Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : OR GRIS : Seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges
  • OR GRIS : Seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges
  • : Blog de l’association Or Gris (cf. page) : diffuse des initiatives de retraités sont "acteurs", des informations sur le vieillissement et le vivre inter âge (cf. catégories). planodile@orange.fr
  • Contact

Recherche

Archives

15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 10:09

Alors que la part des retraités qui envisagent de vivre à l’étranger ne cesse d’augmenter, un sondage réalisé par le Crédoc à la demande du magazine « notre temps » révèle quant à lui qu’un Français sur deux serait tenté par un changement de région à l’heure de la retraite. Toutefois, s’il est plus facile de déménager dans l’hexagone que de s’expatrier, le projet doit être minutieusement préparé pour ne pas tourner au cauchemar !

Des motivations très différentes

Le passage à la retraite marque une période bien particulière de la vie. Si la retraite se caractérise de nos jours par la mise en place de grands projets de vie, elle met aussi en évidence certains bouleversements significatifs tant au niveau social que financier. Il y a encore quelques années, les raisons d’un déménagement en province étaient le plus souvent motivées par un besoin de retour dans sa région d’origine, de jouir à temps complet d’une résidence jusque-là secondaire ou encore de se rapprocher d’un climat plus clément. Pourtant on voit apparaître aujourd’hui une nouvelle catégorie de candidats à l’exil régional. Une catégorie constituée de Français moyens qui, face à la baisse de leur pouvoir d’achat, se dirigent en province pour des raisons purement économiques.

Car la question financière est quoi qu’on en dise un aspect primordial pour des milliers de retraités. Qu’ils soient propriétaires ou non, beaucoup d’entre eux voient leurs dépenses de logement ou d’impôts locaux devenir des freins à une bonne qualité de vie. Issus majoritairement des grandes agglomérations où les loyers deviennent prohibitifs, ils constatent que des logements similaires au leur sont bien plus abordables dans des villages ou villes moyennes.

Les principaux critères à retenir

D’après les sondages, le logement arrive en première position des préoccupations des seniors. Mais beaucoup d’autres aspects revêtent une certaine importance selon les personnes interrogées. En dehors de l’habitat, on compte 6 grands critères pour définir l’endroit où elles aimeraient vivre :

1. Le cadre de vie général : douceur du climat, niveau de pollution, proximité de la mer, de la montagne ou d’espace verts ainsi que la sécurité.

2. La santé est également prise en compte : présence au niveau local de structures médicales comme les hôpitaux, centres de soins, maisons de retraite mais aussi bonne implantation de médecins généralistes et spécialistes ou encore celle d’infirmiers.

3. Le lien socio-économique : Il est défini par la proximité de commerces, de membres de la famille, d’amis ou de voisins qui permettent de ne pas s’isoler. La présence d’administrations, d’associations ou encore de sociétés de services à la personne pour garantir un maintien à domicile en toute sécurité.

4. Les transports : Leur présence est importante pour ceux qui n’ont pas de véhicule. Le nombre de lignes de transport urbain (tramways, bus, trains) ainsi que leurs tarifs est un élément majeur pour se déplacer sans contrainte.

5. La culture : Etre la retraite n’implique pas de se couper des activités comme le cinéma, les spectacles, les bibliothèques, musées ou lieux d’expositions.

6. Le sport : Résider dans une ville dynamique et sportive peut aussi avoir son importance pour beaucoup de retraités. La présence de clubs seniors et d’associations, d’infrastructures sportives telles que piscines, stade, gymnase et pistes cyclables sont autant d’atouts, non seulement pour garder la forme mais également participer à la vie de la commune.

Habiter en ville ou dans un village ?

Après plusieurs décennies passées dans une grande métropole, on a bien souvent envie de retrouver le calme de la campagne ou de savourer les paysages du bord de mer. Le réflexe de bon nombre de seniors est de se rapprocher de régions qu’ils connaissent déjà (souvent celles d’où ils sont originaires où encore celles où ils avaient l’habitude de passer leurs vacances). On a cependant tendance à oublier qu’en hiver et en automne ces endroits n’ont parfois plus les mêmes charmes qu’en été. Si certaines villes sont prises d’assaut au premier rayon de soleil, elles sont régulièrement désertées en basse saison et voient beaucoup de commerces fermer leurs portes. Dans ce cas, le calme tant désiré peut s’avérer plus pesant qu’on ne le pensait !

Bénéficier d’un coût de la vie plus avantageux sans pour autant s’isoler est la clé. On retrouve généralement cette bonne adéquation dans les villes de taille moyenne. Preuve en est, les communes dont le nombre d’habitants est compris entre 10 000 et 20 000 ont la faveur des seniors retraités.

La région idéale ?

Sa nouvelle région d’adoption dépend bien entendu des critères que l’on fait passer en priorité. On note cependant que pour les habitants du bassin parisien, les villes de Normandie et des bords de Loire sont très prisées. Elles ont l’avantage d’être proches de la capitale tout en conservant leur charme provincial.

Une autre tendance, plus nationale, voit un engouement pour les grandes villes de l’Ouest de la France. De la côte Bretonne à la côte Basque, des villes comme Brest, Nantes, La Rochelle, Bordeaux ou encore Bayonne ont recensé un fort accroissement de l’implantation de retraités. L’air vivifiant de l’Atlantique n’y est peut-être pas étranger mais leur succès tient avant tout à des prix de logements abordables (en comparaison avec les villes du Sud-Est).

Enfin, depuis 2010, les départements du Lot, du Var ou des Pyrénées-Orientales estiment à 34% la part des pensions de retraites dans le revenu déclaré à l’administration fiscale (contre 23,5% en moyenne sur l’ensemble du territoire*). Ce qui prouve que malgré des coûts un peu plus élevés, le taux d’ensoleillement et la douceur de vivre du Sud de la France font encore recette.

Publié le 27 février 2017 par l’écho des Seniors

http://l-echo-des-seniors.fr/2017/02/27/un-francais-sur-deux-pense-demenager-a-sa-retraite/

Un Français sur deux pense déménager à sa retraite
Repost 0
3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 12:03

« Les stéréotypes ont la vie dure… et pèsent sur nos compétences d’une manière insoupçonnée », pourrait-on ajouter. Une assertion que la psychologie sociale démontre, et un objectif : libérer les personnes âgées du joug des stéréotypes pour favoriser leurs capacités. Article publié dans le numéro 269 du journal de mars 2017 de l’Université de Franche-Comté.

