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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:12

Michel Fournier, 67 ans, est maire des Voivres (Vosges) et vice-président de l’Association des maires ruraux.

Pas gai. C’était en 1972, il devait y avoir 200 habitants, essentiellement des personnes âgées… Il a fallu se battre comme des chiffonniers pour redynamiser ce village des Vosges. Sacré tonnerre ! Se moquer de la technocratie, mettre de la vie avant de penser à l’économie, valoriser ce qui existait. Aujourd’hui, on est 330 habitants, l’école partagée avec la commune voisine n’est plus menacée de fermeture, il y a plein d’associations, les Voivres ont une image forte. Si certains continuent de râler pour un bout de trottoir ou un lampadaire inexistant, tous sont fiers d’y habiter.

Mon arrivée dans ce village est le fruit du hasard. Je suis né à 30 kilomètres de là. J’étais agent commercial, je vendais des produits aux jardineries. Avec mon épouse secrétaire, nous n’avions pas beaucoup de sous, alors nous avons acheté une maison à retaper aux Voivres. A cette époque, le village était à l’image de beaucoup d’autres, il se désertifiait.

Il n’y avait pas de boulot dans le secteur

J’ai commencé à organiser les ­fêtes pour qu’elles ne meurent pas, en créant une association. Et en 1989, j’ai été élu maire. C’est alors que l’inspection académique nous a prévenus. L’école ­allait fermer. La classe unique ne comptait plus que neuf élèves. J’ai été pragmatique, je me suis dit qu’il fallait faire venir des élèves, donc des familles. Mais avec quelle carotte ? Il n’y avait pas de boulot dans le secteur… Alors j’ai pensé logement. Faire jouer la fibre de la propriété chez des personnes qui n’obtiendraient jamais de prêt. On a proposé des locations-ventes très bon marché.

La mairie a donc acheté deux ­anciennes fermes. Pour les rénover, on a monté un chantier d’insertion, le premier du département. J’ai appelé les Assedic, l’ANPE, tous les maires du coin, et j’ai réuni en mairie une soixantaine de chômeurs. On a embauché en contrat aidé une vingtaine de personnes en difficulté sociale très forte mais qui avaient déjà connu l’emploi. Cela dit, il y avait des problèmes d’alcoolisme… Je leur ai dit : « Rien à faire de ce qu’on peut penser de vous, on a un challenge à relever. Trois mois pour remettre en état les maisons avant que les familles n’arrivent pour la rentrée scolaire. » J’ai mis la main à la pâte, comme tout le conseil municipal.

On a accueilli deux familles et l’école n’a pas fermé

Envers et contre les rieurs, ça a marché. On a accueilli deux familles, onze enfants en tout, et l’école n’a pas fermé ! Je les ai trouvées en passant une annonce dans la presse locale qui est toujours friande d’histoires de « maires un peu fous ». Ces familles étaient en difficulté, et l’une d’elles était originaire ­d’Algérie. J’ai tout entendu, on devenait « la poubelle du département »… Mais l’école était un leitmotiv fort. Après son sauvetage, des articles élogieux sont ­parus. L’année suivante, une cinquantaine de familles ont postulé. C’est monté jusqu’à 300, en provenance de toute la France ! Un samedi matin, il y en a même une qui est arrivée en voiture avec une remorque et tous ses meubles dedans. Elle est restée plusieurs années.

On a choisi des gens qui avaient la « niaque », capables aussi de s’adapter – avec les locataires des grands immeubles qui ne savaient pas éteindre la ­lumière en partant ou mettre du bois dans le feu, on a essuyé quelques échecs… On a continué à réhabiliter des maisons, une vingtaine, l’école est montée à 35 élèves, on a construit une maternelle en deux mois sans appel d’offres, mais le préfet est quand même venu l’inaugurer. L’école a culminé à 70 élèves mais comme les familles sont restées, les enfants ont grandi, c’est redescendu. La logique a été de s’associer au village voisin dans un regroupement pédagogique, en gardant chez nous les activités périscolaires. Ça a râlé mais on devait bien évoluer.

Au milieu des années 1990, on a réuni tous les habitants. Il fallait se ­retrousser les manches, inventer les ­emplois qui n’existaient pas dans le secteur. La mairie a acheté 5 hectares de terres agricoles pour créer une zone d’activités. Deux entreprises sont venues – il y en a quatre aujourd’hui. On a réhabilité un étang et lancé une ferme piscicole ­pédagogique. Puis on a transformé un corps de ferme, dans le village, pour créer un centre d’accueil avec soixante lits. Pour ça, on a proposé aux habitants d’investir dans une société civile immobilière (SCI). C’était du financement participatif avant l’heure. Du crowdfunding vosgien, dans le bistrot du pays !

