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  • : OR GRIS : Seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges
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  • : Blog de l’association Or Gris (cf. page) : diffuse des initiatives de retraités sont "acteurs", des informations sur le vieillissement et le vivre inter âge (cf. catégories). planodile@orange.fr
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:46

Les courses, le ménage, la toilette et "un peu de soleil dans la journée": peu valorisés, les métiers d'aide à domicile peinent à recruter. Ils sont pourtant indispensables au maintien chez elles de personnes âgées toujours plus nombreuses.

"C'est un grand honneur d'accompagner des personnes dans le besoin", explique à l'AFP Monique Bayiha, auxiliaire de vie sociale à l'association ADMR à Paris. "Mais ce métier, il faut l'apprécier pour le faire. Beaucoup arrêtent au bout de quelques mois".

En proie à un "déficit d'image", parfois difficiles physiquement et psychologiquement, ces métiers sont au coeur d'une campagne d'information lancée mercredi par la secrétaire d'État aux Personnes âgées, Pascale Boistard.

Environ 500.000 personnes travaillent dans les services d'aide et d'accompagnement à domicile, selon le ministère des Affaires sociales. A 98% des femmes, leur moyenne d'âge est de 45 ans, 62% sont sans diplôme et 70% travaillent à temps partiel.

Dépliants explicatifs, visuels, infographies sur les réseaux sociaux... La campagne "Aider les autres, c'est mon métier" a vocation à "promouvoir" un secteur en cours de professionnalisation.

"D'ici 2030, 300.000 emplois supplémentaires seront créés", a expliqué Mme Boistard, en raison des "effets conjoints du vieillissement de la population et des nombreux départs à la retraite".

Quinze millions de personnes ont aujourd'hui 60 ans et plus. En 2030, elles seront 20 millions et près de 24 millions en 2060. Cinq millions de personnes auront plus de 85 ans en 2060.

"On n'est pas là que pour les mettre dans le bain et faire la +boniche+. On aide ces personnes à garder leur autonomie, on met un peu de soleil dans leur journée", témoigne Myriam Lajic, auxiliaire de vie à Ossun dans les Hautes-Pyrénées depuis 10 ans, se décrivant comme "un relais indispensable entre la personne âgée et son médecin, son kiné, son pharmacien, sa famille".

En poste "dans les montagnes", elle est parfois la seule personne vue de la journée. En plus des tâches ménagères, des discussions et d'un peu d'administratif, la quinquagénaire apporte aussi fréquemment "le bois pour nourrir la cheminée".

- "Semaines extensibles" -

"C'est contraignant de se mettre une limite quand son métier est d'aider les autres", confie Fabienne, employée dans une association des Yvelines.

Cette femme de 55 ans qui aide à domicile des personnes âgées, garde des enfants et fait des ménages, décrit des "semaines extensibles" et la nécessité "d'apprendre à dire non".

"Pour attirer les gens, il faudrait mieux rémunérer les déplacements et augmenter les salaires", préconise-t-elle, relatant les kilomètres avalés d'un domicile à l'autre.

"Elles ne sont pas assez payées pour ce qu'elles font", assure Geneviève Billon, 94 ans, qui ne pourrait pas rester chez elle sans une aide quatre jours par semaine.

"Je me lave et m'habille encore très bien mais elle m'aide en faisant la soupe, le ménage, le lit, les courses, et quand il fait beau on sort", explique cette Parisienne à l'AFP.

Selon la Fédération nationale du personnel des organismes sociaux (FNPOS-CGT), les aides à domicile gagnent en moyenne 700 à 800 euros par mois pour environ 20 heures de travail hebdomadaire. "Les temps partiels sont subis, les horaires sont découpés", dit à l'AFP Estelle Pin du FNPOS-CGT.

"Plus qu'une campagne de communication, c'est sur les conditions de travail qu'il faudrait se concentrer", ajoute-t-elle.

La loi sur l'adaptation de la société au vieillissement (ASV), en vigueur depuis janvier, a permis la revalorisation de l'APA (Allocation personnalisée d'autonomie qui couvre une partie des dépenses d'aide) et celle des salaires, fait valoir le ministère, qui veut désormais accroître la formation et les qualifications.

Saluant la campagne, l'association AD-PA, qui représente les directeurs de maisons de retraite et de services à domicile, a néanmoins demandé aux pouvoirs publics de revaloriser leurs tarifs, "très nettement inférieurs au coût de fonctionnement". Selon l'AD-PA, une heure à domicile revient à 24 euros mais n'est prise en charge qu'entre 18 et 21 euros.

publié le 01/02/2017 par l’Express, venant de l’AFP

http://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/les-aides-a-domicile-indispensables-mais-peu-reconnues_1874949.html

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 10:13

La ville de Paris, en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France inaugure vient d'inaugurer au numéro 126 du quai de Jemmapes dans le 10ème arrondissement, une maison des ainés et des aidants qui s’adresse aux personnes âgées en perte d’autonomie ainsi qu’à leurs aidants.

Voici une nouveauté entièrement dédiée aux personnes âgées vivant à Paris, plus précisément dans les 9ème, 10ème et 19ème arrondissements. Trois quartiers très populaires de la capitale. De quoi s’agit-il ? De la Maison des ainés et des aidants (M2A).

Dans la pratique il s’agit d’un dispositif d’orientation, d’information et d’appui s’adressant aux seniors en perte d’autonomie et à leurs aidants ainsi qu'aux acteurs de leur accompagnement et de leur prise en charge. Son but est de « décloisonner les acteurs des secteurs médical, social et médico-social, et d'aider à fluidifier le parcours de santé des personnes de 60 ans et plus du territoire » indique la mairie dans son communiqué. Et d’ajouter : « il s’agit également d’améliorer la lisibilité des dispositifs existants pour les usagers ».