Qu’on les appelle abruptement « les vieux » ou avec plus de délicatesse « les seniors » n’y change rien : les stéréotypes négatifs collent aux baskets et aux déambulateurs des plus de 65 ans, comme pour de nombreux groupes sociaux.

Sauf que celui-là présente la particularité d’être regardé, voire jugé par des individus qui un jour y entreront, chargés de tous les messages dommageables accumulés au cours de leur vie. C’est un processus que la psychologie décrit sous le vocable « internalisation du stéréotype ».

La personne a eu le temps d’intégrer toutes les représentations liées au vieillissement, au point de les faire siennes au moment où elle arrive à cette étape de son existence. « Les stéréotypes créent la réalité », résume Marie Mazerolle, enseignante-chercheure en psychologie à l’université de Franche-Comté, et qui fait de ces questions le sujet phare de ses travaux.

« Et plus les gens ont une vision négative, plus ils ont tendance à s’y conformer. Cela a des conséquences sur la volonté de s’engager dans des activités physiques, sur l’apparition de dépressions, et même sur l’espérance de vie ».

Un autre mécanisme entre en jeu, celui de la « menace du stéréotype », qui voit les gens perdre leurs moyens selon un processus contreproductif : la crainte de confirmer la mauvaise réputation de leur groupe social, en répondant mal à ce qu’on attend d’eux, a un effet délétère sur leurs performances. Ce processus, mis en évidence par des psychologues américains dans les années 1990, a été validé auprès de différents groupes sociaux marqués par le jugement : les Afro-américains considérés moins intelligents que les Blancs, les personnes âgées perdant la mémoire au fil du temps…

Des compétences sous pression

Les études portent sur deux groupes, l’un soumis à la menace (on va mesurer votre compétence par rapport à votre âge), l’autre mettant en scène des paramètres extérieurs (la situation dans laquelle vous êtes peut influencer votre performance, engendrer du stress, sans pour autant que cela soit lié à vos compétences).

« Dans la majorité des cas, les performances des répondants sont nettement supérieures lorsqu’on réduit le stress social. » L’intelligence et les performances intellectuelles des Noirs et des Blancs redeviennent identiques, et les défauts de mémorisation des personnes âgées se réduisent.

Les travaux de Marie Mazerolle portent à la fois sur la menace et l’internalisation des stéréotypes, sur les interactions potentielles entre les deux mécanismes, et sur les ressorts gouvernant ces phénomènes. La scientifique participe à un programme national visant à mettre en évidence le poids des stéréotypes dans le diagnostic de démence des personnes âgées, un enjeu d’autant plus important que 70 % des personnes jugées susceptibles de développer une pathologie dégénérative de type Alzheimer, ne déclarent jamais une telle maladie.

Marie Mazerolle oriente par ailleurs ses recherches sur les performances motrices, afin de voir quelle est la prégnance du stéréotype dans des situations aussi usuelles que la marche. Des expériences comparatives viennent de démarrer au laboratoire, inaugurant un projet qui devrait rendre ses premières conclusions dans dix-huit mois environ.

Publié par Senioractu du 17 février 2017

http://www.senioractu.com/Les-stereotypes-sur-les-aines-renforcent-les-effets-du-vieillissement_a19750.html

 

 

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Vieillissement - transition démographique Société
commenter cet article
1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 10:00

L'équipe des "Maisons partagées a décidé de créer un laboratoire des solutions citoyennes et humanistes d'accompagnement au vieillissement.

Ils veulent aller plus loin sur leur territoire en Midi Pyrénées.

Josette est directrice de maison de retraite et une militante de "la non-marchandisation de l'être humain ! "

Pour accompagner le vieillissement tout en étant proche de ses valeurs, Josette a décidé de placer la vie au cœur de son activité. Elle s'est entourée d'une équipe de professionnels pluridisciplinaire et engagés. Ensemble, ils innovent à tire larigot :

  • Ils ont mis en place des lieux de vie : maison en colocation pour les personnes handicapées vieillissantes trop en forme pour aller en maison de retraite
  • Josette a inventé les " maisons partagées pour personnes agées". Une colocation pour seniors trop en forme pour aller en maison de retraite

Le projet est pensé "territorial". Les lieux (EHPAD, lieux de vie et maisons partagées) sont répartis sur 70km et inter-agissent. Les résidents des différents lieux se rencontrent. Il est possible et courant qu'un résident déménage d'un lieu à l'autre car cela correspond à son projet de vie

  • Le encadrants ne sont pas cantonnés à une seule fonction. "Une soignante n'est pas qu'une soignante, elle doit aussi être présente dans la vie quotidienne et les bons moments"
  • Les équipes ont une liberté d'action et la confiance des dirigeants pour laisser place à la créativité
  • Les différents lieux d'accueil ont tous des animaux et les nouveaux résidents emménagent avec leurs animaux
  • Les équipes font tout pour conserver un sentiment d'utilité sociale et rester dans "le faire"
  • L'accompagnement se fait au plus près du projet de vie des résidents
  • Ils accueillent les besoins affectifs des résidents en leur permettant d'avoir une vie intime (fiancailles, sexualité...)
  • Aucun lieu n'est fermé, les résidents peuvent aller et venir en toute liberté (pas de clôtures, de serrures ou de digicodes)

Résultats : Pierre a retrouvé l'usage de ses jambes et de la parole, Odette a pu sortir des établissements pour aller vivre en famille d'accueil, Mireille a évité de justesse la maison de retraite pour trouver une solution plus autonomisante : la maison partagée, François s'est transformé lorsqu'il a quitté l'EHPAD pour venir vivre en maison partagée.

Dans les lieux de vie, la prise d’anxiolytiques a été réduite de moitié, le psychiatre ne visite plus et ne prescrit plus de médicaments. Les habitants des maisons partagées (alors qu'ils sont seuls la nuit) n'ont aucune angoisse nocturne.

Toutes ces pratiques permettent donc la réduction des coûts ce qui permet de faire de grosses économies.

A terme, Josette et sont équipe souhaitent dupliquer leurs pratiques.

http://www.onpassealacte.fr/initiative.accompagner-au-vieillissement-autrement.personnes-agees-intergenerationnel.91760559552.html

Il est évident que Or Gris est en relations suivies avec Josette et son équipe !! On vous en reparlera…

Repost 0
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:20

Florence est aide-soignante. Blogueuse influente, elle partage aujourd'hui avec nous un joli billet, sensible et engagé comme elle l'est elle-même ; une projection dans le temps à laquelle on ne peut qu'adhérer… car vieille ou vieux, nous le serons toutes et tous un jour… alors !

