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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 08:26

La cohabitation intergénérationnelle ou habitat kangourou

La cohabitation intergénérationnelle est de plus en plus connue en France. Elle intéresse les médias, les pouvoirs publics, les jeunes et les seniors. Mais que se cache derrière ce terme exactement ? D’où nous vient cette façon originale de se loger ? Enfin, quels en sont ses avantages pour les uns et les autres ?

La cohabitation intergénérationnelle : qu’est-ce que c’est ?

La cohabitation intergénérationnelle est un des modes d’habitat qui réunit dans un même espace de vie plusieurs générations, et qui se développe en Europe depuis plusieurs années.

Il correspond à l’hébergement des jeunes, souvent étudiants mais aussi actifs, par des seniors, dans leur propre logement. Les loyers sont modérés voire nuls, et il est souvent convenu que les jeunes qui sont logés rendent des petits services et s’engagent à un certaine présence, en contrepartie d’une chambre privative et d’un accès aux parties communes.

Ce type de logement est un dérivé de l’habitat kangourou. Ce dernier évoque plus généralement les situations où une personne âgée héberge chez elle des personnes d’autres générations, comme des jeunes mais aussi des familles ou des couples. L’appellation originale se réfère à la poche du kangourou dans lequel le petit est à l’abri et en sécurité.

Dans une cohabitation intergénérationnelle, la notion d’échange de petits services et d’entraide fait toute la différence avec une colocation standard ou une chambre chez l’habitant. Ici, chacun a un besoin et a quelque chose à offrir qui dépasse la simple transaction entre un logement et une rémunération financière.

D’où vient ce concept ?

L’habitat kangourou, qui se réfère à l’hébergement par un senior d’une famille, d’un couple ou d’un jeune, est déjà bien implanté au Québec, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, et commence à se développer en Belgique et en France.

Quant à la cohabitation intergénérationnelle, avec un jeune plus spécifiquement, elle s’est développée d’abord en Espagne dans les années 90, où les jeunes jusqu’à l’âge de 35 ans ont des grandes difficultés pour se loger.

En France, le concept a été mis sur le devant de la scène à partir de 2003, l’année où la canicule estivale a causé de nombreux décès chez les personnes âgées isolées. Dès lors, des associations se sont créées autour du logement intergénérationnel, d’abord en Île-de-France puis en province, et les médias ont fait écho aux expériences réussies de ce type de logement de façon régulière, sous forme de reportage ou d’article de journal.

Les solidarités entre personnes avaient déjà commencé à se développer à la fin des années 70, avec la crise économique et l’affaiblissement de l’Etat-Providence. Cependant, il y a eu peu d’initiatives intergénérationnelles avant il y a une dizaine d’années, car notre société est marquée par un cloisonnement des âges autour du travail : avant, pendant, après.

Quels sont les bénéfices pour le logeur et pour le logé ?

Ce type d’habitat a de nombreux avantages, qui peuvent être classés en fonction des bénéficiaires : les seniors, les jeunes ou l’ensemble de la société.

Pour les seniors

Les bénéfices recherchés de ce type de cohabitation ne sont pas les mêmes, suivant que l’on s’adresse à des jeunes retraités actifs ou des personnes plus âgées ou qui peuvent se retrouver en perte d’autonomie. Il s’agit de :

  • recevoir des petits services comme une assistance en informatique, de l’aide pour faire les courses ou pour tondre la pelouse, mais cela dépend évidemment des besoins exprimés par le logeur et du profil du jeune logé. Il ne s’agit pas non plus d’une assistance médico-sociale, domaine exclusivement réservée au personnel qualifié pour cela ;
  • avoir une présence rassurante et sécurisante ;
  • bénéficier d’une compagnie qui permet de maintenir un lien social, et qui plus est avec la jeunesse ;
  • pouvoir rester chez soi le plus longtemps possible, car il faut savoir que 90% des français souhaitent demeurer à leur domicile plutôt qu’aller en maison de retraite, d’après l’Observatoire National de l’Intérêt Général ;
  • obtenir un revenu complémentaire, qui varie en fonction du lieu (proche des facs, des transports en commun, des commerces…), du logement et de ses équipements et des services rendus par le logé ;
  • rendre service à un jeune qui a du mal à trouver un logement (marché saturé, exigences de garanties des propriétaires…), qui n’a pas beaucoup de moyens financiers, ou qui a besoin d’être intégré dans son nouveau milieu (jeune étudiant loin du domicile parental ou étudiant étranger par exemple)

Cependant, cela ne convient pas à tous, puisque ne peuvent être concernés que les personnes qui vivent encore chez elles, avec un espace privatif à louer, et qui ont l’envie de croiser au quotidien quelqu’un sous leur toit.

Pour les jeunes

  • Des économies significatives sur le logement, qui peuvent aller de 30% à 100% (en cas d’hébergement gratuit contre services), donc un avantage financier non-négligeable ;
  • une solution alternative aux résidences étudiantes surdemandées, aux colocations étudiantes parfois trop bruyantes et aux studios du parc privatif qui sont souvent hors-budget ;
  • une présence et un point d’ancrage rassurant dans une nouvelle ville, ainsi que le sentiment d’être dans la famille ;
  • une expérience de vie sociale originale ! Qui n’a jamais eu des conversations passionnantes avec une personne âgée sur une anecdote historique, ou n’a pas vécu une situation comique où votre interlocuteur et vous-même avez ri suite à un malentendu ?

pourquoi pas une preuve de motivation, si le jeune a l’intention de poursuivre une carrière dans le social.

Pour la société en général

Il y a des avantages moins ciblés qui sont induits par la cohabitation intergénérationnelle, à savoir :

  • aller dans le sens de l’économie collaborative, en utilisant les logements sous-peuplés et occupés par les seniors. En effet, les habitats sous-peuplés en France concernent 76% des retraités, d’après l’INSEE ;
  • entretenir la solidarité entre les âges ;
  • favoriser la mixité sociale car, bien souvent, des jeunes et seniors issus de milieux sociaux différents cohabitent ;
  • répondre au coût social engendré par la perte d’autonomie et le placement en établissement. Il a été estimé à 700 000 € l’économie réalisée, rien qu’en 2013, grâce aux associations actives dans le logement intergénérationnel.

