Une Scic de services à la personne : une première expérience dans la Sarthe - 72 Pays de Loire

Publié le par Orgris

Deux ex-salariés d'associations de service à domicile de la Sarthe ont créé en 2010 une structure de services à la personne sous la forme d'une société coopérative d'intérêt collectif, la première des Pays-de-la-Loire. Une expérience qui répond à quelques questions concernant ce statut, et qui ouvre des pistes pour l'avenir des services liés au vieillissement des populations.

"Pignon sur Rue" est une nouvelle structure de services à la personne, installée à Fresnay-sur-Sarthe, au coeur de la communauté de communes des Alpes Mancelles (11 communes, 8.800 habitants). Habilitée pour intervenir sur un territoire plus large, elle propose sur les territoires du pays de la Haute-Sarthe et sur le Pays d'Alençon une large palette d'activités : télé-assistance, garde d'enfants à domicile, portage de repas, aide à la toilette, aide ménagère, etc. Comme toute association ou entreprise de services à la personne, “Pignon sur Rue” a obtenu les agréments nécessaires. Avec la particularité d'être une société coopérative d'intérêt collectif (Scic). La Scic ayant pour objet “la production ou la fourniture de biens et de services d'intérêt collectif, qui présentent un caractère d'utilité sociale”.

Un modèle économique équilibré

Les deux créateurs, Laurent Giroux, directeur administratif, et Christophe Godet, directeur des ressources humaines, anciens salariés d'associations œuvrant dans le même secteur d'activité, ont fait le choix d'une Scic à capital variable et à but non lucratif, en raison des divers avantages qu’offre à leurs yeux cette structure. Dans une Scic, tout salarié peut acheter une ou plusieurs parts sociales - mais quelqu’en soit le nombre, il n’aurat qu’une  seule voix-. Les deux protagonistes, convaincus des atouts du système coopératif - notamment parce qu’il repose sur le partage équilibré du profit- ont souhaité aller plus loin, en décidant par exemple que 100% des réserves sont impartageables (au-delà donc du minimum de 57,5% imposée par la loi). Autrement dit, la totalité des bénéfices est réinjectée dans le projet. Laurent Giroux ne cache pas qu'il s'agissait aussi, face aux critiques possibles, de mettre toutes les cautions de leur côté.

     Une structure complémentaire à l’offre existante

Les deux porteurs du projet ont présenté leur démarche aux élus, ainsi qu'aux structures existantes sur ce territoire, comme l’ADMR. L’accueil de ces dernières est d’abord réservé, face à une initiative qui leur apparait de prime abord concurrente, qui plus est sous un statut peu connu. “Nous avons fait un point en novembre 2010 pour dresser notre premier bilan et avons montré que seuls 10% de nos clients ont quitté une structure pour venir vers nous”, observe Laurent Giroux. Cette démarche d’information avait été saluée par le président de la communauté de communes, Jean-Louis Clément. Au départ, aucune collectivité locale n'avait pris de parts sociales dans cette Scic. Jean-Louis Clément entend bien en prendre dès 2011 pour sa commune de Saint-Ouen de Mimbré : “une année de fonctionnement nous confirme que le projet tient la route, et l’ approche moderne et coopérative qui est intéressante. Le fait que cette structure puisse être pérenne est rassurant, car les habitants de notre canton vieillissent et nous savons que la demande est là”.

En prenant une ou plusieurs parts sociales (100 euros la part, limitées à 20% du capital), une commune ou la communauté de communes figurera dans l'un des six collèges prévus par les statuts de Pignon sur Rue. “Une Scic doit avoir a minima trois collèges, nous en avons prévu six : pour les salariés, les usagers, les bénévoles, les investisseurs, les collectivités ou leurs groupements et les porteurs de projet”, précise Laurent Giroux. Ce dernier insiste sur les avantages pour une collectivité d’investir dans une part sociale : "A la différence d’une subvention, la part sociale est récupérable. Au bout de cinq ans, le sociétaire peut reprendre son capital."

      Un départ prometteur

Début 2011, la Scic compte 20 salariés (y compris les deux directeurs et un comptable), dont une majorité frôle le temps plein. Elle a facturé l'an dernier près de 27.000 heures pour plus de 13.000 missions, en grande partie auprès de personnes âgées ou handicapées, mais aucune sur la garde d'enfants. Le portage de repas va vraiment démarrer en 2011, la Scic a décidé pour cela de faire appel à des traiteurs locaux avec lesquels les personnes âgées ont déjà des relations de confiance...

Emmanuelle Stroesser, publé le lundi 21 mars 2011Pôle Expériences du site www.mairieconseils.net

http://www.localtis.fr/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250261423926

Contacts

Communauté de communes des Alpes Mancelles

Maison de Pays - 2, rue Abbé Lelièvre, 72130 FRESNAY SUR SARTHE

tél : 02 43 34 34 59, ccam72.secretariat@wanadoo.fr

- Clément Jean-Louis, Président, clement.jly@orange.fr

SCIC "Pignon sur rue", 57 Grande Rue, 72130 Fresnay-sur-Sarthe

tél : 02 43 311 310

- Giroux Laurent,* co6fondateur et directeur administratif, contact@pignon-sur-rue.coop

 

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