Aide-soignante et blogueuse « Soignante en devenir »

Quand je serais vieille…
Le droit d'être moi… même vieille

Le droit d'être moi… même vieille

Florence est aide-soignante. Blogueuse influente, elle partage aujourd'hui avec nous un joli billet, sensible et engagé comme elle l'est elle-même ; une projection dans le temps à laquelle on ne peut qu'adhérer… car vieille ou vieux, nous le serons toutes et tous un jour… alors !

Aide-soignante et blogueuse « Soignante en devenir »

http://www.soignanteendevenir.fr/2016/07/quand-je-serai-vieille.html

 

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Société Vieillissement - transition démographique
commenter cet article
10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 10:00

Le dernier bilan démographique de l’Insee, celui de 2016, vient tout juste de paraitre. Ainsi, selon ces toutes dernières estimations, la France comptait au 1er janvier 2017, 66.99 millions d’habitants soit une hausse de 0.4% de la population. Autre chiffre intéressant, l’espérance de vie à la naissance a de nouveau progressé en 2016 avec 85,4 ans pour une femme et 79,3 ans pour un homme.

C’est une tradition, à chaque début d’année, l’Insee dévoile ses chiffres démographiques de l’année précédente. Ainsi, selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques, la France comptait exactement 66.991.000 habitants au 1er janvier 2017. Soit une hausse de 265.000 personnes (0.4%).

Selon l’Insee, « cette croissance, identique à celle observée en 2015, est essentiellement due au solde naturel » ce qui correspond en fait à la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès. « Néanmoins, le solde naturel est inférieur à celui de 2015 et il est le plus faible enregistré depuis 1976 » précise l’organisme statistique dans son communiqué.

Autre point saillant de cette enquête : la population française continue de vieillir. Au 1er janvier 2017, les personnes de 65 ans ou plus représentaient 19,2% de la population, soit trois points de plus que dix ans auparavant et quatre points de plus que vingt ans plus tôt ! Bref, la société se « seniorise », et ce n’est pas fini.

Toutefois, précise l’Insee, la proportion des 65 ans ou plus -en France- est légèrement plus faible que la moyenne européenne : 18,9% au 1er janvier 2015 au sein de l’Union européenne, contre 18,4% en France à la même date. A noter que l’Italie reste le pays le « plus vieux d’Europe », celui où le poids des seniors est le plus élevé (21,7%). En revanche, l’Irlande est le « pays le plus jeune », celui où la proportion des plus de 65 ans est la plus faible avec seulement 13%.

Parmi les points saillants de cette étude, il faut savoir qu’en 2016, l’espérance de vie à la naissance a de nouveau progressé ; elle avait reculé en 2015. L’espérance de vie des femmes retrouve en 2016 son niveau de 2014 et celle des hommes augmente de 0,1 an par rapport à 2014. De fait, elle s’élève à 85,4 ans pour une femme (versus 85 en 2015) et à 79,3 ans pour un homme (versus 78,9 en 2015).

A noter également que l’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes continue de se réduire : il était de 7,9 ans en 1996, de 7,1 ans en 2006 ; il est désormais de 6,1 ans en 2016. Il reste toutefois important par rapport à d’autres pays européens. Ainsi, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, à Chypre et en Suède, cet écart entre les hommes et les femmes était de 4 ans en 2014 (6,2 ans pour la France en 2014). À l’inverse, environ dix ans d’espérance de vie séparent les hommes et les femmes dans les trois pays baltes. Rappelons qu’en 2014, pour les femmes, l’espérance de vie à la naissance était la plus élevée en Espagne et en Italie (86 ans) ; pour les hommes, elle culminait en Italie et à Chypre avec 81 ans.

Autres points importants : l’espérance de vie à 60 ans progresse à nouveau, après avoir elle aussi diminué en 2015 : dans les conditions de mortalité de 2016, un homme de 60 ans peut espérer vivre encore 23,2 ans en moyenne, soit 0,1 an de plus qu’en 2014. L’espérance de vie à 60 ans pour les femmes est de 27,6 ans, inférieure de 0,1 an à celle de 2014.

Enfin, toujours selon l’Insee, le nombre de décès a légèrement baissé en 2016 (-1%) par rapport à 2015. De fait, l’année 2015 avait été marquée par un niveau de mortalité jamais atteint depuis l’après-guerre avec 600.000 personnes décédées. Malgré la légère baisse observée en 2016, le nombre de décès reste toutefois élevé du fait de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité...

http://www.senioractu.com/Un-verre-de-sang-frais-pour-rajeunir_a19576.html

Un senior peut en cacher un autre…

Un senior peut en cacher un autre…

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Vieillissement - transition démographique
commenter cet article
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 10:25

Au rythme où ça va, dans 50 ans, nous serons tous centenaires… enfin presque ! En 2070, c’est l’INSEE qui le dit, la France comptera soit 13 fois de centenaires qu’aujourd’hui...

Réécoutez l'émission "Demain la veille" passée sur France Inter le 8 janvier 2017https://www.franceinter.fr/emissions/demain-la-veille/demain-la-veille-08-janvier-2017 

Voici le survol des interventions et références : 

Un futur où, aujourd’hui, nous serions-tous des Robert Marchand, 105 ans au compteur, 22 km/h à vélo, un record établi cette semaine, le sien, de record, peut-être bientôt le nôtre… Oui, peut-être serons-nous un jour tous des Robert Marchand, pédalant sur les années, surfant sur la longévité, courant sur le temps avec des ailes au pied et un drôle de moteur dans le ventre…

On appellera ça optimisme, pulsion de vie, goût de la vie, d’une vie saine où on aurait pris soin de soi, suffisamment pour vivre longtemps, très longtemps…

Oui car… L’espérance de vie s’allonge, au moment où on se parle… Et au rythme où ça va, dans 50 ans, nous serons tous centenaires… Enfin presque.

D'après la dernière projection de l’INSEE, en 2070, dans un demi-siècle donc, la France comptera 270 000 centenaires, soit 13 fois plus qu’aujourd’hui, et c’est déjà pas mal !

Dans l’idée, dans l’absolu. Si c’est cent ans en bonne santé. Si c’est cent ans pour s’aimer. Cent ans de solitude, c’est tout de suite un peu plus compliqué…

En tous cas, vivre centenaire, ça change quoi ?

