence le poids des stéréotypes dans le diagnostic de démence des personnes âgées, un enjeu d’autant plus important que 70 % des personnes jugées susceptibles de développer une pathologie dégénérative de type Alzheimer, ne déclarent jamais une telle maladie.

Marie Mazerolle oriente par ailleurs ses recherches sur les performances motrices, afin de voir quelle est la prégnance du stéréotype dans des situations aussi usuelles que la marche. Des expériences comparatives viennent de démarrer au laboratoire, inaugurant un projet qui devrait rendre ses premières conclusions dans dix-huit mois environ.

Publié par Senioractu du 17 février 2017

http://www.senioractu.com/Les-stereotypes-sur-les-aines-renforcent-les-effets-du-vieillissement_a19750.html

 

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:20

Florence est aide-soignante. Blogueuse influente, elle partage aujourd'hui avec nous un joli billet, sensible et engagé comme elle l'est elle-même ; une projection dans le temps à laquelle on ne peut qu'adhérer… car vieille ou vieux, nous le serons toutes et tous un jour… alors !

Aide-soignante et blogueuse « Soignante en devenir »

Quand je serais vieille…
Le droit d'être moi… même vieille

Le droit d'être moi… même vieille

Florence est aide-soignante. Blogueuse influente, elle partage aujourd'hui avec nous un joli billet, sensible et engagé comme elle l'est elle-même ; une projection dans le temps à laquelle on ne peut qu'adhérer… car vieille ou vieux, nous le serons toutes et tous un jour… alors !

Aide-soignante et blogueuse « Soignante en devenir »

http://www.soignanteendevenir.fr/2016/07/quand-je-serai-vieille.html

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 10:13

Sur 100 heures travaillées, la moitié s’effectue sous des formes domestiques, associatives ou collaboratives

« Le capitalisme a réduit notre champ de vision sur le travail »

Pour l’économiste Pierre-Yves Gomez, selon les régulations du travail définies dans les prochains mois, deux sociétés radicalement différentes vont s’offrir à nous.

Le travail ne se réduit pas à notre activité professionnelle. Nous travaillons beaucoup dans les espaces domestiques et associatifs pour produire des services éducatifs, économiques, sociaux ou culturels, sans lesquels la société serait bloquée. Nous développons des activités collaboratives avec des voisins, sur l’Internet ou dans les fab labs et autres makerspaces. Nous exerçons aussi un travail en tant que consommateur, quand nous remplissons notre réservoir à la place d’un pompiste ou que nous commandons un billet de train sans passer par un guichetier.

Nous avons été formatés à ne considérer comme relevant du « travail » que le temps contrôlé par les entreprises ou les administrations. Au point de méconnaître le fait que, sur cent heures travaillées, un Français en effectue en moyenne une moitié comme salarié et l’autre sous des formes autonomes ou auto-organisées, domestiques, associatives ou collaboratives.

La réduction de notre champ de vision sur le travail a une histoire.

Celle du capitalisme qui, en distinguant la propriété des moyens de production de celle de la force de travail, a universalisé le contrat de subordination, forme jusqu’alors marginale de louage de services. On s’est mis à produire selon des processus contrôlés par ceux qui détiennent le capital et la technologie. La mécanisation a imposé ses rythmes, la mondialisation a distendu le lien avec le client final, la financiarisation a ignoré le travail réel au profit de comptabilisations abstraites.

Le travailleur a accepté cette privation d’autonomie parce qu’elle avait le salaire comme contrepartie. Depuis les années 1950, le compromis fordien s’est ainsi installé : le salarié gagne en pouvoir d’achat de quoi retrouver, par la consommation, la liberté qu’il n’a plus au travail. Le travail non marchand bénévole a donc disparu des radars économiques, considéré comme un choix de vie privée.

Compromis fordien en crise

Ce compromis et ce modèle sont entrés en crise dans les années 2000. La sécurité associée au contrat de travail a été ébranlée sous la poussée d’un capitalisme mondialisé et hypercompétitif. La perte d’autonomie des travailleurs dans les organisations mécanisées, globalisées et financiarisées a atteint un tel niveau qu’ils se sont désengagés et trouvent précisément dans le travail bénévole ou indépendant la créativité qui les valorise.

