Bistrots de nos régions: une tradition et des innovations

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires

 

En France, difficile d'imaginer une ville ou un village sans bistrot. Symbole de convivialité, ils font de la résistance et se réinventent constamment.

Les Français et le bistrot, c’est une longue histoire. Faite de petits matins blêmes aux portes des ateliers, et de grands soirs d’allégresse, privés ou collectifs. Manet, Van Gogh, Renoir... les peintres les ont célébrés. Comme les chanteurs populaires, pour ne citer qu’Édith Piaf ou Michel Delpech. Les cinéastes en ont fait le décor de scènes d’anthologie : la partie de cartes dans "Marius", le lyrisme alcoolisé de Gabin dans "Un singe en hiver" ou, plus proche de nous, le bistrot montmartrois d"’Amélie Poulain". 

  Le bistrot, un peu de notre patrimoine

Car le troquet, c’est un petit bout de notre patrimoine national et le symbole d’un certain art de vivre. Sans chichi. Avaler un petit noir corsé sur le zinc en feuilletant la presse du jour; étancher sa soif d’un demi bien frais à une terrasse par un après-midi d’été; refaire le monde ou le dernier match de l’équipe de France entre amis à l’heure de l’apéro; donner rendez-vous à son amoureux (se); réviser un examen. À chacun ses rites. À chacun le bar qui lui ressemble. 

Mais si le café est, dans l’Hexagone, une institution séculaire, il traverse une période difficile. Le nombre d’établissements est passé de 600 000 en 1960 à 35 000 aujourd’hui! Une érosion particulièrement forte dans le monde rural qui conduit certaines communes à racheter les murs d’un café fermé et sa licence IV - celle qui permet de vendre tous les alcools , afin de le mettre en gérance. Pour conserver ce qui reste souvent le dernier lieu de rencontre et d’animation de la commune. 

Un enjeu qu’ont bien cerné les internautes de notretemps.com. Interrogés en janvier 2016, 68% voyaient dans la disparition des bistrots la fin de l’âme des villages et d’un pan de notre culture. 

"Le bar n’est pas qu’un débit de boisson", rappelle Josette Halégoi, sociologue, auteure de "Une vie de zinc" (éd. du Cherche Midi). "C’est un endroit ouvert à tous qui favorise le brassage des milieux sociaux, et il n’y en a pas tant que cela dans notre société. Le plombier et le cadre peuvent se croiser, des réunions de chantier s’y tiennent. C’est aussi un lieu de réunion d’associations. À la campagne, les personnes âgées s’y retrouvent. Pour que cela marche, il faut une qualité de service et d’accueil, des lieux propres et décorés. Et puis s’adapter: offrir de la wifi, organiser des événements, des soirées à thème, retransmettre des matchs et, à la campagne, fournir des services de proximité." 

  Des bistrots polyvalents 

La Fédération nationale des bistrots de pays a fait de cette polyvalence son fer de lance. Depuis 1993, elle attribue son label à des cafés, restaurants ou auberges (200 en 2016) implantés dans les communes de moins de 2000 habitants. Ces commerces s’engagent à fournir des services de base inexistants dans le village (dépôt de pain, journaux, épicerie), à promouvoir les produits du terroir, à organiser des animations festives ou culturelles.

Steve et Françoise Poncet ont repris l’auberge de Pinay, 270 habitants, dans la Loire, en 2009. "Sans nous, ce serait un village mort", résume Steve. Labellisée Bistrot de pays, l’auberge fait office de dépôt de pain et de presse et dispose d’un rayon épicerie. "Du dépannage, mais c’est pratique pour les personnes âgées qui ne sont pas motorisées. Les premiers commerces sont à 9km." Steve Poncet livre aussi des repas à domicile. De sept à dix aînés en sont destinataires chaque jour. "Je leur porte le repas du midi et le bouillon pour le soir. Livré chaud, avec le pain, et surtout le sourire! Cela montre qu’ils ne sont pas oubliés. C’est important, glisse-t-il. Le bar, c’est pour la convivialité: les habitués s’y retrouvent le matin pour prendre le café, ou le dimanche pour l’apéro. Mais c’est la restauration qui nous fait vivre." Cette année, Steve et Françoise ont créé un potager dans le jardin de l’auberge. "Les retraités ont labouré, les enfants ont planté les légumes. Et nous préparerons une dégustation à l’auberge après la récolte. Ce sera un beau moment de partage et de convivialité!" 

http://www.bistrotdepays.com/le-label/organisation/

Avec cela, passez de bonnes vacances !!!

Bistrots de nos régions: une tradition et des innovations

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