Dans notre rapport à l’âge, au corps, au travail, au temps qui passe ? A quoi ressemble un monde, une ville, avec 25% de seniors ? D’ailleurs, est-ce qu’on dit senior, ou est-ce qu’on dit vieux ? Oui, mais qui est vieux, si on est tous centenaires ? Jusqu’à quand et comment peut-on rester jeune ? Et si… Et si jeune comme vieux n’étaient plus des notions biologiques ? Si la science, comme la technique, pouvaient faire de l’âge une simple question de point de vue ?

Aïe… La porte de la prospective est ouverte, elle est toujours vertigineuse, alors hop hop hop, on y va !

Et pour nous accompagner dans le futur, au présent avec nous pendant toute l’heure, Nous accueillons :

- Françoise Forette, médecin, professeur en gériatrie, directrice du Centre International de la Longévité et auteure, en autre, de « J’ai choisi de bien vieillir », aux éditions de l’Archipel.

- Serge Guérin, socilogue, et co-auteur du livre avec Pierrre-Henri Tavoillot de « La guerre des générations aura-t-elle lieu ? », à paraître la semaine prochaine chez Calman Lévy

- Joël de Rosnay, biologiste et prospectiviste, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Son dernier ouvrage : « Je cherche à comprendre, les codes cachés de la nature », aux éditions « Les liens qui libèrent ».

Et le reportage de Léa Minod en compagnie d'Annick, une vieille dame pimpante.

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Vieillissement - transition démographique
commenter cet article
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 09:07

Le débat OCIRP "Autonomie" s’est tenu le 24 janvier 2017 à Paris, à la Maison de la radio  ; Or Gris y assistait.

Au programme on pouvait trouver :

• Les enjeux de l’autonomie aujourd’hui et demain : état des lieux, enjeux démographiques, économiques et sociaux. La voix du web.

• Les attentes des particuliers, des salariés, des délégués syndicaux et des DRH : le Baromètre OCIRP Autonomie.

• Les réponses des acteurs de la protection sociale complémentaire : les innovations et la vision d’AG2R La Mondiale, Humanis, Klesia, Malakoff Médéric, du CTIP et de l’OCIRP.

• Les réponses des politiques - Election présidentielle française : quelles propositions pour l’autonomie ? Débat prospectif autour de l’enquête du journal Le Monde.

Participaient au débat : Michèle Delaunay, ancienne ministre, Pascal Beau, directeur d’Espace Social Européen, Françoise Forette, Professeure de médecine interne et de gériatrie, Jean-Luc Gambey, Mouvoo, Agnès Gramain, économiste, Serge Guérin, sociologue, Laurent Guimier, directeur de France Info, Jean-Manuel Kupiec, directeur général adjoint de l’OCIRP, Patrick Lelong, journaliste à France Info, Jérôme Porier, journaliste au Monde.

Les échanges ont souligné l’importance primordiale de la prévention, objet de partage principal d’Or Gris. La problématique des aidants a eu toutes place qu’elle mérite dans ces débats. Cela ne portait pas que sur la "prise en charge" …

Bref, beaucoup des données intéressantes ; Or Gris suivra l’OCIRP avec intérêt.

Retrouvez les données présentées sur le baromètre OCIRP

http://www.ocirp.fr/actualites/barometre-autonomie-ocirp-france-info-le-monde

OCIRP : Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance

En articulation avec cette rencontre , et en reprenant une partie des informations présentées, Le Journal Le Monde dans les cahiers ECO&ENTREPRISE propose un dossier « Dépendance » dans son édition d’aujourd’hui, mercredi 25 janvier 2017 : « La France face au défi vieillissement … », avec en prime, le décryptage des projets des principaux candidats à la présidentielle pour la prise en charge de la dépendance.

Procurez le vous vite !!!

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Vieillissement - transition démographique
commenter cet article
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:24

Les éditions Calmann-Levy publient ce jour le nouvel essai de Serge Guérin et Pierre-Henri Tavoillot qui posent la question suivante : La guerre des générations aura-t-elle lieu ? Un livre de 250 pages (17 euros) qui montre que les générations ne sont pas opposées et que les coopérations existent et qui propose par ailleurs des pistes concrètes pour faire vivre l’intergénération.

Dans une France en profonde mutation, dans une société de l’individu, la question des liens entre les générations est centrale. Le discours ambiant est largement marqué par la conviction que les générations s’opposent en termes économiques et de revenus, et qu’elles s’éloignent, en particulier sous l’effet des nouvelles technologies. Enfin, l’émergence de la Génération Y, et bientôt de la Z, serait la manifestation que les générations seniors sortent de l’histoire alors que les plus jeunes inventent un autre monde.

Dans cet ouvrage, les deux auteurs vont à rebours du discours pessimiste et facile marqué par le sempiternel « c’était mieux avant ». Pour le sociologue et le philosophe, il ne s’agit en rien de nier la violence de notre époque, ni de détourner le regard sur une société qui s’interroge, mais de montrer que, contrairement au discours ambiant qui voit l’opposition là où elle n’est pas, la question des générations reste une problématique positive dans le corps social.

Pour ce faire, les auteurs se sont appuyés sur quatre enquêtes et études récentes, dont deux qu’ils ont initiés, sur leur réflexion menée depuis de nombreuses années et sur leur connaissance et pratique de nombreuses expériences. Ils montrent -de manière très convaincante- que l’intergénération a ceci d’intéressant qu’elle existe au-delà de toutes nos différences de conviction, religieuse et plus largement, idéologique.

Elle est d’ailleurs souvent très forte au sein des communautés traditionnelles, et bien sûr, avant toute chose au cœur de la famille. C’est ce vécu de chacun, au sein de sa propre famille, qui donne son caractère universel et si facilement compréhensible à cette notion d’intergénération. Au sein d’une famille, les parents transmettent leurs histoires, leurs valeurs, leurs codes de conduite à leurs enfants, et ils s’enrichissent de ce que leurs enfants leur apportent, du moins quand tout se passe bien.

« La réciprocité, l’entraide et la transmission des savoirs et savoir être, semblent devoir trouver leur place naturelle entre les générations qui composent une famille, et j’y inclue bien sûr les grands-parents ou même les arrière-grands-parents au niveau de la mémoire commune » souligne Serge Guérin avec sa verve habituelle.