Ses missions : elle réalise les évaluations à domicile auprès du public concerné par la gestion de cas ; elle analyse les besoins sanitaires et sociaux de la personne ; elle organise le soutien et la coordination des professionnels concernés par la situation ; et elle élabore avec la personne et éventuellement son entourage le plan de services individualisé (PSI).

Ce centre a été cofinancé par le Département de Paris et l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France. Inaugurée ce jour à Paris, la M2A est de fait opérationnelle depuis le premier semestre 2016. Elle est installée au 126 Quai de Jemmapes dans le 10ème.

http://www.senioractu.com/Paris-ouverture-d-une-maison-des-aines-dans-le-10eme-arrondissement_a19639.html

Voilà une idée qu’elle est bonne … on pourrait adapter cela pour les zones rurales. Que les ARS y pensent…

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 09:35

Les pauvres sont les mieux placés pour savoir quoi faire de l’argent qui leur est donné et cette étude le prouve (allo l’Etat providence, vous m’entendez ?)

Contrairement à une idée répandue, donner de l'argent directement aux personnes touchées par la pauvreté, à l'image de ce que serait un revenu universel par exemple, s'avère plus efficace que les aides trop encadrées dans leur utilisation. Au regard des évolutions de la pauvreté observées en France ces dernières décennies, cette solution devrait être envisagée par les pouvoirs publics. Un entretien d'Atlantico avec Julien Damon

 

Atlantico : Parmi les solutions proposées pour lutter contre la pauvreté, deux économistes, David Evans (Banque mondiale) et Anna Popova (Université de Stanford) ont montré dans un récent papier de recherche l'efficacité de donner directement de l'argent aux plus pauvres, plutôt que de leur fournir de la nourriture ou un logement. Quel peut-être l'avantage d'une telle mesure ? Qu'est-ce que cela révèle de la conception qu'ont de la pauvreté les dirigeants, et plus largement la société ?

Julien Damon : C'est un débat classique.

Faut-il privilégier des prestations monétaires ou des prestations en nature ? Faut-il verser des sommes sur des comptes en banque (avec liberté d'utilisation) ou fournir des services (des repas, des hébergements) ? Faut-il, au mendiant, donner un sandwich ou une petite somme d'argent ? De fait, il y a derrière cela d'abord des considérations morales. On estimera souvent le pauvre irresponsable et on préférera lui donner son aumône en nature (c'est le sandwich plutôt que la pièce). Plutôt qu'une allocation de rentrée scolaire (la très disputée ARS) versée aux parents, en septembre, on préférera acheter des livres aux enfants. En fait les vrais experts de la pauvreté ce sont les pauvres eux-mêmes. Ils savent plus que ceux qui les observent ce dont ils ont besoin, pour vivre au quotidien mais aussi pour améliorer leur existence voire pour investir. D'un point de vue personnel, je pense qu'il faut privilégier tout ce qui permet aux gens, notamment les pauvres, de maximiser leur liberté et leurs capacités de choix, aussi restreintes soient-elles. Dans bien des cas l'allocation monétaire vaut mieux que les services. En tout cas pour les plus pauvres, plutôt que de leur donner plusieurs sandwichs dans la journée, il vaut mieux augmenter leurs revenus du jour.

Atlantico : Votre dernière note pour la Fondapol propose un ensemble de mesures destinées aux pouvoirs publics pour lutter contre la pauvreté. A-t-on pu constater une évolution notable au cours des dernières décennies de ce que signifie être pauvre en France ? Si oui, comment s'explique-t-elle ?

J D  : La tendance depuis les années 1970 était – jusqu’aux secousses récentes attachées à la crise - à une forte baisse puis à une stabilisation du taux de pauvreté. Cette diminution puis cette stabilisation de la pauvreté, mesurée sous sa forme monétaire relative (aujourd'hui un individu est compté comme pauvre sous un seuil à 1 000 € par mois), masquent de profondes transformations. Tout d’abord, la pauvreté a rajeuni : en quarante ans, le taux de pauvreté des moins de 25 ans a été multiplié par deux, alors que celui des plus de 65 ans était divisé de moitié. Elle s’est aussi déplacée des familles nombreuses vers les familles monoparentales. Les familles monoparentales trouvant très majoritairement à leur tête des femmes, la "monoparentalisation" de la pauvreté alimente une féminisation de la pauvreté. Celle-ci touche désormais des actifs qui travaillent, en raison des doubles mutations du monde du travail et de la famille. Elle est mieux, quoi qu’imparfaitement, prise en charge par un Etat providence qui n’a jamais cessé de se développer, en particulier en matière d’aide sociale. La pauvreté, par ailleurs, s’est urbanisée, baissant environ de 4 points entre 1996 et 2012 dans les communes rurales et augmentant de 5 points dans l’agglomération parisienne. Tandis que la pauvreté se stabilisait, en moyenne nationale, elle était clairement en augmentation dans l’agglomération parisienne et dans les autres unités urbaines de plus de 200 000 habitants.

Au total donc, la pauvreté a surtout changé plus qu’elle n’a augmenté ou diminué. Si l’on doit lui donner un visage, éloigné des chiffres froids, autrefois, le pauvre était âgé, issu d’une famille nombreuse, et habitait dans une zone rurale. Aujourd’hui, il est jeune – on devrait dire elle est jeune -, vient d’une famille monoparentale, demeure en zone urbaine et ne parvient pas à s’insérer sur le marché du travail. Autrefois – disons pendant les 30 Glorieuses – la pauvreté concernait des personnes âgées qui avaient peu de chances d’en sortir et des actifs qui avaient des probabilités élevées d’en sortir. Aujourd’hui, la pauvreté concerne des jeunes et des femmes qui vont et viennent entre des périodes au-dessus et en-dessous du seuil de la pauvreté. D’où la pertinence de ne plus seulement raisonner en termes de pauvreté, mais aussi de précarité et de vulnérabilité, insistant davantage sur les risques que sur les situations.