Aujourd’hui, même si la cohabitation intergénérationnelle reste un phénomène peu développé en France, il suit une tendance croissante, accentuée notamment par la hausse de la population âgée (plus d’un tiers des français auront plus de 60 ans en 2060).

information trouvée sur le site : https://www.mamyroom.fr

C'est une présentation intéressante, et Or Gris leur a envoyé un mail  le 21 mars : Nous sommes l'association « Or Gris, seniors acteurs des territoires dans une société pour tous les âges »…Dans notre blog, (or-gris.over-blog.fr) la rubrique « Habitat »est une des mieux renseignée et des plus consultée.

Cependant, nous pointons particulièrement les territoires ruraux, dont les périphéries urbaines, ou la question de la cohabitation inter-générationnelle se pose de manière spécifique. Dans le Nord, des agriculteurs l’ont fait autours de Villeneuve d’Asq. Il peut s’agir aussi d’étudiants stagiaires ou de formation continue pour les entreprise agricoles en milieu rural. Avez vous des exemples hors grande ville ? Nous pourrions nous articuler, nous envisageons une rencontre nationale sur le sujet (en milieu rural).

Mais le problème principal n’est peut être pas de convaincre les étudiants, mais de convaincre et recruter les retraités !!

Bien à vous

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 09:39

Voici une intéressante initiative ! En effet, le collectif senior « Grands-parents pour le climat » a décidé de se constituer afin de lutter contre le réchauffement climatique et d’offrir une planète meilleure à leur petits-enfants. Et il y a du travail…

On ne va pas se voiler la face… L’état actuelle de notre planète est principalement dû aux actions de l’homme. Et au cours des cinquante ou soixante dernières années, l’être humain a probablement plus abîmé cette Terre -sans laquelle nous ne sommes rien, rappelons-le- que depuis qu’il l’habite !

Bref, certains seniors d’aujourd’hui, loin de se dire « après moi le déluge », ont bien conscience que la nature a été en grande partie détruite par leur génération, et notamment par celle des baby-boomers. Il ne s’agit pas d’accuser qui que ce soit, ni de jeter la pierre à cette catégorie de seniors, mais c’est un constat que portent eux-mêmes certains aînés…

C’est dans ce contexte qu’un peu partout sur la planète, on voit fleurir ces collectifs de seniors qui souhaitent faire bouger les choses afin de léguer à leurs petits-enfants et aux générations futures, une planète en meilleur état… Et il y a du travail, tant nous nous « ingénions » à lui faire mal d’années en années !

Grands-parents pour le climat est un mouvement né à l’origine en Suède en 2006. Il s’est ensuite répandu en Europe (Belgique, Suisse) et dans le reste du monde (Canada, USA). Il existe désormais, depuis quelques mois, une branche française.

A noter le lancement dans l’Hexagone de la campagne « Chez mon commerçant, j’emballe durable », qui s’inspire des bonnes idées de l’association Zero Waste. L’idée ? Nous informer sur les gâchis inacceptables de nourriture et s’efforcer de limiter nos achats ; favoriser les achats de denrées en vrac et en réutiliser nos emballages ; encourager nos commerçants à anticiper les inévitables évolutions économiques et à proposer de nouveaux modes d’échange générateurs de fidélisation de leur clientèle.

Rappelons que l’été dernier en Suisse, cent cinquante femmes âgées de l’association des Ainées pour la protection du climat ont décidé de porter plainte contre leur pays afin que le gouvernement suisse soit plus ferme dans sa lutte contre le changement climatique.

Publié le 17 février 2017 par Seniorsactus.

http://www.senioractu.com/Grands-Parents-pour-le-climat_a19734.html

 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 10:00

Marc Cases vient de créer sa startup, Tootem, et s’apprête à lancer un système de micro ferme urbaine low tech à monter soi-même. Pourtant, Marc Cases n’a pas le profil attendu du startuper, disons plutôt qu’il n’a pas l’âge attendu…

Incubé au sein de Sense Cube, un tiers-lieu qui accompagne les entrepreneurs sociaux, Marc Cases, du haut de ses 55 ans, se retrouve immergé dans l’univers de ceux que l’on appelle les Digital Natives, en d’autres termes, ceux qui n’ont jamais connu un monde sans Internet… Rencontre avec ce startuper hors norme.

Usbek & Rica : Passer du monde industriel à celui des startup, c’est quand même un sacré changement, comment vous êtes-vous adapté ?

Marc Cases : Avant de lancer Tootem, je m’étais beaucoup rapproché du milieu Open Source et Do It Yourself (faire soi-même). Je me suis familiarisé avec les concepts de biens communs, de partage, de co-construction, etc. J’ai rencontré des communautés comme celle de Oui Share, qui réunit beaucoup d’acteurs de l’économie collaborative. Cela s’est fait par étapes, sinon je n’aurais pas réussi à entrer, comme ça, dans ce bain de culture numérique.

U. R. : Comment avez-vous vécu le choc de génération ?

M. C. : Lors des discussions pour rejoindre l’incubateur Sense Cube, la question de l’âge s’est effectivement posée. Est-ce que j’allais pouvoir m’intégrer dans une équipe qui a l’âge de mes enfants ? J’étais un peu inquiet au début, mais dès que j’ai commencé à installer une micro-ferme dans les locaux, la différence d’âge est passée au second plan. Je me suis rendu compte que les problématiques liées à l’alimentation préoccupaient énormément cette génération. Ainsi les autres startupers de l’incubateur participent à l’entretien de la micro-ferme, ils me posent beaucoup de questions sur les cultures, échangent avec moi des informations sur le sujet, il y a une effervescence et une curiosité qui m’ont agréablement surpris.