Et de poursuivre : « le concept d’intergénération étend ce lien indiscutable à l’ensemble de la société, par l’école évidemment où tout passe par cette transmission entre générations, mais aussi par tous les mécanismes d’entraide et d’accompagnement social, par les petits services que chacun se rend entre voisins, et plus largement par ce sentiment d’une histoire commune à transmettre et à enrichir par les échanges entre les citoyens de tous âges et de toutes conditions ».

D’autre part, cet essai propose aussi des pistes concrètes pour faire vivre l’intergénération et contribuer à faire bouger le pays : service civique senior ; interdiction du cumul mandat dans le temps ; droit au répit professionnel ; allocation universelle et réciprocité ; Erasmus de l’apprentissage ; valorisation des métiers service à la personne ; ministère des Âges de la vie et de l’intergénération ; expérience de bénévolat intergénérationnel obligatoire et noté ; création d’un indicateur de qualité intergénérationnelle , défiscalisation des investissements des retraités dans la création d’entreprise intergénérationelle et le fait de penser le temps de travail sur toute la vie.

http://www.senioractu.com/La-guerre-des-generations-aura-t-elle-lieu-de-Serge-Guerin-et-Pierre-Henri-Tavoillot_a19638.html

 

La guerre des générations aura-t-elle lieu ? un ouvrage de de Serge Guérin et Pierre-Henri Tavoillot
Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Inter Génération Vieillissement - transition démographique
commenter cet article
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:10

Pour Serge Guérin, nos aînés n’ont pas de secrets. Ce sociologue qui les observe et les écoute depuis longtemps siège au conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et au Haut Comité de la famille, de l’enfance et de l’âge au titre des personnalités qualifiées.

Le salon de la silver économie s'est tenu en novembre, porte de Versailles, à Paris. Qu’est-ce au juste que la silver économie ?

La silver économie se définit comme la filière économique créée pour répondre à la révolution démographique, et à la prise de conscience – enfin ! – de la séniorisation de la société. En France, 15 millions de personnes ont plus de 60 ans, le quart de la population. Et demain, ce sera plus du tiers. L’avantage de la silver économie est de placer la question du vieillissement dans le débat public, sous l’angle des opportunités et de l’innovation. Mais sa limite, c’est de ne s’adresser qu’aux personnes dépendantes, et d’être centrée sur les technologies, en particulier le numérique.

Le regard sur le vieillissement a-t-il changé ?

La question du vieillissement a longtemps été un non-dit en France. On est passé de l’indifférence à l’effroi. En 2003, avec la canicule, on a découvert qu’on laissait mourir nos aînés. Je rappelle qu’il y a eu 15 000 morts en un été. Ce fut un choc ! Le ministre de la Santé de l’époque a été limogé… pour devenir président de la Croix Rouge. Imaginez si cela avait été 15 000 étudiants décédés ! Ce n’est pas un ministre qui aurait été remercié, mais tout le gouvernement ! Cela a entraîné une prise de conscience, de nombreux rapports. Et aussi des décisions efficientes. Les épisodes caniculaires sont aujourd’hui prévenus et bien gérés. Pour le reste, c’est poussif. Je vois deux attitudes face aux seniors. Les uns imaginent que les millions de vieux tirent le pays vers le bas. Ils parlent de tsunami gériatrique ! Les autres se disent qu’en réalité, les seniors représentent une opportunité économique et sociale. Je fais partie de cette seconde catégorie. Les seniors sont une force, à condition que l’on adapte les choses, que les seniors soient acteurs. C’est quand même un des rares secteurs où des créations d’emplois sont annoncées. Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) les chiffre à 350 000 emplois potentiels, dont la majorité seront dans les services, d’ici à 2020.

Quel est le poids des seniors dans l’économie ?

Une étude du CREDOC montre que les plus de 50 ans représentent 48 % de la consommation totale en France. Ils assurent 64 % du marché de la santé, 60 % de l’alimentation, 58 % l’équipement, 57 % les loisirs… Un tiers des jouets sont achetés par des retraités, 60 % de l’achat des voitures neuves en France est le fait des plus de 60 ans… Ils sont essentiels dans notre économie.

On est loin de l’image des seniors dépendants…

Oui, et alors que pendant longtemps les marques n’ont pas beaucoup évolué, elles sont en passe de le faire. Jusqu’à présent, elles refusaient de s’adresser aux seniors en tant que tels car elles craignaient le coup de vieux infligé à la marque. Elles sont encore frileuses, mais de plus en plus d’enseignes ont compris qu’il fallait s’adresser à eux. Pour le secteur grand public, je crois plus efficace de se centrer sur leur style de vie. Et ce d’autant plus qu’aujourd’hui, les âges se brouillent. On a de plus en plus de seniors qui ont des enfants jeunes, ont refait leur vie, se comportent en « quincados »… En même temps, les seniors sont des consommateurs exigeants, ils ont le temps de se renseigner, de comparer, de lire les étiquettes. Ils se laissent moins facilement berner par la publicité… Ils représentent par exemple une des principales clientèles qui a adopté le bio, car ils veillent à leur santé et sont sensibles aux enjeux environnementaux.

Les programmes politiques ne développent aucune vision d’une société de la longévité. Le sujet est pratiquement absent des débats de la primaire de la droite

Politiquement, c’est une catégorie électorale qui pèse ; or on en a peu parlé  pendant cette campagne des primaires. Pourquoi ?

C’est vrai, et pourtant ce sera un électorat qui compte ! Le vote senior qui représentait 24 % des suffrages exprimés à la présidentielle de 1981, en formera le tiers en 2017. À l’inverse, les 18-34 ans qui assuraient 35 % des suffrages en 1981, n’en représenteront qu’un gros quart pour la même échéance. Sans compter que le taux de participation des seniors aux élections se situe traditionnellement 15 points au-dessus de la moyenne. Mais la droite se dit que c’est un électorat acquis – les seniors sont réputés voter plus massivement à droite - quand la gauche les néglige car elle se dit que de toute façon, c’est perdu… Ces idées sont fausses, car la réalité est plus nuancée. Déjà parce qu’une partie des seniors sont d’anciens soixante-huitards avec un attachement à la gauche. Avec Christophe Guilluy, nous avions mis en exergue, dès 2012, que dans les milieux populaires, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les retraités populaires votent moins à l’extrême droite que les jeunes. D’ailleurs, Marine Le Pen a bien saisi cette réalité. Le FN travaille très sérieusement cet électorat. Sa défense des territoires peut aussi se lire à cette aune. Pour en revenir au contenu des programmes, on voit bien le discours idéologique à courte vue des politiques : marteler que l’avenir, c’est la jeunesse. Ils ne développent aucune vision d’une société de la longévité. Le sujet est pratiquement absent des débats de la primaire de la droite. Selon une étude du Cevipof, 43 % des participants annoncés à la primaire ont plus de 65 ans. Et 27 % se situent entre 50 et 64 ans. Contre seulement 14 % de 18-34 ans…