Atlantico : Pour quelles raisons, selon vous, les décideurs publics appréhendent-ils le phénomène de la pauvreté uniquement d'un point de vue statistique et non pas démographique ? Quelles répercussions cela a-t-il sur l'état et l'efficacité des outils mis en place jusqu'à présent en vue de réduire la pauvreté en France ?

J D : Les pouvoirs publics raisonnent de façon statistique ET démographique mais surtout de manière émotionnelle. Il s'agit de frapper l'opinion (quand on est dans l'opposition politique) ou bien de donner des gages aux associations (lorsque l'on est au pouvoir). La pauvreté est vue dans une optique très compassionnelle. Chaque année est annoncée son augmentation, voire son explosion. Si la statistique moyenne ne permet pas l'indignation, alors il s'agit de mettre tout de même en avant des situations particulièrement difficiles. Il faut revenir à la raison avec des mesures peut-être froides, mais solides, qui permettent d'éclairer et suivre l'action publique.

En savoir plus : http://www.atlantico.fr/decryptage/pauvres-sont-mieux-places-pour-savoir-quoi-faire-argent-qui-est-donne-et-cette-etude-prouve-allo-etat-providence-m-entendez-2904778.html#ikzpFjyhZHPT4i0Z.99

Les pauvres savent quoi faire de l'argent qui leur est donné.

Julien Damon est professeur associé à Sciences Po, enseignant à HEC et chroniqueur au Échos.

Fondateur de la société de conseil Eclairs, il a publié, récemment, Les familles recomposées (PUF, 2012), Intérêt Général : que peut l’entreprise ? (Les Belles Lettres), Les classes moyennes (PUF, 2013)

Il a aussi publié en 2010 Eliminer la pauvreté (PUF).

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 10:12

Alors que la Chine connait un vieillissement de sa population sans précédent, une maison de retraite de Suzhou dans l’est du pays a décidé de récompenser les familles venant régulièrement voir leur proche avec des bons d’achats indique une récente dépêche de l’agence Reuters.

Ce genre d’initiative ferait probablement scandale en France, mais les Chinois sont beaucoup plus pragmatiques et n’hésitent pas à mettre en place des mesures radicales voire totalement décalées pour parvenir à leur fin.  

En 2013, le gouvernement chinois avait mis en place une loi obligeant les enfants à rendre souvent visite à leurs parents âgés. Le fait est qu’avec le développement économique, de nombreuses familles ont été séparées et de nos jours, les enfants vivent souvent très loin de chez leurs parents, ce qui rend difficile les visites…  

Rappelons que dans la tradition chinoise, les enfants doivent s’occuper de leurs parents, c’est une obligation qu’ils apprennent d’ailleurs dès le plus jeune âge. La plupart du temps, c’est la fille qui est en charge de ses parents et de ses beaux-parents. Mais l’éclatement des familles et les nouveaux modes de vie font que les anciens sont désormais placés en maison de retraite et qu’ensuite, les proches ont tendance à les oublier…

Afin de réduire la solitude et l’isolement de ses résidents, une maison de retraite de l’est de la Chine (province de Jiangsu) a trouvé une solution « imparable ». En effet, elle récompense les proches qui viennent visiter leurs anciens régulièrement avec… des bons d’achat ! Ainsi, « 30 visites en deux mois donnent le droit à un bon de 200 yuan, soit environ 27 euros » indique la dépêche de Reuters.  

Et il semblerait que cela fonctionne puisque le début de la mise en place de ces incitations financières, les visites se sont multipliées. La maison de retraite aurait d’ores et déjà distribué 4.000 euros de bons d’achat à 227 personnes ! Ces personnes sont-elles purement vénales ou ont elles pris conscience des besoins de ces anciens ? Allez savoir…  

La Chine, on le sait, est le pays de la démesure. Tout y est plus grand qu’ailleurs… Selon les dernières statistiques, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans a atteint 222 millions fin de 2015, représentant 16,1% du total de la population et atteindra 240 millions d’ici 2020, soit 17% des Chinois, et ce n’est pas fini.

La Chine vieillit. Mais contrairement à la transition naturelle qui a eu lieu dans les pays d’Europe, au Japon ou aux Etats-Unis, ce pays-continent est passé directement du statut de « pays jeune » à « pays vieux ». Or, la Chine n’est absolument pas prête face à cette situation démographique sans précédent dans son histoire..  

http://www.senioractu.com/Chine-une-maison-de-retraite-offre-des-bons-d-achats-aux-familles-assidues-aux-visites_a19573.html

Chine : une maison de retraite offre des bons d'achats aux familles assidues aux visites
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 09:38

À partir du 1er janvier 2017, les salariés pourront bénéficier du congé de proche aidant. Ce congé, créé par la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement, fait partie des « congés d'articulation entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale » définis par la loi Travail du 8 août 2016.

Ce congé se substitue au congé de soutien familial et élargit le champ des salariés pouvant en bénéficier et le champ des personnes aidées.

Ainsi, à la différence du congé de soutien familial, le bénéfice du congé de proche aidant est ouvert pour s'occuper d'une personne handicapée ou en perte d'autonomie avec laquelle le salarié réside ou entretient des liens étroits et stables sans qu'ils soient liés par un lien de parenté.