Enfin, les technologies de l’information se sont diffusées massivement, échappant au strict contrôle des détenteurs du capital financier. Avec un ordinateur, nous pouvons créer pour notre compte des services et des biens inédits. Ainsi, Wikipedia a fait exploser le marché des encyclopédies, Blablacar, celui des transports, AirBnB, celui de l’hôtellerie. D’où la crise de notre modèle économique et social.

Deux perspectives se dessinent. Soit une nouvelle société se recompose en se fondant davantage sur le travail auto-organisé et indépendant – cela suppose que nous sachions valoriser la richesse produite par ce travail par une consommation qui s’inscrive dans de nouveaux circuits économiques, marchands ou non. Soit les formes de travail autonomes sont récupérées par les entreprises comme un moyen de favoriser la flexibilité. La précarité s’accroîtra mais elle sera sans doute compensée par des promesses de consommation accrue. Selon les régulations du travail définies dans les prochains mois, nous dessinerons deux sociétés radicalement différentes.

Article de Pierre-Yves Gomez publié dans LE MONDE ECONOMIE du 04.01.2017 daté du 05 01 2017.

Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'EM Lyon)est l’auteur d’ Intelligence du travail (Desclée de Brouwer).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/04/le-capitalisme-a-reduit-notre-champ-de-vision-sur-le-travail_5057539_3232.html#ijkXdMqqcPvYi4LQ.99

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 09:35

Les pauvres sont les mieux placés pour savoir quoi faire de l’argent qui leur est donné et cette étude le prouve (allo l’Etat providence, vous m’entendez ?)

Contrairement à une idée répandue, donner de l'argent directement aux personnes touchées par la pauvreté, à l'image de ce que serait un revenu universel par exemple, s'avère plus efficace que les aides trop encadrées dans leur utilisation. Au regard des évolutions de la pauvreté observées en France ces dernières décennies, cette solution devrait être envisagée par les pouvoirs publics. Un entretien d'Atlantico avec Julien Damon

 

Atlantico : Parmi les solutions proposées pour lutter contre la pauvreté, deux économistes, David Evans (Banque mondiale) et Anna Popova (Université de Stanford) ont montré dans un récent papier de recherche l'efficacité de donner directement de l'argent aux plus pauvres, plutôt que de leur fournir de la nourriture ou un logement. Quel peut-être l'avantage d'une telle mesure ? Qu'est-ce que cela révèle de la conception qu'ont de la pauvreté les dirigeants, et plus largement la société ?

Julien Damon : C'est un débat classique.

Faut-il privilégier des prestations monétaires ou des prestations en nature ? Faut-il verser des sommes sur des comptes en banque (avec liberté d'utilisation) ou fournir des services (des repas, des hébergements) ? Faut-il, au mendiant, donner un sandwich ou une petite somme d'argent ? De fait, il y a derrière cela d'abord des considérations morales. On estimera souvent le pauvre irresponsable et on préférera lui donner son aumône en nature (c'est le sandwich plutôt que la pièce). Plutôt qu'une allocation de rentrée scolaire (la très disputée ARS) versée aux parents, en septembre, on préférera acheter des livres aux enfants. En fait les vrais experts de la pauvreté ce sont les pauvres eux-mêmes. Ils savent plus que ceux qui les observent ce dont ils ont besoin, pour vivre au quotidien mais aussi pour améliorer leur existence voire pour investir. D'un point de vue personnel, je pense qu'il faut privilégier tout ce qui permet aux gens, notamment les pauvres, de maximiser leur liberté et leurs capacités de choix, aussi restreintes soient-elles. Dans bien des cas l'allocation monétaire vaut mieux que les services. En tout cas pour les plus pauvres, plutôt que de leur donner plusieurs sandwichs dans la journée, il vaut mieux augmenter leurs revenus du jour.

Atlantico : Votre dernière note pour la Fondapol propose un ensemble de mesures destinées aux pouvoirs publics pour lutter contre la pauvreté. A-t-on pu constater une évolution notable au cours des dernières décennies de ce que signifie être pauvre en France ? Si oui, comment s'explique-t-elle ?