U. R. : Que vous apportez-vous mutuellement ?

M. C. : Toutes les personnes incubées chez Sense Cube travaillent autour de l’impact sur l’humain et l’environnement dans des domaines aussi variés que l’entraide des personnes âgées, la solidarité sociale, le recyclage des déchets, etc. C’est un brassage permanent d’idées et de questionnements. Et puis, nous avons souvent des problématiques similaires, parfois les mêmes clients : le partage d’expérience est alors bienvenu.

Concernant la différence de génération, les jeunes d’aujourd’hui sont moins formatés, moins entravés que je peux l’être avec l’âge et l’expérience ; ils ont, notamment, une facilité de mise en œuvre incroyable. De mon côté, lorsque l’on relance une activité à 50 ans passés, il y a une volonté forte de faire le bon choix, de s’investir à la fois dans quelque chose qui a du sens et qui est économiquement viable. Lorsque j’ai dû fermer mon entreprise de construction modulaire, j’ai connu une période de précarité que je ne voudrais pas revivre. La précarité, les nouvelles générations la connaissent par cœur ! Cette expérience commune permet aussi de se rapprocher, de mieux se comprendre.

U. R. : Concrètement, comment peut-on devenir micro-fermier ? Et que peut-on cultiver avec Tootem ?

M. C. : En hydroponie, on peut faire pousser à peu près tout ce qu’on veut, mais il serait plus pertinent de se concentrer sur des aromates, des légumes et des fruits difficiles à transporter ou qui se consomment très frais, comme les fraises ou la salade, et réserver les pommes de terre, les carottes, les navets, etc. à une culture en terre. Une ferme urbaine verticale peut s’installer en mode réduit sur le balcon d’un particulier, ou de façon plus conséquente dans une cour d’immeuble partagée entre voisins, ou encore être intégrée de façon plus industrielle à des projets de construction (toits, murs végétaux). Par exemple, la mairie de Paris, au travers de son projet Parisculteurs, s’est donné pour objectif de végétaliser 100 hectares de bâti d’ici 2020, dont un tiers consacré à l’agriculture urbaine. Si les fermes urbaines se développent, nous aurons ainsi un vivier d’emplois futurs très important. En effet, on estime qu’il y aurait besoin d’un agriculteur pour 50 à 100 m2 de culture verticale…

Publié par Génération Care en février 2017

http://generationcare.fr/un-quinqua-chez-les-startupers/

Contact :

Marc Cases ; 06 17 04 07 47 ; marc@tootem.eu : www.tootem.eu

Un quinqua chez les startupers…
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Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Inter Génération Travail - entreprenariat Société
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:40

Ici, les anciens se marrent comme des gosses et les enfants parlent comme des grands ! Le résultat d'une initiative aussi originale qu'exemplaire.

En France, comme dans la plupart des pays occidentaux, le cloisonnement des générations est un immense gâchis. Il enferme les anciens dans une solitude douloureuse et prive les enfants d’une expérience précieuse. En ce sens, l’initiative de Bioule est 100% exemplaire. Dans ce village du Tarn-et-Garonne, la cantine municipale accueille les écoliers… mais aussi les personnes âgées ! Résultat : de très jolies scènes de vie comme notre société en a bien besoin.

France 5 a récemment consacré un beau reportage à ce savoureux mélange intergénérationnel. C’est plein de tendresse, de partage et de bon sens. Regardez, voici typiquement le genre d’idées qui gagneraient à être généralisées !

Laure Martin, directrice adjointe de l’accueil de loisirs associé à l’école :

« Ça les fait grandir et ça leur offre une ouverture d’esprit plus large. Il y a des enfants qui n’ont plus de grands-parents et qui ne peuvent plus avoir cet échange. »

Yacine, élève de CM2 :

« Ils nous font rire. On ne peut jamais s’ennuyer avec eux. »

Jean Dujoles, retraité :

« C’est très intéressant et ça nous fait revivre un petit peu notre jeunesse. »

Le « vivre ensemble », c’est aussi ça. Encourager le mélange, le partage, la curiosité et l’accueil… Une idée relativement simple et, pourtant, remarquable ! Pourvu qu’elle continue d’inspirer les autres communes de France.

Voir la video : https://www.youtube.com/watch?v=svoyzaYPx1E

Par Axel Leclercq dans Positivr. le13 février 2017

http://positivr.fr/cantine-enfant-personne-agee-bioule/

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:24

Les éditions Calmann-Levy publient ce jour le nouvel essai de Serge Guérin et Pierre-Henri Tavoillot qui posent la question suivante : La guerre des générations aura-t-elle lieu ? Un livre de 250 pages (17 euros) qui montre que les générations ne sont pas opposées et que les coopérations existent et qui propose par ailleurs des pistes concrètes pour faire vivre l’intergénération.

Dans une France en profonde mutation, dans une société de l’individu, la question des liens entre les générations est centrale. Le discours ambiant est largement marqué par la conviction que les générations s’opposent en termes économiques et de revenus, et qu’elles s’éloignent, en particulier sous l’effet des nouvelles technologies. Enfin, l’émergence de la Génération Y, et bientôt de la Z, serait la manifestation que les générations seniors sortent de l’histoire alors que les plus jeunes inventent un autre monde.

Dans cet ouvrage, les deux auteurs vont à rebours du discours pessimiste et facile marqué par le sempiternel « c’était mieux avant ». Pour le sociologue et le philosophe, il ne s’agit en rien de nier la violence de notre époque, ni de détourner le regard sur une société qui s’interroge, mais de montrer que, contrairement au discours ambiant qui voit l’opposition là où elle n’est pas, la question des générations reste une problématique positive dans le corps social.

Pour ce faire, les auteurs se sont appuyés sur quatre enquêtes et études récentes, dont deux qu’ils ont initiés, sur leur réflexion menée depuis de nombreuses années et sur leur connaissance et pratique de nombreuses expériences. Ils montrent -de manière très convaincante- que l’intergénération a ceci d’intéressant qu’elle existe au-delà de toutes nos différences de conviction, religieuse et plus largement, idéologique.