Le congé peut également être demandé en cas de cessation de l'hébergement en établissement de la personne aidée. En outre, la personne aidée peut désormais relever d'un classement en Gir 1, 2 ou 3.

Le congé peut être fractionné, et le salarié peut cesser totalement son activité ou travailler à temps partiel. En cas de fractionnement, la durée minimale de chaque période de congé est d'une journée.

L'ancienneté dans l'entreprise nécessaire pour en bénéficier est réduite à un an, contre deux ans actuellement. La durée globale cumulée du congé, renouvellements compris, reste fixée à un an maximum pour l'ensemble de la carrière.

La demande de congé doit être formulée au moins un mois à l'avance, quinze jours en cas d'urgence, la demande de renouvellement au moins quinze jours avant la fin de la période de congé en cours. Le salarié peut mettre fin de manière anticipée à son congé au moins un mois à l’avance. En cas de décès de la personne aidée, ce délai est ramené à deux semaines.

Une convention ou un accord collectif d'entreprise ou, à défaut, une convention ou un accord de branche peuvent fixer :

- une durée maximale du congé plus favorable ;

- d'autres délais d'information de l'employeur sur la prise du congé et son renouvellement et une autre durée du préavis en cas de retour anticipé ;

- le nombre de renouvellements possibles ;

- les délais de demande du salarié et de réponse de l'employeur sur le fractionnement du congé ou sa transformation en période d'activité à temps partiel.

Source : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A11134?xtor=EPR-100

Publié dans Senioractu du 2 décembre 2016

http://www.senioractu.com/Conge-du-proche-aidant-effectif-a-partir-du-1er-janvier-2017_a19536.html

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 09:29

Voici une information pour le moins étonnante. En effet, une équipe de chercheurs de la société de biotechnologie canadienne Alkahest a présenté il y a quelques semaines lors d’une grande rencontre sur les neurosciences, des résultats intéressants sur l’utilisation du plasma de jeune pour lutter contre les effets du vieillissement sur le cerveau.

On pourrait très bien imaginer que d’ici quelques années, dans un futur peut-être pas si éloigné que ça, on propose dans les hôpitaux et les cliniques des « bars à sang ». Non pas pour Dracula… Quoique finalement, ce comte-vampire, avait peut-être raison. En effet, boire du sang ou plutôt, s’injecter du sang de jeune serait peut-être bénéfique pour la santé des seniors.

Il ne s’agit pas d’un poisson d’avril (on est en décembre) mais bel est bien d’une information qui nous vient tout droit du Canada. En effet, il y a quelques semaines, une équipe de chercheurs de la société de biotechnologie canadienne Alkahest a présenté les résultats de ses recherches qui semblent montrer que des injections de sang frais sur des sujets âgés pourrait être bénéfiques pour la santé mentale des ainés.

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques canadiens ont injecté du sang de jeunes adultes (18 ans) à des souris âgées de douze mois, soit l’équivalent de 50 ans pour des êtres humains. Au bout de quelques temps, les petits rongeurs répondaient aux tests comme des souris de trois mois ! Ce « pouvoir rajeunissant » serait dû à la protéine GDF11 présente dans le plasma. Cela régénérerait les muscles, les organes et les fonctions cognitives. Bref, une vraie cure de jouvence !

Selon certaines rumeurs, les membres des Rolling Stones devraient leur incroyable énergie à ce type de traitement… D’ailleurs, les papys du rock viennent de ressortir un nouvel album ! Aujourd’hui, les chercheurs ont mis en place un essai clinique qui teste cette « cure de jouvence » sur des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer. Affaire à suivre. 

http://www.senioractu.com/Un-verre-de-sang-frais-pour-rajeunir_a19576.html

Un verre de sang frais pour rajeunir ?
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:30

Alors que le nombre d’aidants est en augmentation, les pouvoirs publics semblent avoir pris la mesure des changements à venir. En témoignent la loi d’adaptation de la société au vieillissement et la loi travail. En parallèle, l’association France-Alzheimer a élaboré un livre blanc remis à la ministre de la santé en septembre. Il repose sur une enquête nationale auprès de 1500 personnes concernées.

    Le constat

Selon Malakoff Médéric, en France, 14% des salariés s’occuperaient au quotidien d’un proche âgé (c’est à-dire au-delà de l’âge de 60 ans). Un taux qui dépasserait les 20% chez les actifs de plus de 40 ans. Et la tendance devrait encore s’accentuer puisque nous sommes actuellement dans une configuration sociale et démographique inédite. Quatre facteurs se conjuguent : le vieillissement de la population française et l’expansion des pathologies chroniques, d’une part, l’entrée plus tardive dans le monde du travail couplée à l’allongement de la durée du travail, d’autre part.

    Des rôles difficiles à concilier

Les pouvoirs publics semblent avoir pris la mesure des changements à venir et la thématique émerge de plus en plus. Plusieurs dispositions de "la loi d’adaptation de la société au vieillissement » [1] et de la loi Travail [2] visent à reconnaitre, valoriser et encourager les aidants familiaux, notamment ceux qui exercent encore une activité professionnelle.

En effet, les aidants sont devenus ces dernières années l’un des piliers indispensables des politiques mises en place en la matière, dans la mesure où celles-ci tendent de plus en plus à privilégier la prise en soin et l’accompagnement à domicile. Une solution qui repose sur l’hypothèse d’une aide informelle toujours plus disponible...