J D  : La tendance depuis les années 1970 était – jusqu’aux secousses récentes attachées à la crise - à une forte baisse puis à une stabilisation du taux de pauvreté. Cette diminution puis cette stabilisation de la pauvreté, mesurée sous sa forme monétaire relative (aujourd'hui un individu est compté comme pauvre sous un seuil à 1 000 € par mois), masquent de profondes transformations. Tout d’abord, la pauvreté a rajeuni : en quarante ans, le taux de pauvreté des moins de 25 ans a été multiplié par deux, alors que celui des plus de 65 ans était divisé de moitié. Elle s’est aussi déplacée des familles nombreuses vers les familles monoparentales. Les familles monoparentales trouvant très majoritairement à leur tête des femmes, la "monoparentalisation" de la pauvreté alimente une féminisation de la pauvreté. Celle-ci touche désormais des actifs qui travaillent, en raison des doubles mutations du monde du travail et de la famille. Elle est mieux, quoi qu’imparfaitement, prise en charge par un Etat providence qui n’a jamais cessé de se développer, en particulier en matière d’aide sociale. La pauvreté, par ailleurs, s’est urbanisée, baissant environ de 4 points entre 1996 et 2012 dans les communes rurales et augmentant de 5 points dans l’agglomération parisienne. Tandis que la pauvreté se stabilisait, en moyenne nationale, elle était clairement en augmentation dans l’agglomération parisienne et dans les autres unités urbaines de plus de 200 000 habitants.

Au total donc, la pauvreté a surtout changé plus qu’elle n’a augmenté ou diminué. Si l’on doit lui donner un visage, éloigné des chiffres froids, autrefois, le pauvre était âgé, issu d’une famille nombreuse, et habitait dans une zone rurale. Aujourd’hui, il est jeune – on devrait dire elle est jeune -, vient d’une famille monoparentale, demeure en zone urbaine et ne parvient pas à s’insérer sur le marché du travail. Autrefois – disons pendant les 30 Glorieuses – la pauvreté concernait des personnes âgées qui avaient peu de chances d’en sortir et des actifs qui avaient des probabilités élevées d’en sortir. Aujourd’hui, la pauvreté concerne des jeunes et des femmes qui vont et viennent entre des périodes au-dessus et en-dessous du seuil de la pauvreté. D’où la pertinence de ne plus seulement raisonner en termes de pauvreté, mais aussi de précarité et de vulnérabilité, insistant davantage sur les risques que sur les situations.

Atlantico : Pour quelles raisons, selon vous, les décideurs publics appréhendent-ils le phénomène de la pauvreté uniquement d'un point de vue statistique et non pas démographique ? Quelles répercussions cela a-t-il sur l'état et l'efficacité des outils mis en place jusqu'à présent en vue de réduire la pauvreté en France ?

J D : Les pouvoirs publics raisonnent de façon statistique ET démographique mais surtout de manière émotionnelle. Il s'agit de frapper l'opinion (quand on est dans l'opposition politique) ou bien de donner des gages aux associations (lorsque l'on est au pouvoir). La pauvreté est vue dans une optique très compassionnelle. Chaque année est annoncée son augmentation, voire son explosion. Si la statistique moyenne ne permet pas l'indignation, alors il s'agit de mettre tout de même en avant des situations particulièrement difficiles. Il faut revenir à la raison avec des mesures peut-être froides, mais solides, qui permettent d'éclairer et suivre l'action publique.

En savoir plus : http://www.atlantico.fr/decryptage/pauvres-sont-mieux-places-pour-savoir-quoi-faire-argent-qui-est-donne-et-cette-etude-prouve-allo-etat-providence-m-entendez-2904778.html#ikzpFjyhZHPT4i0Z.99

Les pauvres savent quoi faire de l'argent qui leur est donné.

Julien Damon est professeur associé à Sciences Po, enseignant à HEC et chroniqueur au Échos.

Fondateur de la société de conseil Eclairs, il a publié, récemment, Les familles recomposées (PUF, 2012), Intérêt Général : que peut l’entreprise ? (Les Belles Lettres), Les classes moyennes (PUF, 2013)

Il a aussi publié en 2010 Eliminer la pauvreté (PUF).