Elle est d’ailleurs souvent très forte au sein des communautés traditionnelles, et bien sûr, avant toute chose au cœur de la famille. C’est ce vécu de chacun, au sein de sa propre famille, qui donne son caractère universel et si facilement compréhensible à cette notion d’intergénération. Au sein d’une famille, les parents transmettent leurs histoires, leurs valeurs, leurs codes de conduite à leurs enfants, et ils s’enrichissent de ce que leurs enfants leur apportent, du moins quand tout se passe bien.

« La réciprocité, l’entraide et la transmission des savoirs et savoir être, semblent devoir trouver leur place naturelle entre les générations qui composent une famille, et j’y inclue bien sûr les grands-parents ou même les arrière-grands-parents au niveau de la mémoire commune » souligne Serge Guérin avec sa verve habituelle.

Et de poursuivre : « le concept d’intergénération étend ce lien indiscutable à l’ensemble de la société, par l’école évidemment où tout passe par cette transmission entre générations, mais aussi par tous les mécanismes d’entraide et d’accompagnement social, par les petits services que chacun se rend entre voisins, et plus largement par ce sentiment d’une histoire commune à transmettre et à enrichir par les échanges entre les citoyens de tous âges et de toutes conditions ».

D’autre part, cet essai propose aussi des pistes concrètes pour faire vivre l’intergénération et contribuer à faire bouger le pays : service civique senior ; interdiction du cumul mandat dans le temps ; droit au répit professionnel ; allocation universelle et réciprocité ; Erasmus de l’apprentissage ; valorisation des métiers service à la personne ; ministère des Âges de la vie et de l’intergénération ; expérience de bénévolat intergénérationnel obligatoire et noté ; création d’un indicateur de qualité intergénérationnelle , défiscalisation des investissements des retraités dans la création d’entreprise intergénérationelle et le fait de penser le temps de travail sur toute la vie.

http://www.senioractu.com/La-guerre-des-generations-aura-t-elle-lieu-de-Serge-Guerin-et-Pierre-Henri-Tavoillot_a19638.html

 

La guerre des générations aura-t-elle lieu ? un ouvrage de de Serge Guérin et Pierre-Henri Tavoillot
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Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Inter Génération Vieillissement - transition démographique
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 09:22

Dans une période où les liens sociaux se distendent, où l’on parle de perte de repères, de repli sur soi, de jeunes startupeurs développent des idées pour mieux vivre ensemble. Voici quelques portraits de cette génération audacieuse qui fait renaître le savoir faire des anciens.

L’audace d’entreprendre

Selon l’APCE, en 2015, 45 % des jeunes âgés de 18 à 34 ans souhaitent créer ou reprendre une entreprise et 25 % des créateurs d’entreprise sont âgés de moins de 30 ans. En 10 ans, le nombre de créations par les jeunes a quasiment triplé. Il est évident que l’envie d’entreprendre se développe au sein des plus jeunes et qu’ils osent ensuite créer leur start up. Certains, peut-être un peu plus téméraires, se lancent dans des projets d’entreprenariat social liés à des actions intergénérationnelles. Ainsi, ces jeunes âgés de moins de 30 ans s’attachent à leur manière à participer au changement de la société, à retisser du lien entre les générations, à s’appuyer sur le savoir faire et les compétences des anciens, si souvent délaissés. Valorisation du tricot par Gang de Grand-Mères, de la cuisine avec Mamie Régale, voire des compétences avec Seniors Expertises. De plus en plus d’entreprises se créent par la Génération Y afin de mettre en avant l’expertise des seniors et l’intergénération.

Des apports réciproques

Face au constat que peu d’espaces sont dédiés à des moments de rencontre avec les seniors, des jeunes décident de recréer des temps de partage. Bien souvent, ces entrepreneurs ont entretenu des liens forts avec leurs grands-parents et se rendent compte de l’importance des plus âgés dans leur vie. Pour Alexandre Dubail de Seniors Expertises, « ce sont des personnes qui se sont occupées de nous quand on était jeune ». Ces relations ont au fur et à mesure évolué et aujourd’hui, la transmission de savoirs se réalise dans les deux sens et non plus uniquement des anciens vers les jeunes. Kylia Claude de Mamie Régale souligne qu’ « on apprend des uns des autres, les mamies restent dans le coup, cela leur donne une activité et cela nous apporte beaucoup de choses humainement ». Hugo Camusso de Gang de Grand-Mères rapporte également qu’« on passe des moments ensemble, leur vie est plus fun, elles ont des choses à m’apprendre et je leur apprends des choses à mon niveau ».

Se rencontrer pour se connaître

Entreprendre auprès des seniors, ce n’est pas de prime abord si simple. En tant qu’entrepreneur disruptif, on peut s’imaginer une réalité et donc agir sans se confronter au public. Or, il est nécessaire de bien appréhender les seniors pour développer une action auprès d’eux ou avec eux. Kylia Claude de Mamie Régale le précise : « Tout ce qu’on avait modélisé, on n’a quasiment rien gardé. On n’avait aucune idée de la psychologie des seniors et en allant au contact du public, on a découvert tout un univers ». Quels sont alors les conseils à retenir ? Au regard de l’expérience des trois entrepreneurs, il serait nécessaire de proposer et de ne pas imposer, d’aller sur le terrain, d’être à l’écoute, patient, de discuter avec les seniors, de comprendre ce qu’ils attendent, voire même de les impliquer dans le processus de création entrepreneuriale. Au final, tout simplement, se rencontrer pour mieux se connaître.