Une situation qui n’est pas sans conséquences tant pour les aidants actifs (perte de revenus, rupture de l’évolution de carrière, moindre implication professionnelle, surmenage, dégradation de l’état de santé physique et psychologique…) que pour les entreprises (organisation des services, manque à gagner en raison de l’absentéisme fréquent, perte de productivité…).

Faute de connaissances sur ce qu’implique le rôle d’ « aidant » pour une personne encore en activité, les entreprises éprouvent une véritable difficulté à délimiter un périmètre d’actions adaptées à la réalité des besoins des aidants. Les dispositifs existants sont donc bien souvent sous-sollicités car non connus et non adaptés. Par exemple, s’il existe aujourd’hui des congés, dits de « solidarité familiale » et de « soutien familial », ces derniers sont peu ou pas rémunérés, peu connus et peu flexibles. Là où les aidants familiaux salariés ont besoin de flexibilité au quotidien et sur un temps long, les dispositifs en place favorisent, au contraire, des absences ponctuelles.

D’un autre côté le secteur associatif et le secteur médico-social doivent également se poser la question de l’adaptation de leurs dispositifs à la situation des aidants actifs et penser des services et des soutiens accessibles hors les horaires de travail et développer les supports en ligne.

   La démarche d’un Livre blanc

Cette année, France Alzheimer et maladies apparentées, à l’occasion de la journée mondiale Alzheimer, a souhaité apporter son soutien à ces aidants actifs. L’association a jugé son engagement sur la thématique indispensable au regard de sa capacité d’influence et de contribution au débat public.

En collaboration avec l’institut d’études Opinion Way, et avec le soutien d’Humanis, l’association a réalisé au 1er semestre 2016 une étude nationale auprès des aidants familiaux en activité professionnelle [3]qui accompagnent un proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. L’objectif était de mettre en lumière les difficultés de conciliation de ces rôles et d’identifier les différents besoins des aidants. Elle a permis de recueillir les témoignages de 1 484 répondants, dont 1 354 aidants actifs et 130 en recherche d’emploi. C’est notamment à partir de leurs réponses et des contributions de personnalités issues de différents horizons qu’a été élaboré le Livre blanc : « Plaidoyer pour les aidants en activité professionnelle » [4] présenté à la ministre de la santé et au public le 21 septembre dernier.

L’Association formule 13 propositions qui, loin de constituer un plan d’action unique, ont davantage vocation à poser les premières bases d’une discussion collective. à mobiliser l’ensemble des parties prenantes à réfléchir collectivement afin de trouver des réponses efficaces aux besoins des aidants en activité professionnelle.

Pour France Alzheimer, face à la diversité des situations, il est aujourd’hui indispensable de faire preuve d’imagination et de souplesse pour trouver des réponses globales et innovantes aux besoins des aidants et ainsi leur permettre de mieux concilier vie privée et activité professionnelle.

Publié le samedi 15 octobre 2016 par Clés du social

Soutenir les aidants en situation d’activité professionnelle

Notes :

[1] « La reconnaissance et le soutien aux proches aidants à travers le « droit au répit » : http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/dossiers/les-nouvelles-mesures-de-la-loi

[2] mesures pour les aidants dans la loi Travail : http://www.clesdusocial.com/loi-travail-handicap-inaptitude-et-emploi

[3] Infographie des principaux résultats de l’enquête : http://francealzheimer-extranet.org/sites/default/files/kcfinder/files/Infographie%20France%20Alzheimer%20V4.png

[4] Livre Blanc : http://www.francealzheimer.org/sites/default/files/livre%20blancBD.pdf

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 08:47

A l’occasion de la 7ème édition de la Journée Nationale des Aidants, le 6 octobre 2016, La Maison des Aidants-Aidants en mouvement a souhaité donner la parole aux Aidants.

Un sondage spontané a été mis en ligne tout le mois de septembre dans cette intention.

« Ce que veulent les Aidants »

Leur participation, leur énergie pour formuler des propositions, la richesse de leurs contributions confirment la capacité d'observation critique qu'ils ont développée sur le système dans lequel ils évoluent.

Les témoignages exprimés confirment aussi que les Aidants acquièrent une conscience collective du rôle qu'ils jouent dans la société.

Les résultats révèlent des attentes fortes de la part des Aidants.

Leurs nombreuses propositions, nourries par leur expérience, montrent qu'ils n'entendent pas être passifs devant leur sort, mais acteurs dans la définition des réponses à leurs besoins. C'est notamment le cas pour les deux tiers des répondants qui sont concernés par la conciliation entre activité professionnelle et rôle d'aidant

Découvrez maintenant ce que veulent les aidants, les résultats du sondage sont éclairants, vous qui êtes aidant, vous y trouverez des tas d'éléments vous concernant

http://www.lamaisondesaidants.com/que-veulent-les-aidants/

Contact : 05 53 24 32, la maison des aidants

http://www.lamaisondesaidants.com

Que veulent les Aidants ?
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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 08:37

Enquête Que Choisir sur les services d’aide à domicile

Dans leur immense majorité, les personnes âgées souhaitent finir leur vie chez elles, là où elles ont leurs habitudes, leurs souvenirs et leurs repères. Mais lorsque apparaissent des difficultés physiques ou psychiques importantes, le recours à des aides extérieures (auxiliaire de vie, aide ménagère…) devient rapidement indispensable. Les bénéficiaires de ces prestations sont-ils satisfaits du service rendu ? Le nombre d’heures financées par l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) est-il suffisant pour couvrir leurs besoins ? Combien doivent-ils payer de leur poche ? Pour répondre à ces interrogations, un questionnaire a été inséré dans nos newsletters du 11 et 18 février 2016. 375 personnes y ont répondu. Dans six cas sur dix, c’est un de leurs proches qui a rempli le questionnaire.