On a racheté et remis en état l’ancien café-restaurant

Une centaine de personnes a versé l’équivalent en francs de 100 000 euros. Aujourd’hui, la SCI ­société d’intérêt collectif- est gérée par une qui s’occupe d’éducation populaire, et qui accueille les écoles, les centres de loisirs, les séminaires d’entreprise et les fêtes de famille. Pour ceux qui font la fête et veulent rester dormir, on a aussi prévu un abri de 300 m2 et des baraquements en palettes près de l’étang.

On a racheté, remis en état et loué peu cher l’ancien café-restaurant. Depuis douze ans, c’est un couple de Bretons qui le tient. L’été, ils font 100 couverts le midi. Dans le village, il y a aussi deux yourtes. Une association dispense des stages de bien-être pour les gens en burn-out. On régénère tout, nous, ici ! On aide des urbains et même des ruraux à faire leur retour à la terre en mettant du foncier à disposition, gratuitement au départ. Et bientôt, il y aura un écoquartier près de l’étang, et une couveuse d’entreprises agricoles. Depuis 2016, on avait déjà une couveuse d’entreprises liées au bois. Avec la communauté de communes du Val de Vôge et le Pays d’Epinal, on a mis en place un pôle d’excellence rural autour du bois. Des ingénieurs ont installé leur start-up dans notre zone d’activité, ils créent des lunettes, des skates et des vélos en bois.

On a fait travailler 600 personnes, en tout, sur les chantiers. Aux Voivres, il n’y a ni château ni chapelle à visiter, donc il n’y aurait rien à faire ? Mais si ! La volonté peut exister n’importe où.

Pascale Krémer : Publié dans M le magazine du Monde du 19.03.2017

contact : Michel Fournier, Mairie de Voivres, 88240, Les Voivres, tel : 03 29 30 43 87

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/03/19/pour-eviter-la-fermeture-de-l-ecole-j-ai-pense-logement_5097153_4497916.html#qs1vKygmBdDjyzMv.99

 

 

 

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Published by Or gris : seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges - dans Actions Publiques - institutions Solidarité -citoyenneté -participation Vie locale
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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 10:00

L'équipe des "Maisons partagées a décidé de créer un laboratoire des solutions citoyennes et humanistes d'accompagnement au vieillissement.

Ils veulent aller plus loin sur leur territoire en Midi Pyrénées.

Josette est directrice de maison de retraite et une militante de "la non-marchandisation de l'être humain ! "

Pour accompagner le vieillissement tout en étant proche de ses valeurs, Josette a décidé de placer la vie au cœur de son activité. Elle s'est entourée d'une équipe de professionnels pluridisciplinaire et engagés. Ensemble, ils innovent à tire larigot :

  • Ils ont mis en place des lieux de vie : maison en colocation pour les personnes handicapées vieillissantes trop en forme pour aller en maison de retraite
  • Josette a inventé les " maisons partagées pour personnes agées". Une colocation pour seniors trop en forme pour aller en maison de retraite

Le projet est pensé "territorial". Les lieux (EHPAD, lieux de vie et maisons partagées) sont répartis sur 70km et inter-agissent. Les résidents des différents lieux se rencontrent. Il est possible et courant qu'un résident déménage d'un lieu à l'autre car cela correspond à son projet de vie

  • Le encadrants ne sont pas cantonnés à une seule fonction. "Une soignante n'est pas qu'une soignante, elle doit aussi être présente dans la vie quotidienne et les bons moments"
  • Les équipes ont une liberté d'action et la confiance des dirigeants pour laisser place à la créativité
  • Les différents lieux d'accueil ont tous des animaux et les nouveaux résidents emménagent avec leurs animaux
  • Les équipes font tout pour conserver un sentiment d'utilité sociale et rester dans "le faire"
  • L'accompagnement se fait au plus près du projet de vie des résidents
  • Ils accueillent les besoins affectifs des résidents en leur permettant d'avoir une vie intime (fiancailles, sexualité...)
  • Aucun lieu n'est fermé, les résidents peuvent aller et venir en toute liberté (pas de clôtures, de serrures ou de digicodes)

Résultats : Pierre a retrouvé l'usage de ses jambes et de la parole, Odette a pu sortir des établissements pour aller vivre en famille d'accueil, Mireille a évité de justesse la maison de retraite pour trouver une solution plus autonomisante : la maison partagée, François s'est transformé lorsqu'il a quitté l'EHPAD pour venir vivre en maison partagée.

Dans les lieux de vie, la prise d’anxiolytiques a été réduite de moitié, le psychiatre ne visite plus et ne prescrit plus de médicaments. Les habitants des maisons partagées (alors qu'ils sont seuls la nuit) n'ont aucune angoisse nocturne.

Toutes ces pratiques permettent donc la réduction des coûts ce qui permet de faire de grosses économies.

A terme, Josette et sont équipe souhaitent dupliquer leurs pratiques.

http://www.onpassealacte.fr/initiative.accompagner-au-vieillissement-autrement.personnes-agees-intergenerationnel.91760559552.html

Il est évident que Or Gris est en relations suivies avec Josette et son équipe !! On vous en reparlera…

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