Cohabitation seniors : les exemples à l'étranger (1)

Publié le par Orgris

Cohabitation seniors : les exemples à l'étranger (1)

article publié dans Seniors.actus en 2005 !!i, mais ça peut encore donner des idées… 


Allemagne – Colocation senior : vivre ensemble pour fuir la solitude

La solitude est l'un des grands dangers et l'une des grandes craintes des personnes âgées. Elle peut entraîner la dépression, le laisser-aller, la malnutrition, etc. En cas de chutes, et sans moyen de communication à portée de main, elle peut s'avérer dramatique voire fatale. Afin d'essayer de résoudre ce problème, depuis plus d'un an, des seniors allemands de Dresde, capitale de la Saxe, ont décidé de vivre à plusieurs dans un appartement réaménagé. Qu'en est-il de cette colocation senior ?

Ainsi, depuis des années, cinq personnes âgées vivent ensemble et partagent un appartement dans cette ville allemande, qui fût lourdement bombardée pendant la seconde guerre mondiale. Comme le souligne l'une des colocataires dans un récent article du quotidien américain The Christian Science Monitor : « nous faisons toujours attention aux autres », et c'est bien là, l'idée directrice de ce projet.

A l'origine, le concept de partage d'appartements entre aînés vient du nord de l'Europe : Benelux, Suisse ou encore la Suède. Au Pays-Bas par exemple, les colocations de seniors sont cinq fois plus courantes qu'en Allemagne. Quant à la France, aucune expérience de ce type n'est en cours à notre connaissance.

Naturellement, le partage d'appartements entre seniors, en est encore à ses débuts. La colocation entre personnes âgées n'est pas courante, ni habituelle. De nos jours, de nombreux trentenaires ont déjà vécut ce type d'expérience, en France ou à l'étranger, pendant leurs études ou au début de leur carrière. Chez les individus de 60/70 ans, c'est une autre histoire. Ils n'ont jamais eu à partager leur logement avec une autre personne, sauf avec un proche ou des membres de leur famille. Comme le fait remarquer, la porte-parole de ces cinq colocataires, « de nombreuses personnes âgées pensent que ce système n'est pas fait pour elles, c'est ridicule. Les sceptiques, je leur conseille de venir nous voir et de constater par eux-mêmes ». L'année dernière, l'idée a tout de même attiré presque une visite par semaine.

L'une des actuelles colocataires a décidé de quitter son ancienne maison, lorsque son mari est décédé, il y a trois ans. Elle a depuis emménagé dans cet appartement, avec une amie de longue date. « Lorsque je suis venue visiter ce logement, j'ai vu qu'il restait une chambre de libre, j'ai immédiatement décidé de m'installer » précise-t-elle. De son côté, son amie souligne qu'elle s'est rapidement liée avec les autres colocataires. « Nous nous complétons » ajoute-t-elle. Certains sont en charge des courses ou des repas, d'autres organisent des voyages dans les villes environnantes et le seul homme de la maison s'occupe du petit bricolage.

Chaque nuit, chacun se retire dans sa chambre. Elles sont toutes équipées d'une mini salle de bain et d'une kitchenette. « Le soir tout le monde est tranquille, mais je sais que si je ressens le besoin de parler avec quelqu'un, il y a toujours un colocataire pour m'écouter » indique l'une d'entre elles. Et d'ajouter « c'est très important à notre âge ».

Lorsqu'une personne tombe malade ou se blesse, les autres sont là pour la soutenir et l'aider. L'une d'elle s'est blessée à la jambe. Grâce à la présence des quatre autres, elle n'a pas eu à se soucier de ses courses ni de son ménage. Une autre estime que l'on vieillit beaucoup plus vite en maison de retraite, « ici vous vous sentez jeune à nouveau ».

Ce concept est appelé à se développer, puisque qu'il devrait être reproduit dans plus de deux cents logements à travers le pays. « Entre le début de la retraite et la fin de vie, le temps qui s'écoule est de plus en plus long » précise Holger Stolarz qui a rédigé une série d'études sur le logement et le vieillissement. Jusqu'à maintenant, soit l'on vivait à domicile, seul ou en couple, soit l'on intégrait une maison de retraite. « Il est nécessaire, désormais, d'imaginer des solutions alternatives » indique ce spécialiste.

De plus, l'option maison de retraite coûte chère et le gouvernement, qui complète les frais d'hébergements lorsque les pensions ne sont pas suffisantes, tente de minimiser ce type de dépenses. Dans cette optique le partage d'appartements entre personnes âgées pourrait s'avérer une bonne solution : pratique, abordable et permettant aux seniors de vivre à domicile le plus longtemps possible. 

Tout comme le partage de logements entre seniors et étudiants, la colocation de personnes âgées n'est pas LA solution à la solitude des aînés, ni au manque de place en maison de retraite, ni au maintien à domicile. Il s'agit simplement d'une idée supplémentaire, d'un nouveau concept, d'une solution originale, qui permettra peut-être à ceux qui le désirent et que l'idée séduit, de vivre leur vie à domicile en communauté, d'une manière moderne, rassurante et moins onéreuse. 

Première partie des textes extraits d'une interview de Myriam Van Espen qui dirige le cabinet de conseil et services en matière de gérontologie Senior Innovation, par Jean-Philippe Tarot © Senioractu.com   

 publié le 25 Avril 2005, SENIOR ACTU .COM

Vous aurez la suite la prochaine fois…

 

 

 

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