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 10:02

Dans sa dernière newsletter de tendances, l’agence NellyRodi, très influente dans le domaine de la mode, fait une analyse très intéressante de la présence de plus en plus récurrente des seniors et des personnes âgées dans l’univers de la mode et du luxe.

Cela fait déjà quelques années que la présence de plus en plus importante des seniors et des personnes âgées dans l’univers de la mode et du luxe(cf. plusieurs articles sur Senioractu.com) 

Une manière pour les marques de montrer à cette clientèle souvent dotée d’un fort pouvoir d’achat qu’elles ne les oublient pas et que leurs produits ne sont pas réservés aux jeunes… qui de toute façon n’ont pas forcément les moyens de se les offrir !

Récemment l’agence française NellyRodi, très influente dans l’univers de la mode et faiseuse de tendance, a mis en avant la présence de plus en plus récurrente des personnes âgées dans les campagnes de communication des grandes marques de vêtements et/ou de luxe.

  • Véritables sources d’inspiration pour les marques de luxe – Céline, Prada, Marc Jacobs ou L’Oréal – certaines personnalités à l’image de Joan Didion, de Carmen Dell’Orefice ou plus récemment de l’américaine arty Iris Apfel se muent en icônes de style » indique l’agence NellyRodi.

Et de rappeler une donnée fondamentale qui explique en grande partie cette nouvelle manière de communiquer de la part des grandes marques : « en matière de pouvoir d’achat, 65% revendiquent adorer les produits de luxe et 62% ont voyagé au cours des douze derniers mois : une véritable opportunité pour les marques de luxe désireuses d’entrer en conversation avec ces futurs clients on ne peut plus captifs ».

Cette génération silver, active sur les blogs comme sur les réseaux sociaux, adopte désormais les codes des plus jeunes générations. Figure du phénomène, Helen Ruth Elam Van Winkle (aka Baddie Winkle) est une star d’Internet et d’Instagram. Cette américaine âgée de 88 ans (l’une des plus âgée du réseau social) compte 2,5 millions d’abonnés et multiplie les campagnes et les collaborations avec de grandes marques.

Et l’agence NellyRodi de conclure : « si la génération Silver ne cesse de conquérir le cœur des marques depuis près de dix ans, c’est un tout autre phénomène que l’on observe désormais. Au-delà, de l’aspect économique évident, les Silver sont aujourd’hui une source d’inspiration pour les marques, notamment premium et luxe, mais aussi pour les jeunes générations séduit par ces aînés qui ont su, à leur époque, remettre en question les codes de la société ».

Et de poursuivre : « il n’est plus question de choc des générations, mais véritablement de communication intergénérationnelle où les ainés, décomplexés et plus que jamais désireux de s’exprimer et de consommer différemment, se réinventent auprès des plus jeunes, allant jusqu’à reprendre leurs codes sociaux, leurs attitudes et leurs marques. Aujourd’hui, seul leur âge et le pouvoir d’achat opposeraient finalement les Millennials à leurs aînés. Le Silver n’a jamais été aussi sexy ! »

http://www.senioractu.com/Quand-les-seniors-deviennent-tendance_a19562.html

Quand les seniors deviennent tendance
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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 23:59

Jésus était un migrant, né d’une gestation pour autrui, qui a du fuir avec toute sa famille les massacres ordonnés par Hérode …

L’information a été publiée par un centre de recherche après de longs travaux menés par des Historiens universitaires. Si l’histoire se déchire autour de la biographie de Jésus, nombreux sont ceux qui s’accordent sur sa naissance à Bethléem, Marie et Joseph souhaitant faire naître l’enfant sur les terres du roi David, dont Joseph est le descendant. Jésus est ensuite élevé à Nazareth, en Galilée.

Mais suite au génocide infantile d’Hérode, les parents de Jésus ont fuit la Galilée pour se réfugier en Égypte. Jésus est élevé alors par Joseph qui l’initie au métier de charpentier, avant de s’installer en Judée. Jésus tiendra ensuite le rôle de chef de famille à la mort de Joseph.