 

Portraits de start up :

Gang de Grand-Mères : Hugo Camusso, 26 ans, a créé une ligne d’accessoires de mode, entièrement fabriqués et tricotés à la main par des Grand-Mères Françaises, âgées de 69 à 82 ans, alias « le Gang » ! En faisant un pied de nez aux craintes du tricot démodé, Gang de Grand-Mères met en avant le fun, la mode, la valeur du produit, le côté minimaliste et épuré du tricot et réhabilite les produis faits mains made in France: gangdegrandmeres.fr/fr/content/4-histoire-gang-de-grand-meres-made-in-france

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/le-gang-des-grand-meres-tricote-du-made-gard-1476818610

Senior Expertise : Alexandre Dubail, 25 ans, et Benoît de Mijolla ont développé une plateforme collaborative qui valorise l’expérience des seniors. Leur objectif est de créer un espace permettant de mettre en relation des personnes de plus de 50 ans, retraitées ou non, avec des personnes ou entreprises ayant besoin de leurs expertises. C’est un projet d’entraide et de partage intergénérationnel dépassant le simple réseau numérique. http://www.seniors-expertises.com

Mamie Régale : En 2015, Coline Dejean, 25 ans, et Kylia Claude, 24 ans, ont décidé de proposer un site de mise en relation entre particuliers dans le cadre de la livraison de repas pour le déjeuner. Il met en relation des retraités passionnés de cuisine, âgés de 61 à 90 ans, avec des salariés qui n’ont pas le temps de se faire à manger. Ce service est construit autour de valeurs fortes telles que la solidarité, la transmission ou encore le partage : http://www.mamie-regale.fr

Or Gris ajoute à la liste son projet préféré :

Les talents d'Alphonse : https://www.lestalentsdalphonse.comdont Or Gris a déjà parlé et avec qui nous travaillons http://www.or-gris.org/2016/03/les-talents-d-alphonse.html

publié dans WoMen 'up le 4 nov. 20016 :

http://network-womenup.com/audacieux-de-lintergeneration

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Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Inter Génération Volontariat - retraite active
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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 09:27

Les lauréats du prix innovation, lancé par la Fédération nationale des Marpa (maisons d’accueil et de résidence pour l’autonomie) et la CCMSA, ont reçu leurs trophées le 27 octobre dernier. But de l’opération : soutenir des actions innovantes qui favorisent le bien-être des résidents et le partage. Les gagnants ont reçu une aide allant de 10 000€ à 20 000€. Retour sur ces cinq projets aussi créatifs qu’ambitieux.

 

Sociabilisation, stimulation, accessibilité et plaisir  

voilà les maîtres mots qui unissent nos cinq innovateurs. Le 1er prix revient à la Marpa Les Tilleuls de Baigneux-les-Juifs, en Côte-d’Or, pour son projet « Musique, lien de mémoire, lien de vie ». L’équipe organisera des concerts classiques, une chorale et un atelier d’éveil à la musique. Le karaoké a rencontré un certain succès grâce à la borne musicale « mélo », sorte de jukebox adaptée aux personnes âgées. Des ateliers tango seront également animés par des professionnels pour stimuler la posture et l’équilibre. Comme le rappelle la responsable, Sophie Diaw, dans la Lettre des Marpa de septembre, « l’objectif, en travaillant sur le corps en mouvement et la stimulation par la musique, est d’étudier son impact sur l’autonomie et la motricité. Nous collaborons à un programme de recherche encadré par des neurologues et kinésithérapeutes, tout en ayant une action concrète auprès des résidents qui participent. » Le tout est accessible à chaque personne âgée du territoire ainsi qu’aux familles. « Cela permet un accès à la culture, une préservation cognitive et sociale, et surtout du plaisir autour de la musique ! », ajoute Sophie Diaw.

Ludiques, adaptés, intergénérationnels

S’amuser tout en stimulant le cerveau, c’est également l’idée des quatre Marpa occitanes d’Auriac-sur-Vendinelle, Aurignac, Saint-Plancard et Bourg-de-Bigorre, lauréates du 2e prix. Le support utilisé ici est multimédia grâce à Mémoire RED (pour Regarder, Ecouter, Deviner), outil de stimulation cognitive proposant des quiz et des jeux visuels qui font appel à la mémoire et favorisent l’entraide. Une étude sera menée pour l’adapter au plus près des besoins des résidents, en vue de sa modélisation au sein du réseau. « Nos pensionnaires se sont montrés très intéressés, heureux qu’on les choisisse et que cela puisse servir à d’autres, assure Valérie Therond, responsable de la Marpa Cap Soulé à Saint-Plancard. Ils se sentent investis d’une responsabilité et sont impatients de commencer. Ce genre de projet créé des liens, ça change la vie collective car même si ils vivent toute l’année ensemble, ils ne se parlent pas forcément. Cela met également en avant leurs capacités et non celles qu’ils peuvent avoir perdu. »

À Sentheim, dans le Haut-Rhin, connu pour son site géologique, la Marpa de la Doller a choisi de se rapprocher de la nature. Son projet de sentier de promenade pédagogique, qui a reçu le 2e prix ex-aequo, présente de nombreux atouts. En partenariat avec la communauté de communes, l’association la Maison de la Terre et le chantier d’insertion Les jardins d’Icare, il sera accessible à tous, orienté sur la géologie et la botanique avec une stimulation des sens. Harmony Buch, responsable, imagine déjà un partenariat avec le lycée agricole pour entretenir le sentier et un futur potager : « les perspectives sont nombreuses. Ce projet bénéficiera aux résidents et à toute la population ! »

C’est le Doubs qui remporte la mise pour les deux derniers prix. À la 3e place, la Marpa Les clarines de Bellevue à Pierrefontaine-les-Varans et ses projets « Cyber Marpa » et « À tout âge ». Sur le modèle des cybercafés, des tablettes numériques sont à disposition des résidents pour communiquer, grâce à une webcam, avec leur famille, accéder à une bibliothèque numérique ou stimuler leur mémoire avec l’application Stim’art ; ils ont également participé à un recueil de témoignages et de photographie de résidents de Franche-Comté sorti le 17 novembre et dont la vente bénéficiera à l’association OncoDoubs.