La population concernée

Du fait de leur espérance de vie plus élevée que celle des hommes, les femmes sont les principales bénéficiaires de l’aide à domicile (76 %). L’âge moyen des femmes qui ont recours à ces services est de 81 ans contre 79 ans pour les hommes. Dans 1 cas sur 4, ces personnes sont classées en Gir 1-2, c'est-à-dire le plus haut degré de dépendance selon la grille Aggir (personnes confinées au lit ou en fauteuil, ayant perdu leur autonomie mentale, corporelle et sociale, ce qui nécessite une présence indispensable et quasi continue des intervenants). Mais un tiers de nos sondés déclarent ignorer le niveau de Gir de la personne bénéficiaire. Un résultat pour le moins inquiétant lorsque l’on sait que les aides publiques dépendent précisément de ce classement (voir encadré).

Les besoins d’aide dans le détail

Les services d’aide aux personnes âgées offrent trois types de prestations : 

  • Les aides à la vie quotidienne (ménage, entretien du linge, préparation des repas, petit bricolage…) sont les plus courantes. 91 % des personnes ayant répondu à notre questionnaire y ont recours.  
  • Les aides à la personne (aide à se lever, se laver, s’habiller, se nourrir, aller aux toilettes, se déplacer dans son domicile, se coucher...) sont également indispensables pour 78 % des sondés.  
  • L’accompagnement, par exemple pour les sorties, la vie sociale, faire des courses, effectuer les démarches administratives, ne concerne que 40 % de nos répondants. On peut supposer que les familles participent davantage à ce type d’activités.

Le besoin d’aide varie en fonction de la perte d’autonomie. En moyenne, les répondants à notre questionnaire bénéficient de 56 h d’aide par mois. Un chiffre qui peut paraître élevé, mais le temps file vite lorsqu’on a besoin d’une assistance pour tous les actes de la vie quotidienne. Même en calculant au plus juste, 2 h 30 d’aide par jour semblent un minimum (lever, toilette et petit déjeuner : 1 h ; déjeuner : 30 min ; goûter 30 min ; dîner et coucher : 30 min). Ce qui correspond grosso modo à 75 h par mois. On est loin du compte pour les 50 % de répondants qui estiment avoir besoin de 27 h supplémentaires ! 

 

Personnes âgées dépendantes : résultat d'une enquête de Que Choisir

Les organismes employeurs

Dans leur immense majorité, les personnes âgées (83 %) préfèrent passer par un service d’aide à domicile, pour plus de commodité. L’organisme prestataire se charge du recrutement du personnel et de toutes les obligations administratives liées au contrat de travail. Il assure la planification des interventions et garantit la continuité du service en prévoyant le remplacement des intervenants (week-ends, vacances, maladie). L’usager n’a qu’à régler la facture. 54 % des répondants s’adressent à une association de services à domicile plutôt qu’à une entreprise commerciale (21 %) ou au centre communal d’action sociale (8 %). Historiquement, les associations ont longtemps été les seuls acteurs du secteur. Elles restent encore largement prédominantes sur ce marché, même si la loi Borloo de 2005 et l’instauration du chèque emploi service (Cesu) ont favorisé la percée des entreprises commerciales et le développement de l’emploi direct. Mais seuls 17 % des répondants ont opté pour cette dernière solution. 

Quel que soit leur statut, les services d’aide à domicile doivent faire signer un contrat au bénéficiaire,  lui remettre un livret d’accueil, déposer à son domicile un cahier de liaison (permettant de garantir la transmission des observations utiles entre les différents intervenants) et réaliser chaque année une enquête satisfaction. Notre enquête montre qu’on est loin du compte, en particulier en ce qui concerne le livret d’accueil (manquant 3 fois sur 10) et le cahier de liaison (manquant près de 4 fois sur 10). L’évaluation de la satisfaction ne semble pas non plus faire partie des habitudes des services d’aide à domicile : moins d’une personne sur 2 déclare avoir été enquêtée…

L’évaluation des organismes. Malgré ces entorses à la réglementation, les organismes prestataires de services remplissent-ils correctement leur rôle d’interface entre l’usager et les intervenantes au domicile ? Sur ce point, les notes des répondants sont contrastées : très positives s’agissant de la facilité de contact ou de la clarté des factures, tout juste correctes pour les remplacements et mitigées dans l’évaluation du traitement des litiges.

Relevés d’heures et plannings. Les services d’aide à domicile sont des prestations comptabilisées en heures. Leur relevé est un moyen de contrôle d’autant plus important que l’on s’adresse à un public âgé et dépendant. Les contestations sur le volume d’heures facturées sont d’ailleurs la principale cause de litiges. Près d’un tiers des répondants y est confronté une à plusieurs fois par an, voire tous les mois (2 %). Pour 44 % des personnes sondées, le relevé d’heures est noté par l’intervenante à chaque intervention sur un cahier de présence, signé en fin de mois par le bénéficiaire. Mais ce système tend à être remplacé par le pointage électronique (39 % des répondants). Aujourd’hui, la plupart des conseils départementaux, principaux financeurs des services d’aide à domicile, l’exigent. Concrètement, l’intervenante doit pointer à chaque début et fin d’intervention, en badgeant avec son téléphone mobile ou en utilisant le téléphone fixe du bénéficiaire. Avantage : le responsable administratif est informé, à distance, et en temps réel, de la présence de l’auxiliaire de vie.  Inconvénient : ce système manque de souplesse. Si l’intervenante dépasse un peu les horaires, parce qu’elle a pris le temps de boire un café, ou de bavarder avec la personne âgée, ces quelques minutes d’échange, pourtant essentielles à la relation humaine, seront enregistrées… et facturées. 