C’est lors de ses trente ans que son grand ministère commencera. Et Jésus sera amené à se rendre en Phénicie ( Liban ), ainsi qu’à la Trachonitide ( Syrie ). Jésus ne sera guère toléré en Judée, considéré comme un étranger, l’accent Galiléen lui vaudra une franche hostilité. Jésus rejoint alors Jean-Baptiste, avec qui il ère dans le désert Judéen, avant de s’entourer de ses apôtres. Il pratiquera alors ses guérisons, exorcismes, prodiges et sauvetages. Jésus annoncera alors son message du Royaume de Dieu, avant de se faire arrêter à Jérusalem puis crucifier.

Jésus était donc un Galiléen devenu Migrant en Judée.

Sans oublier que Jésus est né d’une gestation GPA * pour autrui puisque Marie a porté l’enfant de Dieu aux côtés de son mari Joseph.

Toute ressemblance avec des faits récents est totalement fortuite…

*Ou peut être d'une PMA (procréation miraculeusement assistée)

info venant de nordpresse

info venant de nordpresse

La traditionnelle crèche de la Nativité, place Saint-Pierre à Rome a été inaugurée le vendredi 9 décembre 2016…

Cette année, l'évocation de la naissance du Sauveur a été réalisée par un artiste maltais, Manwel Grech, de Gozo, qui a désiré y a inclu une référence aux migrants qui débarquent à Malte et sur les côtes italiennes.

Large de 17 mètres, profonde de 12 et haute de 8 mètres, la crèche s’insère dans« un paysage maltais, complété par la croix de Malte et le« lazzu » la typique embarcation maltaise qui nous rappelle, a dit le pape François, la triste et tragique réalité des migrants sur les bateaux dirigés vers l’Italie. Dans l’expérience douloureuse de ces frères et sœurs, nous revoyons celle de l’Enfant-Jésus, qui au moment de la naissance ne trouva pas de logement et vint à la lumière dans la grotte de Bethléem ; et ensuite il fut emmené en Égypte pour fuir la menace d’Hérode. Ceux qui verront cette crèche seront invités à redécouvrir la valeur symbolique, qui est un message de fraternité, de partage, d’accueil et de solidarité. Les crèches (…) sont une invitation à faire de la place dans nos vies et dans la société à Dieu, caché dans le visage de tant de personnes qui sont dans des conditions de difficultés, de pauvreté et de tribulations.»…

…La crèche est symbole de fraternité dans la mesure où elle nous rappelle que nous sommes tous frères …

 Jésus était un migrant, Joyeux Noël à tous…
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:43

Chaque année ce phénomène prend de l’ampleur. Selon les dernières statistiques de la police nationale nippone, l’année dernière, 48.000 délits ont été commis par des personnes âgées de plus de 65 ans et de nos jours au Japon, une arrestation sur cinq concerne les seniors. Bref, dans « le plus vieux pays du monde », le « crime gris » ne cesse de gagner du terrain.

Comme tous les ans, la police japonaise dévoile son rapport relatif à la délinquance… Et comme tous les ans depuis pratiquement vingt ans, le crime gris ou crime commis par des seniors, augmente à chaque nouvelle édition. Ainsi de nos jours au Pays du soleil levant, 20% des crimes et délits sont commis par les cheveux gris.  

Selon les statistiques officielles, en une décennie, le nombre de seniors (en l’occurrence de plus de 65 ans) arrêtés pour infraction pénale a doublé au Japon ! Désormais, chaque année, quelques 48.000 infractions sont commises par cette population âgée. Certes, il s’agit la plupart du temps de petits larcins, de vols dans les magasins ou de chapardage, mais tout de même, le phénomène prend de l’ampleur.  

Selon le chercheur japonais Yuki Shinko, auteur de l’ouvrage Old People Underworld, qui connait très bien le sujet, « l'image que l'on se fait des personnes âgées, c'est qu'elles se vieillissent et se s’affaiblissent lentement, mais en réalité, j'ai l'impression que c'est exactement le contraire de nos jours. A l’heure actuelle, elles ont beaucoup d'énergie, mais il n'y a pas de place pour elles dans la société ».