Un ministère de l’Allongement de la vie et de l’Intergénération serait plus englobant, permettrait de traiter des questions d’économie, d’évolution de la vie, de longévité, de formation à tout âge ou encore de mobilité

A défaut d’avoir une loi sur le cinquième risque – qui aurait créé une branche de plus de la sécurité sociale —, il y a quand même eu la loi Delaunay…

Oui, et cela marque une vraie évolution. C’est une loi intéressante car pour la première fois, on ne parle pas uniquement de dépendance et de santé, mais bien d’évolution globale, avec adaptation des logements ou des transports. C’est la première fois aussi que des mesures de soutien aux aidants sont mises en œuvre.

On est loin du ministère de l’Allongement de la vie que vous prônez ?

Il me semble qu’un ministère de l’Allongement de la vie et de l’Intergénération serait plus englobant, permettrait de traiter des questions d’économie, d’évolution de la vie, de longévité, de formation à tout âge ou encore de mobilité, tout en étant transverse. Les gens s’y reconnaîtraient peut-être mieux, qu’avec l’actuel secrétariat aux Personnes âgées.

 

Serge Guérin: «Le discours idéologique, à courte vue, des politiques est encore que l’avenir, c’est la jeunesse»

C’est dans l’air du temps d’annoncer une guerre des générations. Qu’en pensez-vous, vous qui allez publier un ouvrage sur le sujet en janvier ?

Je n’y crois pas du tout. Alors que l’on nous parle de la mixité sociale, culturelle et générationnelle comme les piliers du vivre ensemble, il me semble que la seule que l’on a pratiquée depuis sa plus tendre enfance, c’est la mixité générationnelle. Même si les familles se sont distendues, au quotidien, l’échange intergénérationnel reste très fort. Et en période de crise, c’est la première des solidarités. On a des adultes qui reviennent vivre chez leurs parents, des plus âgés qui sont aidés par leurs enfants… Autre exemple : le numérique loin de fracturer les générations, favorise les liens et les échanges réciproques.

En même temps, d’un point de vue macroéconomique, les seniors ont des revenus plus élevés que les jeunes…

C’est vrai, mais c’est aussi assez normal que des gens qui ont travaillé toute leur vie aient plus de revenus que celui qui est au début de sa vie professionnelle. C’est au sein des plus âgés qu’il y a le plus de différences de revenus et, surtout de patrimoines. Je caricature mais entre le couple de retraités propriétaire de trois appartements au cœur de Paris, et la personne seule dans son pavillon d’une petite ville de province avec une faible pension, le fossé est immense. Je rappelle que si 75 % des plus de 60 ans sont propriétaires de leur logement, la retraite moyenne ne dépasse pas 1 300 euros, ce qui est loin d’être le Pérou ! Pour les salariés du privé ou les professions libérales, la retraite est synonyme de perte de pouvoir d’achat. Autre chose, les seniors ont subi la plus forte augmentation du chômage ces dernières années. Aujourd’hui, on voit arriver de nombreux seniors qui ont connu des arrêts de carrière brutaux et des licenciements en fin de parcours et qui ont des pensions basses. Les femmes restent encore les plus défavorisées, avec des interruptions de carrières, des temps partiels.

Serge Guèrin, dans L'Opinion 

http://www.lopinion.fr/edition/economie/serge-guerin-discours-ideologique-a-courte-vue-politiques-est-encore-114011

Serge Guèrin, le sociologue des plus âgés. Professeur à l’INSEEC où il dirige le MBA « directeurs des établissements de santé », Serge Guérin travaille sur la question des seniors depuis une quinzaine d’années. Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, il a publié en 2015 « Silver Génération. 10 idées fausses à combattre sur les seniors » (Michalon). Il est président du Jury des Trophées SilverEco 2016.

Serge Guèrin, le sociologue des plus âgés. Professeur à l’INSEEC où il dirige le MBA « directeurs des établissements de santé », Serge Guérin travaille sur la question des seniors depuis une quinzaine d’années. Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, il a publié en 2015 « Silver Génération. 10 idées fausses à combattre sur les seniors » (Michalon). Il est président du Jury des Trophées SilverEco 2016.

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Vieillissement - transition démographique
commenter cet article
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:00

En avril 2016, en Suisse, une octogénaire a demandé — et obtenu — une aide au suicide car, « très coquette » selon son médecin, elle ne supportait pas de vieillir. Un signe du stigmate particulier attaché à l’avancée en âge chez les femmes. En France, deux personnalités se sont emparées de cette question longtemps négligée par les féministes : Benoîte Groult et Thérèse Clerc, toutes deux disparues cette année.

Pourquoi les femmes mentent-elles davantage que les hommes sur leur âge ? Partant de cette question apparemment anodine, Susan Sontag explore en 1972 ce qu’elle appelle le « deux poids, deux mesures de l’avancée en âge (1) ». En matière de séduction, remarque-t-elle, deux modèles masculins coexistent, le « jeune homme » et l’« homme mûr », contre un seul côté féminin : celui de la « jeune femme ». Au point qu’il est admis, notamment dans les classes moyennes et supérieures, qu’une femme dépense une énergie croissante (et, si elle le peut, de l’argent) pour tenter de conserver l’apparence de sa jeunesse.

Mais la dépréciation des femmes vieillissantes ne tient pas seulement à leur éloignement des standards jeunistes de beauté. Elle provient également de la simple avancée en âge, laquelle tend à amoindrir, pour elles, les possibilités d’être plus jeunes que leurs partenaires potentiels. Cette norme de l’écart d’âge permet à certains hommes d’avoir une descendance sur le tard, ou leur offre l’assurance d’être pris en charge, en vieillissant, par une compagne plus alerte. S’adressant aux femmes, Sontag montre ce qu’elles pourraient gagner à « dire la vérité », à « laisser voir sur leur visage la vie qu’elles ont vécue » ; à s’émanciper des normes jeunistes.