La qualité du service

Un nombre trop important d’intervenants déstabilise les personnes âgées dépendantes. C’est, hélas, souvent le cas lorsque le volume de l’aide à domicile dépasse 50 h par mois. Ainsi 32 % des répondants voient passer chez eux 4 auxiliaires de vie ou plus sur cette période de référence !

Ce n’est un secret pour personne que plus on avance en âge, plus on se coupe du lien social. Pour les personnes âgées qui vivent seules chez elles, l’auxiliaire de vie est souvent la seule présence de la journée. Pas étonnant que leur qualité d’écoute et leur gentillesse (8,1/10) soient très appréciées par les usagers. En revanche, l’efficacité à accomplir les tâches demandées suscite des jugements un peu plus mitigés (7, 3/10).

L’épineuse question des malveillances. Fragilisées par l’altération de leurs capacités, les personnes âgées sont particulièrement exposées aux actes de malveillance. 16 % des répondants font état de vols ou de préjudices financiers et 12 % de violences verbales ou psychiques : des maltraitances qui, bien souvent, se cumulent, et se rencontrent plus fréquemment lorsque les organismes n’enquêtent pas auprès de leurs clients.

Les tarifs

À raison de 13 €/h en moyenne, l’emploi direct est nettement moins onéreux que les services d’aide à domicile dont les tarifs incluent les frais administratifs et de gestion du personnel. Deuxième constat : à raison de 22 €/h en moyenne, les entreprises commerciales pratiquent des prix plus élevés que les associations (20 €/h), en partie en raison de leur assujettissement à la TVA. Elles offrent, en revanche, une gamme de services plus étendus (interventions le week-end et les jours fériés, gardes de nuit…). Les écarts se creusent d’autant plus que le volume d’heures est important. Pour 70 h d’aide mensuelle, par exemple, la facture passe de 910 € en emploi direct à 1 400 € si on s’adresse à une association, et à 1 540 € à un organisme commercial. Des montants incompatibles avec le niveau moyen des retraites en France.

Les aides financières

Depuis des décennies, les pouvoirs publics encouragent pourtant le maintien à domicile des personnes âgées. Au nom d’un intérêt bien compris, car cette solution leur coûte moins cher que l’hébergement  en maison de retraite et représente un important gisement d’emplois. La mise en place, depuis 2002, de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile va dans ce sens.   Cette prestation sert à couvrir les dépenses liées à la perte d’autonomie (aide ménagère, auxiliaire de vie, portage des repas, téléassistance) à l’exclusion des soins médicaux qui sont pris en charge par l’assurance maladie.  Gérée par les départements, l’APA est « universelle » mais le montant du plan d’aide financé par le conseil général varie selon les revenus du bénéficiaire et son degré de dépendance (évalué selon la grille nationale Aggir, voir encadré). Mais force est de constater que les sommes allouées ne sont pas à la hauteur des besoins. Le cas de Marie-Rose est emblématique à cet égard. À 103 ans, et malgré une perte d’autonomie presque totale, la vieille dame vit toujours chez elle. Le plan d’aide proposé par le conseil départemental lui alloue, via l’APA, 48 h par mois d’aide à domicile, mais le ticket modérateur qui reste à sa charge s’élève à 336 € auxquels s’ajoute le financement à 100 % de 18 h complémentaires, soit 696 €, ainsi que 300 € pour le portage des repas. Si l’on ajoute les frais incompressibles (mutuelle, taxe foncière, produits d’hygiène, entretien de la maison…), le montant qu’elle doit débourser chaque mois représente environ 1 800 €, soit presque le double de sa pension de retraite (900 €). 

Cette situation est loin d’être une exception. Selon notre enquête, le reste à charge moyen est de 600 € par bénéficiaire. La valeur médiane (300 €) reflète les très fortes disparités constatées dans les réponses, le reste à charge le plus important dépassant 6 000 € par mois ! Autre indicateur alarmant : dans 26 % des cas, le reste à charge dépasse le tiers des ressources totales du bénéficiaire et dans 16 % des cas, il représente même plus de la moitié de ces ressources. Cette carence chronique de prise en charge des prestations et les niveaux beaucoup trop bas de prise en charge par l’État des besoins d’aide à domicile ressort également des montants de l’APA perçus par nos répondants. Alors que nous avons évalué la dépense mensuelle moyenne attendue à 1 500 € pour une personne en perte totale d’autonomie (Gir 1- Gir 2), ils ne sont que 5 % à percevoir plus de 1 000 €, alors que 25 % déclarent être dans cette tranche de dépendance. Toujours selon notre panel de réponses, l’allocation mensuelle moyenne versée par les conseils départementaux est inférieure à 250 € pour 43 % des répondants ! Les autres perçoivent une allocation mensuelle située entre ces deux extrêmes. Certes, avec la récente loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV), le gouvernement s’est engagé à donner un coup de pouce à cette prise en charge en augmentant le plafond des plans d’aide au titre de l’APA et en modulant le ticket modérateur, mais le montant de l’enveloppe budgétaire débloquée risque de n’être qu’une goutte d’eau dans l’océan des besoins. 