Dernière étape avec le prix spécial du jury pour Ecole-Valentin et Arc-et-Senans et leur projet de sensibilisation à la préservation des oiseaux, en partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et les écoles et centres périscolaires avoisinants. Objectif : labelliser ces deux jeunes Marpa éco-construites sur des sites naturels protégés en refuges LPO, grâce à des aménagements favorisant la biodiversité et l’observation. Des ateliers découverte et fabrication de mangeoires ont notamment eu lieu avec des enfants. Car oui, vieillir n’est pas synonyme de renoncement.

Marie Molinario

Publié dans le BISMA de décembre 2016

http://www.lebimsa.fr/ca-bouge-dans-les-marpa/

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 10:12

Alors que la Chine connait un vieillissement de sa population sans précédent, une maison de retraite de Suzhou dans l’est du pays a décidé de récompenser les familles venant régulièrement voir leur proche avec des bons d’achats indique une récente dépêche de l’agence Reuters.

Ce genre d’initiative ferait probablement scandale en France, mais les Chinois sont beaucoup plus pragmatiques et n’hésitent pas à mettre en place des mesures radicales voire totalement décalées pour parvenir à leur fin.  

En 2013, le gouvernement chinois avait mis en place une loi obligeant les enfants à rendre souvent visite à leurs parents âgés. Le fait est qu’avec le développement économique, de nombreuses familles ont été séparées et de nos jours, les enfants vivent souvent très loin de chez leurs parents, ce qui rend difficile les visites…  

Rappelons que dans la tradition chinoise, les enfants doivent s’occuper de leurs parents, c’est une obligation qu’ils apprennent d’ailleurs dès le plus jeune âge. La plupart du temps, c’est la fille qui est en charge de ses parents et de ses beaux-parents. Mais l’éclatement des familles et les nouveaux modes de vie font que les anciens sont désormais placés en maison de retraite et qu’ensuite, les proches ont tendance à les oublier…

Afin de réduire la solitude et l’isolement de ses résidents, une maison de retraite de l’est de la Chine (province de Jiangsu) a trouvé une solution « imparable ». En effet, elle récompense les proches qui viennent visiter leurs anciens régulièrement avec… des bons d’achat ! Ainsi, « 30 visites en deux mois donnent le droit à un bon de 200 yuan, soit environ 27 euros » indique la dépêche de Reuters.  

Et il semblerait que cela fonctionne puisque le début de la mise en place de ces incitations financières, les visites se sont multipliées. La maison de retraite aurait d’ores et déjà distribué 4.000 euros de bons d’achat à 227 personnes ! Ces personnes sont-elles purement vénales ou ont elles pris conscience des besoins de ces anciens ? Allez savoir…  

La Chine, on le sait, est le pays de la démesure. Tout y est plus grand qu’ailleurs… Selon les dernières statistiques, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans a atteint 222 millions fin de 2015, représentant 16,1% du total de la population et atteindra 240 millions d’ici 2020, soit 17% des Chinois, et ce n’est pas fini.

La Chine vieillit. Mais contrairement à la transition naturelle qui a eu lieu dans les pays d’Europe, au Japon ou aux Etats-Unis, ce pays-continent est passé directement du statut de « pays jeune » à « pays vieux ». Or, la Chine n’est absolument pas prête face à cette situation démographique sans précédent dans son histoire..  

http://www.senioractu.com/Chine-une-maison-de-retraite-offre-des-bons-d-achats-aux-familles-assidues-aux-visites_a19573.html

Chine : une maison de retraite offre des bons d'achats aux familles assidues aux visites
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 09:59

Les jeunes parents n’ont jamais autant compté sur leurs vieux pour biberonner. Un rôle nouveau, qui, pour certains grands-parents, est vécu comme un boulet. Ça va mieux en le disant.

« Tous les samedis matin, c’est la même histoire : mes deux filles déposent les gamins à la maison, et me voilà partie pour gérer une cousinade de vingt-quatre heures chrono, raconte Martina, retraitée éreintée. J’ai parfois l’impression d’être animatrice de colo. J’ai beau les adorer, ils sont trois, ont entre 3 et 12 ans, alors autant vous dire que ce n’est pas de tout repos. Je passe mes dimanches à, tant bien que mal, récupérer. » Cette grand- mère bien arrangeante n’arrive pas à faire comprendre à ses filles qu’elles lui en demandent trop. « Alors je prends sur moi. Elles ont trop besoin de cette soupape de décompression. »

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce rôle de nounou attitrée donné aux grands-parents est tout à fait nouveau. « Ils n’ont jamais été aussi sollicités ! C’est un phénomène très actuel qui correspond à un besoin réel des jeunes parents », note la sociologue Claudine Attias-Donfut, directrice de recherche à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et spécialiste des relations entre générations. En cause ? L’investissement accru des femmes dans leur carrière, la hausse du nombre de familles monoparentales et, bien sûr, l’insuffisance de solutions de garde.

Les jeunes parents ne s’en sortent pas tout seuls et font beaucoup plus appel à leurs aînés que ces derniers ne l’ont fait quand ils avaient leur âge. « Pour la génération précédente, il y avait deux cas de figure : soit les grands-parents élevaient complètement les petits-enfants, soit les parents se débrouillaient. » Enfin... les mères, en l’occurrence, dont on attendait qu’elles fassent de l’éducation des gamins leur job à plein temps. « Avec la vulgarisation relativement récente de la psychologie et de la psychanalyse, dans les années 1970, la norme est aujourd’hui à une responsabilité totale des parents dans l’éducation de leurs enfants. On a intégré l’idée que les grands-parents ne sont pas les éducateurs. » Mais comme on a plus que jamais besoin d’eux, ils se retrouvent à devoir jouer les nounous.