Comme l’indiquait l’année dernière, le porte-parole de la police de Tokyo, « notre enquête montre que les voleurs seniors sont en général des personnes seules, qui n'ont personne à qui parler et n'ont aucune passion, ni hobby ». De fait, la plupart des larcins concernent des produits de première nécessité : nourriture ou vêtements. Rien de luxueux. Selon les forces de l’ordre, les retraités chapardent d’une part pour des raisons financières –nombreux sont les seniors touchés par la paupérisation- mais également parce qu’ils se sentent isolés compte tenu de leur âge. En effet, la société japonaise a évolué au cours des dernières années : les familles sont « éclatées » dans le pays et les aînés se retrouvent seuls…  

La situation est telle au Japon de nos jours, que les quelques soixante-dix prisons doivent désormais s'adapter aux nouveaux besoins de ces détenus âgés. Certaines sont maintenant équipées de rampes pour les fauteuils roulants, de poignées dans les salles de bains et disposent d’infirmières spécialement formées qui aident les prisonniers à prendre leurs repas. Soulignons que certains ainés considèrent même que faire un petit séjour en prison permet d’être nourri et d’avoir accès à des examens de santé gratuits…  

Toutefois rassurez-vous, Le Japon est un pays très sûr. Très peu d’agressions ou de vols à la tire. On se ballade sans crainte à toute heure du jour et de la nuit. Un vrai bonheur de visiter ce pays, probablement, l’un des plus fascinant au monde.

Publié dans Senioractu du 2 décembre 2016

http://www.senioractu.com/Japon-le-crime-gris-gagne-du-terrain_a19552.html

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 09:43

Bertrand Schwartz nous a quitté cet été, il avait élaboré un projet sur les personnes âgées…

Or Gris vous l'avait signalé en juillet : http://www.or-gris.org/2016/08/bertrand-schwartz-est-parti-un-grand-monsieur-nous-a-quitte.html

Le 28 septembre un bel hommage lui a été à l'initiative de l'Institut à Bertrand Schwartz (1) et l'UNMLR(2), qui a réuni plus de 300 personnes. Cet événement peut être consulté avec les premières photos, l'entretien entre les jeunes, Bertrand Schwartz et Gérard Sarazin et le dossier des participants reprenant la biographie de tous les intervenants. C'était aussi les textes d’hommages, de témoignages, de réflexions et d’actions mises en place qui ont été inspirées de la démarche de Bertrand Schwartz.

Et voilà que Gérard Sarrazin a remis la main sur une note de travail de Bertrand Schwartz, rédigée suite à une discussion dans le train, au retour d’une visite sur le terrain entre 1984 et 1986. Une note à remettre dans son contexte, rédigée il y a une vingtaine d'années,  mais qui donne déjà des éléments de constat pertinents et lance l'idée d'un projet dont on pourrait s'inspirer pour les principes…Il en parle dans l'interview avec Gérard Sarazin projeté lors de l'hommage.

 

(1) Institut Bertrand Schwartz : http://www.institutbertrandschwartz.org/

(2) Union Nationale des Missions Locales : http://www.unml.info/

Un retour complet sur les temps forts du 28 septembre est en ligne sur les site de l'UNMLR. :  http://www.unml.info/actualites/actualites-partenaires/20162/retour-en-bref-sur-lhommage-a-bertrand-schwartz.html

UN PROJET POUR LES PERSONNES AGEES (Bertrand Schwartz 1984/86)

Elles font souvent –toujours- partie des exclus qui ont eu une place et qui n'en ont plus et le vivent très souvent très mal.

Beaucoup d'entre elles perdent la vie parce qu'elles perdent l'envie de vivre, envie qu'elles perdent souvent d'autant plus vite qu'elles se sentent inutiles.

Reprenant pour elles les différents aspects de l'exclusion, elles les vivent toutes :

  • incompréhension de ce qu'on leur impose,
  • difficultés, incapacité à s'y retrouver dans les dédales des règles administratives et souvent même à remplir les documents qu'on leur demande, pour obtenir ceci ou cela,
  • difficultés de savoir à qui s'adresser et ce, d'autant plus que leurs problèmes sont le plus souvent globaux. Par quel aspect commencer ?
  • sentiment que tout se joue en dehors d'elles et ce, d'autant plus, qu'on fait à leur place.