Au moment de la parution de ce texte, le mouvement féministe nord-américain et ouest-européen est en pleine effervescence. Pourtant, l’approche féministe de l’âge et du vieillissement demeure marginale au cours des années 1970. Les revendications se focalisent sur le contrôle de la fécondité, sur le travail, sur la liberté de mouvement ou sur celle de vivre sa sexualité. En France, c’est seulement dans les années 2000 que des analyses mettent en relation sexisme et âgisme. Benoîte Groult et Thérèse Clerc, toutes deux disparues en 2016 aux âges respectifs de 96 et 88 ans, font partie de ces penseuses et militantes qui ont cherché à politiser leur propre vieillissement dans une perspective féministe.

Benoîte Groult était la fille d’entrepreneurs fortunés et libéraux, liés aux milieux parisiens du stylisme et de la mode. Thérèse Clerc, elle, appartenait à la petite bourgeoisie commerçante, catholique et traditionaliste. Licenciée en lettres, Groult est enseignante puis journaliste, tandis que Clerc, qui a suivi une formation de modiste, devient femme au foyer. Cependant, toutes deux ont décrit a posteriori la première phase de leur vie comme une période marquée par le poids des activités domestiques et maternelles (la première a eu trois enfants et la seconde quatre), une certaine solitude dans la vie quotidienne, l’anxiété liée à la survenue de nouvelles grossesses, doublée, pour Groult, de l’expérience réitérée d’avortements clandestins. La seconde période, définie comme une « renaissance », est associée en grande partie à la découverte du féminisme.

« Festival des cannes »

Ayant quitté son mari, Thérèse Clerc devient, à 41 ans, vendeuse de grand magasin pour gagner sa vie. Dans le contexte du Mouvement de libération des femmes (MLF), elle découvre le plaisir amoureux et sexuel hors du cadre de la conjugalité hétérosexuelle et s’éloigne de la religion (2). À Montreuil, où elle s’installe avec ses enfants, elle devient une figure du féminisme local. En 1997, elle y fonde un lieu d’échanges féministes et d’accueil des femmes victimes de violence, rebaptisé en 2016 Maison des femmes Thérèse-Clerc.

Benoîte Groult, elle, rencontre au cours des années 1950 son troisième et ultime conjoint, l’écrivain Paul Guimard, qui l’encourage à écrire. Plus tard, sa lecture des publications liées au mouvement des femmes la pousse à démystifier les normes qui ont régi son existence passée. Paru en 1975, son essai Ainsi soit-elle (Grasset) mêle une critique de son éducation féminine bourgeoise et une synthèse de recherches sur l’inégalité des sexes dans le monde. Vendu à plus d’un million d’exemplaires, il s’adresse autant aux jeunes militantes de la génération MLF qu’aux cinquantenaires, restées, pour la plupart, extérieures au mouvement (3). Propulsée à 55 ans « féministe de service », selon son expression, Benoîte Groult s’engage dans la promotion institutionnelle des droits des femmes. De 1984 à 1986, elle préside la commission sur la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions ; et, dans les années 1990-2000, elle soutient les luttes pour la parité en politique.

Journaliste, essayiste, romancière à succès, proche du Parti socialiste, vivant, selon les saisons, dans son appartement parisien ou dans ses maisons en Bretagne ou en Provence, la Benoîte Groult des années 2000 n’appartient assurément pas au même milieu social que Thérèse Clerc. Cette dernière vit modestement dans un petit appartement à Montreuil et se revendique de la pensée libertaire et autogestionnaire. Cependant, leur engagement pour la cause des femmes les a toutes deux conduites à interroger à travers ce prisme leur propre avancée en âge.

Militante, à partir de 1986, au sein de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, Benoîte Groult met en relation le combat pour l’euthanasie avec les luttes féministes pour la libre disposition de son corps. Elle forge une éthique à partir de sa propre expérience, essayant d’analyser la façon dont, face au vieillissement et au veuvage, elle a dû réinventer, pour le préserver, son rapport hédoniste à l’existence. Elle évoque une curiosité permanente pour les évolutions sociopolitiques du monde, une recherche de plaisirs sensoriels quotidiens, une appétence pour l’effort physique qu’elle a dû recomposer et ajuster aux transformations de son corps au fil du temps, ainsi qu’un goût pour la contemplation des paysages ruraux ou maritimes (4).

Mais si cette femme, dotée d’une santé solide, a pu jusqu’au bout imprimer sa volonté sur ses activités quotidiennes et sur le choix de ses lieux de vie, comment vieillir quand on n’est plus en mesure d’accomplir certains gestes ordinaires ? Que peut le féminisme, pensée collective de la liberté de disposer de son corps, lorsque ce corps multiplie les signes d’affaiblissement et de dérèglement ? À 60 ans passés, Thérèse Clerc, tout en travaillant et en s’occupant de ses petits-enfants, a dû prendre en charge pendant cinq ans sa propre mère gravement malade. Ce type d’épreuve n’est pas rare pour ceux, et surtout celles, qui jouent le rôle de pourvoyeuse (ou de pourvoyeur) de soins à la fois pour les descendants et les ascendants. Éviter de devenir à son tour une charge pour ses enfants a constitué l’une des motivations de Thérèse Clerc lorsqu’elle a imaginé, à la fin des années 1990, la Maison des Babayagas. Ce projet d’une maison de retraite autogérée, fondée sur l’entraide et la solidarité entre ses membres, est conçu pour les femmes de la génération de Thérèse, notamment celles qui, longtemps mères au foyer ou travailleuses à temps partiel, disposent d’une retraite très modeste. Créée en 2012, la Maison des Babayagas ne correspond pas en tout point au rêve de sa fondatrice (l’attribution de nouveaux logements est aux mains du bailleur public et non des habitantes), mais elle devient néanmoins un lieu d’événements militants. Elle accueille notamment l’Unisavie, une université populaire mettant en commun des luttes et des savoirs relatifs à la vieillesse. On y débat d’autogestion, d’économie sociale et solidaire, de féminisme, du vieillissement des personnes migrantes ou encore de la sexualité des vieilles et des vieux.