La grille Aggir, référentiel de calcul de la dépendance

Le montant de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) est fonction du degré de dépendance de la personne âgée. Dans le mois qui suit la demande d’APA, une équipe médico-sociale se rend au domicile du demandeur afin d’évaluer sa perte d’autonomie selon la grille nationale Aggir. Ce référentiel comprend 6 niveaux de dépendance, calculés à partir du constat des activités pouvant être effectuées ou non, sans être aidé. Seules les personnes classées en Gir 1 à 4 (groupe iso-ressources allant du plus au moins dépendant) peuvent obtenir l’APA. Un plan d’aide leur est alors proposé, calculé en fonction de leur dépendance, de l’estimation des services dont elles ont besoin et du montant de leurs revenus. Depuis l’entrée en vigueur de la loi ASV, le montant mensuel maximum de l’allocation varie de 1 713 € (Gir 1) à 663 € (Gir 4). Le ticket modérateur à la charge du bénéficiaire varie de 0 % pour les personnes dont le revenu net est inférieur à 800 € par mois pour culminer à 90 % de reste à charge pour les personnes dont le revenu excède 2 913 € mensuels. 

Florence Humbert avec Grégory Caret dans que Choisir

http://www.quechoisir.org/services-vie-sociale/vie-privee-societe/seniors/actualite-personnes-agees-dependantes-infographie-votre-avis-sur-les-services-d-aide-a-domicile?utm_medium=email&utm_source=nlh&utm_campaign=nlh160421

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 08:57

Margot a 22 ans et nous a écrit une lettre sur la mort de Germain, son grand-père, âgé de 92 ans et atteint d'un cancer généralisé. Nous reproduisons en intégralité ce texte qui interroge sur le droit à mourir dans la dignité.

journal Notre temps 6 avril 2016

Madame, Monsieur,

Je vous écris la présente parce que mon grand-père, Germain, fidèle lecteur de votre magazine, est décédé. Il s’est suicidé. À 92 ans. Pendu dans la nuit du 20 au 21 mars 2016. Je vous écris parce que j’aimerais que les choses changent.

Mon grand-père était un homme fort, vif, bienveillant et aimant. Garçon boucher puis contremaître, il a œuvré toute sa vie pour que les siens ne manquent de rien. Six jours sur sept, dix heures par jour, depuis ses 14 ans. Il est tombé malade à la fin de sa vie. Depuis plusieurs années, il avait un cancer de la prostate. Il l’ignorait. Il ne fallait pas poser le mot "cancer" sur sa maladie, encore moins le mot "généralisé". Cela n’était pas plus mal: à 56 ans, il a vu l’amour de sa vie, Jeanne, ma grand-mère, s’éteindre après sept années de souffrances dues à un cancer du sein. Sa douleur l’avait horrifié. Il était marqué par ce drame. Il en pleurait encore.

Mais à plus de 90 ans, il a lutté. Jusqu’au bout, il a gardé toute sa tête, sa mémoire, son entrain et sa gaieté. Il a lutté jusqu’à n’en plus pouvoir. Il ne s’est jamais plaint ouvertement de la douleur, sauf à la fin. Des métastases dans les os le faisaient souffrir, il se plaignait uniquement auprès de mon frère, pour que celui-ci le masse. Cela le soulageait un peu. Il tenait à sa dignité. Mais il tenait surtout à nous protéger, moi, sa petite-fille, mon frère et ma mère.

Nous avons vécu auprès de lui de nombreuses années. Depuis le divorce de mes parents – j’avais 3 ans, j’en ai 22 aujourd’hui –, nous vivions chez lui. Il nous avait recueillis, comme des oisillons tombés du nid. Il ne voulait pas que ceux qu’il a élevé le voient souffrir et souffre pour lui. Dans des conditions glaçantes, il s’est pendu, à l’aube de ses 93 ans.

Je vous écris parce que je voudrais que cela change. Mon grand-père ne méritait pas cela. L’homme qui m’a élevé, qui m’a donné tout ce que j’ai et fait de moi celle que je suis méritait une mort digne. Ma maman ne méritait pas non plus de trouver, un lundi matin, son papa pendu à la potence de son lit médicalisé. Mon frère ne méritait pas de perdre son modèle, son repère, dans de telles conditions. Personne ne méritait rien. Mais en France, on ne peut pas mourir sereinement, en paix, entouré des siens, comme en Suisse ou en Belgique. Je voudrais que sa mort, sa délivrance, serve. Je voudrais qu’on prenne conscience des choses.

La mort n’est et ne doit pas être tabou. On doit pouvoir choisir de s’éteindre paisiblement, lorsque l’on sait que seule la souffrance nous attend, tapie dans l’ombre. Interdire l’euthanasie des personnes condamnées ne crée que de la souffrance. Je voudrai que sa mort permette de faire avancer la législation. Je voudrai qu’on laisse le choix aux personnes malades, qu’on permette à nos aïeux de ne pas souffrir devant leurs petits-enfants et leurs enfants. Le suicide ne devrait pas être leur seule échappatoire. La dernière image que nous devrions garder de notre grand-père et de notre père ne devrait pas être celle d’un pendu. Je ne devrais pas frémir en voyant une cordelette. Passer le seuil de la maison de mon grand-père, où j’ai passé mon enfance, ne devrait pas me glacer le sang, m’évoquer sa mort.

Je vous écris parce que je pense que ces considérations peuvent toucher vos lecteurs, peuvent vous toucher. On ne parle pas assez de ce sujet, on ne pense pas assez à ces personnes souffrantes. Un vieil homme de 92 ans a dû rassembler ses dernières forces pour se donner la mort plutôt que de les consacrer à serrer les siens dans ses bras, une dernière fois. Après une vie à donner aux autres, j’aurais voulu qu’on lui donne une belle mort.

Saint-Omer, le 29 mars 2016. Margot Ducarin.

Publié dans Notre temps du 6 avril 2016

http://www.notretemps.com/famille/temoignage-ecris-voudrais-cela-change,i111920

 

Témoignage: "Je vous écris parce que je voudrais que cela change"
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