Certes, il existe des institutions, des commissions, des offices, organisés par les collectivités  pour tenter de résoudre ces problèmes et ils marchent souvent bien, aussi bien au plan de l'accueil que de la concertation. Mais je ne crois pas me tromper en disant que les accueillants et les acteurs de la concertation en vue de résoudre les problèmes, restent plus ou moins municipaux, sociaux (logement, aide sociale, santé).

Or, il y en a d'autres qui pourraient être fort utiles. La logique est celle de l'aide, non du désisolement et encore moins de la remise dans la dynamique de l'environnement. Et c'est là qu'on retrouve les principes politiques de l'insertion.

Connaître chaque personne, mettre un nom sur chaque visage. La place qu'a occupée la personne âgée, son passé, la manière dont elle a perdu cette place, la façon dont elle le ressent, jouent un rôle considérable dans son maintien en insertion.

C'est donc un "travail" à faire avec elle, qui va bien au-delà d'un simple accueil. Certes, il faut un guichet unique, des accueillants mobiles. Mais la nature de l'accueil et du suivi sont essentiels à la réussite de l'insertion.

D'où la nécessité d'une démarche locale, à l'image des missions locales pour jeunes dont le fondement, parce que les objectifs étaient les mêmes, aux mots près.

Et se pose ensuite le problème du désisolement et de la mise en situation d'être utile.

Si l'insertion des jeunes pour faire leur place passe par le besoin d'apprendre des savoirs et savoir faire, ne doit-on pas dire que l'insertion des personnes âgées passe, pour garder leur place, par le besoin de transmettre leurs savoirs, savoir faire et expériences et ce, à tous les niveaux. (rappelons-nous la fameuse déclaration de l'ouvrier de Longwy).

Tels seraient les rôles, liés entre eux, de ces missions locales ;

. aider les personnes âgées à comprendre, à se situer,

. les désisoler, c'est le fond même de l'insertion,

. leur proposer des activités utiles, de participer à l'avenir des autres pour leur 
  rendre goût à la vie et mieux assumer leur propre avenir.

L'avenir des autres ?

Des jeunes d'abord. Partout où il y a, où il y aurait des missions locales jeunes, la liaison entre les deux serait capitale. Sur le plan éducatif et culturel et je mets dans "éducatif", tout l'aspect professionnel.

Les personnes âgées venant dans des bibliothèques, y compris bien sur celles des écoles et lycées, y trouveraient des lectures mais pourraient aider énormément les jeunes à trouver les leurs.

Les anciens professionnels, des artisans ou d'anciens ouvriers, pourraient participer à la formation de jeunes –et d'ailleurs d'autres personnes âgées- à développer leurs capacités nouvelles et techniques ; leurs capacités de bricolage au sens positif du terme.

Un développement culturel pour tous fait appel à tous, y compris aux personnes âgées. Le développement local ne peut se passer de préretraités et retraités. Et les exemples sont multiples de cas où tout ce qui est la vie a besoin des personnes âgées et leur redonnera vie.

Alors, comment faire ?

Là où il y a des offices, les transformer :

et dans leur logique, et dans leur organisation, en y incluant à la fois dans l'équipe permanente et dans le conseil d'administration, des personnes extérieures (des professionnels, des éducateurs, des professeurs ou formateur de Greta, des agents des associations culturelles, des artisans, des jeunes, des responsables des CCI et Chambres des Métiers, des FJT, des responsables de l'habitat et pas seulement du logement…)
 

Et comment et par qui faire payer ?

Les offices vivent. Les travailleurs sociaux sont nombreux, en prélever quelques uns de plus pour développer ces offices dans les logiques précédentes est chose possible.

Un mince budget de fonctionnement de 100 à 200 000F par mission locale, serait un maximum.

La participation de l'Etat, même si elle est faible, me paraît indispensable, car il faut un label correspondant à des garanties, en particulier pour établir certaines règles –comme par exemple d'éviter de développer le travail au noir- exiger des évaluations et diffuser les résultats.

Cela dit, c'est un problème social et politique considérable ;

Social  : le nombre de personnes âgées augmente régulièrement, leur sort devient de plus en plus pénible.

Politique : . montrer qu'on ne s'occupe pas seulement des retraites et des aides.

                . éviter d'augmenter le nombre des exclus

Bertrand Schwartz, au delà des missions locales, un projet pour les personnes âgées
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