Dans un documentaire, en 2005, Benoîte Groult évoquait une expérience courante de l’avancée en âge : c’est d’abord à travers le regard des autres qu’elle s’était vue vieillir. Pour sa part, elle se sentait « égale à elle-même », voire, par certains aspects, plus énergique qu’à des époques antérieures. Pourtant, elle voyait changer l’attitude des autres à son égard, se développer une forme d’indifférence, de commisération et parfois de mépris à peine voilé. Elle ressentait, à travers des mots et des gestes, qu’elle n’avait plus tout à fait sa place dans des événements ordinaires de la vie sociale dont elle prenait conscience qu’ils étaient régis par des limites d’âge implicites. Dans son milieu, celui du monde littéraire, du spectacle et de la politique, où beaucoup d’hommes de son âge étaient en couple avec des femmes bien plus jeunes, elle avait également commencé à ressentir le vieillissement de son apparence comme une forme de stigmate — une expérience à laquelle, au même âge, son mari pouvait encore échapper. Se sentant impuissante à changer les règles du jeu, elle assumait d’avoir eu recours à un lifting : « Je ne vois pas pourquoi les féministes n’auraient pas le droit aux progrès de la médecine. (...) Le souci de la beauté n’est pas en soi antiféministe », se justifiait-elle (5). Thérèse Clerc n’évoluait pas dans le même monde social et ses rides n’ont pas semblé l’empêcher de séduire hommes et femmes jusqu’à un âge avancé. Elle aurait sans doute respecté l’aspiration de Benoîte Groult à présenter un visage considéré par son entourage comme plus plaisant. Mais elle aurait peut-être ajouté que toutes les femmes n’ont pas les moyens financiers de sauver leur peau à coups de bistouri.

À la Maison des Babayagas, la « beauté » cessait de n’être qu’une technique de soi mobilisée individuellement, dans la coulisse, pour devenir un enjeu d’échange collectif. Thérèse Clerc s’intéressait aux œuvres d’art montrant des corps vieillissants et avait pour projet d’organiser un « festival des cannes » qui présenterait les meilleurs films mettant en scène la vieillesse. Avec plusieurs « Babayagas », elle avait participé à une chorégraphie intitulée de façon provocante « Vieilles peaux », où s’inventaient des mouvements dansés, ancrés dans la situation subjective de personnes très âgées (6). Elle réfléchissait aux vêtements, aux parfums, aux bijoux qui peuvent embellir un corps de vieille femme sans avoir pour seul objectif de dissimuler les signes de l’âge. En octobre 2015, elle avait coorganisé, avec des élèves en arts appliqués du lycée Eugénie-Cotton de Montreuil, un défilé de mode dont les modèles étaient les « Babayagas ». Des robes chatoyantes, amples et colorées, fabriquées par les élèves à partir de chutes de cravates abandonnées par les grossistes du quartier parisien du Sentier, étaient portées par des femmes de plus de 80 ans, dont Thérèse. Défilant avec un mélange de malice et d’autodérision, celles-ci pastichaient la démarche conventionnellement orgueilleuse des mannequins : trop vieilles pour jouer le jeu, elles en profitaient pour faire un pied de nez aux normes, sous le regard séduit et troublé de spectatrices et de spectateurs de tous âges.

Traditionnellement, une femme qui ne dissimule pas sa vieillesse et qui assume d’avoir (encore) des désirs dérange, voire dégoûte, plus encore qu’un homme. Pour interroger collectivement cette anxiété, nous avons besoin de « vieilles désirantes (7) » qui sortent du placard où elles sont sommées de rester cachées. Provocatrice par ses actions militantes, son refus de tout euphémisme pour parler des misères de la vieillesse, ses références explicites à la sexualité des vieilles personnes et son énergie à vouloir changer le monde, Thérèse Clerc assumait le rôle de contestatrice de l’ordre des âges. Chez celles et ceux qui étaient un peu plus jeunes, elle parvenait à distiller, au sein de l’anxiété intime, une forme de curiosité, sinon de désir, pour cette étrange étape à venir : la vieillesse.

Il ne s’agissait nullement pour elle de nier le corps qui s’affaiblit ni la crainte de voir s’approcher le moment de la fin. Mais alors que Benoîte Groult cherchait, en tant qu’écrivaine, à rendre compte au plus près de son expérience et à lui donner une forme littéraire, le rapport de Thérèse Clerc à la vieillesse était d’abord politique : elle percevait dans ce statut discrédité une position privilégiée pour questionner un certain nombre de normes sociales qui contraignent plus directement les adultes « dans la force de l’âge ». Elle considérait la vieillesse comme un moment propice pour défier, à travers des événements concrets, l’organisation âgiste de la société et pour remettre en question ses oppositions binaires : activité/inactivité, performance/vulnérabilité, autonomie/dépendance.

Disséminer de telles expérimentations est en soi un parcours jonché d’obstacles. Quand tout est organisé pour qu’une partie de la population accepte l’idée d’avoir « passé l’âge » de contribuer à la (re)production de la société, et peut-être même à sa contestation, encore faut-il qu’aux marges se développent des espaces de critique sociale accueillants pour celles et ceux dont « le ticket n’est plus valable (8) ».

Juliette Rennes, dans  Le Monde diplomatique, décembre 2016

 (1) Susan Sontag, « The double standard of aging », The Saturday Review, New York, 23 septembre 1972.

(2) Cf. notamment Danielle Michel-Chich, Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs, Éditions des femmes, Paris, 2007.

(3) Benoîte Groult, Mon évasion, Grasset, Paris, 2008, et Une femme parmi les siennes, commentaire de Josyane Savigneau, Textuel, Paris, 2010.

(4) Cf. Catel, Ainsi soit Benoîte Groult, roman graphique, Grasset, 2013, et Benoîte Groult, La Touche Étoile, Grasset & Fasquelle, 2006.

(5) « Vieillir ou le désir de voir demain », dans Une chambre à elle. Benoîte Groult ou comment la liberté vint aux femmes, documentaire d’Anne Lenfant (2005).

(6) Frédéric Morestin et Pascal Dreyer, « “Vieilles peaux” : exploration en terre utopique », Gérontologie et société, no 140, Paris, 2012.

(7) Rose-Marie Lagrave, « L’impensé de la vieillesse : la sexualité », Genre, sexualité & société, no 6, Paris, automne 2011.

(8) Romain Gary, Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable, Gallimard, Paris, 1975.

(9) « Femmes : la guerre la plus longue », Manière de voir, no 150, décembre 2016 - janvier 2017, 8,50 euros, en kiosques. 

 

 

Gustav Klumpt " Les trois âges de la femme"

Gustav Klumpt " Les trois âges de la femme"

Repost 0
Published by Or gris : seniors acteurs des territoires - dans Vieillissement - transition démographique
commenter cet article