J’PEUX PAS, J’AI GYM

Claudine Attias-Donfut constate que les jeunes parents ne se rendent pas compte de la pression qu’ils exercent sur leurs aînés : « Ils estiment souvent qu’ils sont corvéables à merci sans imaginer que ça peut les épuiser. » Crevés, les grands-parents d’aujourd’hui le sont aussi parce que les naissances se font de plus en plus tardivement. Les Françaises ont en moyenne un premier enfant à 28 ans, soit quatre ans plus tard qu’à la fin des années 1960. Et que ce soit un premier rejeton ou non, l’âge moyen des mères quand elles accouchent atteint 30 ans. Ce qui donne des seniors qui ont, eux aussi quelques années de plus au compteur quand ils sont sollicités pour remettre la nez dans les couches. "Les femmes qui ont des enfants après 40 ans ont des parents qui se retrouvent après 80 ans à devoir courir après des enfants." Catherine, grand mère de trois petits-enfants en bas âge, déteste qu’on lui impose le rôle de mamie-gâteau. Elle n’ose pas en parler à ses enfants de peur de les blesser. Du coup, elle s’invente des excuses. « Je dis que je ne peux pas passer à la crèche parce que je vais au fitness... Mon fils sait per- tinemment que je n’ai jamais mis les pieds dans une salle de sport ! » confie-t-elle. Quand on la lance sur le sujet, elle se lâche : « On s’occupe des nôtres toute notre vie, on se ronge les sangs pour eux, on se farcit une crise d’ado et ensuite, il faut refaire la même chose avec leurs enfants à eux ? Je ne suis pas d’accord. » Ce qui l’agace, c’est aussi que ses enfants sollicitent beaucoup moins leur père. « Parce que je suis une femme, je devrais avoir envie de m’occuper d’enfants jusqu’à ma mort ? »

Claudine Attias-Donfut confirme que ce stéréotype perdure dans l’imaginaire collectif, au grand dam de certaines grands- mères qui s’y trouvent coincées. « C’est une observation omniprésente dans mes recherches. On considère très souvent que la mère est indestructible, qu’elle peut tout faire. » Irina, 59 ans, est épuisée et a bien du mal à le faire entendre à ses rejetons. « Je les ai élevés seule, j’ai tout sacrifié pour leur offrir un avenir », raconte cette grand-mère qui n’a ni la force ni l’envie de courir après son petit-fils de 3 ans. Elle a refait sa vie sur le tard, et tiens, ce week-end, elle part au soleil avec son hidalgo. « Il ne faut quand même pas que je demande la permission à ma fille, si ? »

UN VRAI CHOIX

Si certains grands-parents refusent de jouer les baby-sitters commis d’office, c’est aussi que cette génération ose, plus que la précédente, affirmer ses choix. Serge Guérin, sociologue spécialiste des questions liées au vieillissement, l’assure : « Si, globalement, la solidarité familiale est loin d’avoir fléchi, beaucoup des nouveaux seniors ont réfléchi aux normes sociales davantage que leurs parents, notamment parce que les liens familiaux se construisent désormais plus sur l’envie que le devoir. Qu’ils souhaitent s’investir auprès de leurs petits-enfants ou pas, il s’agit d’un vrai choix. Et ils l’assument. » Comme Urbain, 65 ans, qui a élevé sept enfants. Les biberons et les devoirs de maths ayant occupé trente- huit ans de sa vie, il n’a pas hésité quand ses aînés ont commencé à penser fonder leur famille : « Je ne m’occuperai jamais de vos enfants, je leur ai dit. Même pas une heure. J’ai précisé que je serais ravi de les voir souvent, qu’ils seraient les bienvenus chez moi. Mais s’ils font des enfants, ce sera à eux de s’en occuper. »

Reste que la pilule est difficile à avaler pour les jeunes parents, comme la belle-fille d’Urbain, pour qui cette posture passe mal. Même amertume chez Louise, et Simon, la trentaine, et un fils de un an. Ses parent à lui ont vraiment d'autres chats à fouetter ils ont fait passer le message dès la maternité, ou ils sont restés un quart d’heure. Quant aux parents de la jeune femme, ils vivent pile en face de la crèche, pourtant « c’est la croix et la bannière pour qu’ils nous rendent service en allant le chercher de temps en temps, raconte-t-elle.En bonus, on a droit à une heure de plainte pour une heure de garde." Pour Loubna, la douche froide est arrivée à retardement. Depuis ses 20 ans, pourtant, sa mère la tannait pour qu’elle « [lui] fasse un petit. Et puis c’est une chance d’avoir sa maman pas loin ». Rien ne laissait présager que sa mère retournerait sa veste une fois la petite-fille venue : « Ma fille avait 6 mois, la baby-sitter nous lâche, on est tous les deux coincés au boulot. Je me dis : nickel, ma petite retraitée va se faire un plaisir de la garder trois heures. Rien du tout : “Ah, mais je suis au resto avec mes copines là ma chérie, tu comprends, il va falloir que tu te débrouilles.” J’étais scotchée, elle étouffait des petits rires comme une ado qui s’est fait une sortie en loucedé. Elle a passé toute sa vie à s’occuper des autres. Je crois qu’elle n’avait absolument pas anticipé qu’elle allait un jour enfin profiter de la vie et qu’elle adorerait ça. » Parents, il va falloir songer à vous trouver des plans B ! 

1. Selon les chiffres de l’Insee, dans les « Tableaux de l’économie française », édition 2015.

2. Les prénoms ont été changés.

article de Clarence Edgar Rosa paru dans Causette n° 71  d'octobre 2016

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Dans le Causette de Novembre, actuellement en librairie, il y a tout un dossier sur "Mourrez bio", qui vous renseigne sur les modalités de mis en terre, crémation ou autre.  Ça aussi, ça se prépare. Quand on y est , c'est dur de s'exprimer …

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 10:00

Compte-tenu du vieillissement de la population, l’assureur Swiss Life, a décidé de se lancer sur le thème « vivre bien, plus longtemps, selon ses propres choix ».

Afin de mieux appréhender les attentes des différentes générations, de contribuer au débat sociétal et d’accompagner ses clients tout au long de leur vie, le groupe a confié à l’Institut LINK la réalisation d’un sondage dans les trois principaux pays où S.L. est implanté : la France, l’Allemagne et la Suisse.

Selon ce sondage effectué auprès de plus de 3.000 personnes en Suisse, en Allemagne et en France, les quatre générations* aimeraient qu'une plus grande solidarité s'installe entre elles. Près de 90% des sondés expriment ce sentiment, et ce, quelque soit leur âge ou leur pays d'origine.

Un souhait qui n’est que partiellement en phase avec la réalité : de fait, 40% des personnes pensent que la solidarité et les échanges entre les générations ne fonctionnent pas de façon satisfaisante. Par ailleurs, la cohésion sociale est généralement considérée comme insuffisante. Quasiment les deux-tiers (63%) des sondés regrettent que les ainés ne soient mieux acceptés socialement. Mais l'inverse est aussi vrai : environ la moitié des sondés souhaiteraient davantage de respect envers les jeunes.

Si les Français partagent globalement les mêmes préoccupations que leurs voisins allemands et suisses, ils se différencient par leur attachement à la famille. Pour 89% d’entre eux, la volonté de prendre soin de ses parents est, en France, nettement plus élevée qu’en Suisse (81%) ou en Allemagne (77%). Les Français sont aussi plus nombreux à vouloir mettre de l’argent de côté pour leurs descendants et moins désireux de tout dépenser de leur vivant (43% en France contre 54% en Suisse et 64% en Allemagne). Enfin, ils se déclarent plus volontiers favorables au logement familial intergénérationnel : plus des trois-quarts (77%) des Français approuvent cette forme d’habitat, contre 69% en Suisse et 70% en Allemagne.

Dans leur vie professionnelle, les Français sont toutefois plus sceptiques quant à la collaboration intergénérationnelle : elle est perçue comme une source potentielle de conflits par 34% des Français contre 26% des Allemands et seulement 15% des Suisses. En France, 45% déclarent préférer travailler avec des collègues de leur tranche d’âge, contre 42% en Allemagne et 29% en Suisse.

Dans l'interaction avec les autres générations, les jeunes estiment leurs intérêts sensiblement plus menacés que ceux des personnes âgées : ainsi, près des deux-tiers estiment que la redistribution entre les générations sera source de conflit. Plus les personnes sondées sont jeunes, plus le potentiel de conflit décelé augmente (génération Y : 70%, génération X : 68%, baby-boomers : 63%, vétérans : 55%).

D’autre part, environ un tiers de la génération X, de la génération Y et des baby-boomers n'est pas prêt à financer la génération des personnes âgées. Plus de la moitié (52%) de la génération Y et 37% de la génération X sont d'avis que les ainés actuellement aux dépens des jeunes. Sans trop de surprise, les plus âgés se démarquent nettement de cette affirmation (baby-boomers : 23%, vétérans : 14%). Point important à quelques mois des élections : 46% de la génération Y et 39% de la génération X trouvent que le vote des seniors a trop de poids lors des élections. Par contre, seuls 29% des baby-boomers et 23% des vétérans partagent ce point de vue.

Les différentes attitudes par rapport à la vie et l'égocentrisme ambiant semblent constituer les principales entraves en termes de solidarité intergénérationnelle : pratiquement les deux-tiers (65%) des sondés estiment que les jeunes sont trop égocentriques. Les générations X et Y partagent elles-mêmes ce point de vue à raison de 70%, voire plus. Elles paraissent par conséquent bien conscientes de leur individualisme…

A l'inverse, seuls 31% des personnes interrogées estiment que les ainés sont trop égocentriques. Outre cet égocentrisme, les principales raisons évoquées pour expliquer le manque d'échange et de solidarité entre les générations sont la redistribution au sein des systèmes de retraite, les modes de vie spécifiques à chaque génération ainsi que le manque de respect mutuel.

C'est dans la famille et au travail que la solidarité intergénérationnelle semble fonctionner le mieux ; elle est évaluée de façon très positive. Environ quatre jeunes sur cinq (générations X et Y) aimeraient apprendre davantage de leurs ainés. De même, quelque quatre sondés sur cinq se disent prêts à prendre soin de leurs parents en cas de besoin.

Sur le lieu de travail, 90% des sondées, tous âges confondus, estiment que la collaboration avec des collègues d'autres générations est agréable et instructive. Plus des trois-quarts (78%) des actifs disent ne pas constater de différence entre les personnes de différentes générations au sein de leur entreprise. Toutefois, seule une personne sondée sur cinq estime que sa propre entreprise promeut de façon spécifique la collaboration intergénérationnelle. En ce qui concerne la collaboration, il existe aussi certaines réserves : plus de la moitié (54%) de la génération Y préfèrent travailler avec des collègues de la même tranche d'âge, et presqu’un tiers de cette génération estime que le fait d’œuvrer avec des générations plus âgées peut occasionner des conflits.

Sur leur lieu de travail, les Suisses vivent l'interaction entre les différentes générations de façon plus positive que leurs voisins. Seuls 15% y voient une source de conflit potentiel (A : 26%, F : 34%), et seuls 29% affirment préférer travailler avec des collègues de la même tranche d’âge (A : 42%, F : 45%). A 89%, la volonté de prendre soin de ses parents est, en France, significativement plus élevée qu’en Suisse (81%) ou en Allemagne (77%).

*Sondage réalisé entre le 30 août et le 7 septembre 2016, l'institut LINK a réalisé pour le compte de Swiss Life une étude représentative sur la solidarité intergénérationnelle. Au total, 3.078 personnes âgées de 18 à 79 ans résidant en Suisse (1 011), en Allemagne (1 033) et en France (1 034) ont été interrogées en ligne sur le sujet. Pour chaque pays, le groupe des personnes sondées se composait d'un quart de représentants de chacune des quatre générations suivantes : la génération Y (18 à 35 ans), la génération X (36 à 50 ans), les baby-boomers (51 à 65 ans), et les vétérans (66 à 79 ans).

Publié dans Senioractu du 28 octobre 20016

http://www.senioractu.com/Swiss-Life-grande-enquete-sur-la-solidarite-intergenerationnelle_a19449.html

 Une grande enquête sur la solidarité intergénérationnelle par  Swiss Life :
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