Un jardin pour cultiver les liens –Rhône Alpres- 26

Publié le par Orgris

Un jardin pour cultiver les liens –Rhône Alpes- 26


Pour favoriser le lien social et les échanges entre tous les âges et tous les milieux sociaux, la ville de Bourg-lès-Valence (via son CCAS) met les parcelles d’un jardin à disposition d’une vingtaine de familles. Grâce à l’implication de chacune d’entre elles, à la présence de professionnels, et au portage politique, ce jardin partagé ouvert à tous devient progressivement un lieu convivial, vivier de nouvelles rencontres, d’innovations sociales et pédagogiques, favorisant l’intégration de tous à la vie de la cité, et l’entraide entre les habitants.


Depuis le début des années 2000, l’analyse annuelle des besoins sociaux du CCAS Bourg-lès-Valence, à travers notamment ses enquêtes qualitatives auprès de la population, fait état d’une augmentation et d’une aggravation constante de la précarité sur la commune. Le constat de cette évolution, partagée par nombre d’associations partenaires duCCAS et par les autres collectivités locales, révèle qu’au-delà des aides financières dont ils peuvent disposer et de l’existence d’une épicerie et d’un vestiaire solidaires dans la commune, les usagers du CCAS ont particulièrement besoin de lien social. Ces derniers montrent leur volonté d’être partie prenante dans la résolution de leurs problèmes. Devant l’insistance de la demande de disposer d’un lieu où ils pourraient se retrouver et agir ensemble, des parcelles d’un jardin appartenant à la commune sont attribuées à une dizaine de familles qui disposent de faibles revenus.

Des jardins familiaux, lieu de convivialité et fraternité :  
En 2001, le CCAS décide de recruter une personne sans emploi, en contrat aidé (CAE), afin d’assurer la production maraîchère sur une parcelle de 300 m2, qui permet d’approvisionner1 l’épicerie solidaire pour 400 familles. Celles-ci sont invitées, si elles le souhaitent à participer à « la cueillette du panier », moment de partage convivial et de sensibilisation à la consommation de divers légumes et de produits frais. Tout en combattant l’isolement de plusieurs personnes, l’action permet l’insertion sociale et professionnelle d’un chômeur de longue durée. 

Après quelques années, où les activités se passent essentiellement autour de la production (le maraîcher faisant le lien entre les familles), la commune décide d’acheter une deuxième partie de jardin pour accueillir une dizaine de familles supplémentaires. Il s’agit non seulement de répondre à une demande des usagers de l’épicerie sociale et du vestiaire du CCAS confrontées à des difficultés économiques, mais aussi d’intégrer au projet d’autres familles ou institutions volontaires, dans la mesure du nombre de parcelles disponibles. Ces jardins doivent permettre de se retrouver tous ensemble, de réunir toutes les catégories d’âge, issues de divers milieux sociaux et de développer des liens entre des personnes qui ne se rencontrent jamais. On passe ainsi d’une logique d’animation par publics à une dynamique d’ouverture et d’intégration de tous les habitants à la vie sociale. Pour opérer ce changement, un coordonnateur est embauché en 2008. Il gère l’attribution de parcelles et met en place des animations sociales et pédagogiques. Son rôle est aussi de planifier et de mettre en place le suivi de la production maraîchère en lien avec l’épicerie solidaire. L’attribution annuelle de parcelles, qui concerne une vingtaine de famille permet un renouvellement régulier, même si nul n’est obligé de rendre le lopin au bout d’un an. Un cabanon contenant une arrivée d’eau et un tuyau sont mis à la disposition des familles, moyennant une participation symbolique, mais proportionnelle au quotient familial.


Des parcelles à visée pédagogique
 : Pour répondre à la volonté d’ouverture sur le quartier, une des parcelles est à visée pédagogique. Consacrée aux enfants en difficulté scolaire, elle permet d’accueillir une dizaine d’écoliers, quatre fois par an. Une activité très appréciée des jeunes, qui se poursuit d’année en année, tant les séances sont riches d’apprentissage. Elle se déroule en partenariat avec l’association Le Palier, et en lien avec le Centre Médico-social, les enseignants, l’accompagnement à la scolarité, et l’écrivain public pour le repérage des enfants. Elle requiert toutefois la présence de trois adultes encadrants. Une difficulté qui pourrait freiner la généralisation de cette pratique à d’autres écoles de la ville, si la possibilité d’un encadrement bénévole n’est pas étudiée. 



L’importance du portage politique : 
En 2010, il est apparu important de constituer un comité de pilotage du projet intégrant deux élus du CCAS, les membres volontaires du comité d’usagers de l’épicerie solidaire et des associations (le Palier et Partageons, Jardins familiaux de Valence, Association départementale d’éducation pour la santé), le Centre médico-social et le lycée agricole. Il s’agit d’asseoir un portage politique fort, gage de réussite de l’action dans la durée. La présence de ce comité a permis de renforcer le partenariat mais également la participation des représentants des usagers. En outre, il favorise la transversalité entre les différentes actions proposées par le CCAS, parfois fragmentées, et permet d’amorcer une démarche de développement social. Il a permis que soit organisée, à l’initiative du comité d’usagers, une sortie annuelle en lien avec la nature réunissant l’ensemble des familles volontaires du quartier. 


Réussir la dimension participative : 
Pour inscrire le projet dans le territoire, il est essentiel que le coordonnateur noue des relations durables avec les différentes parties prenantes, associations, collectivités locales, Education nationale, mais aussi avec les partenaires de l’insertion sociale et professionnelle comme la mission locale. A Bourg-lès-Valence, les relations partenariales se sont prolongées au-delà des animations pédagogiques et de loisirs. C’est l’exemple d’une « bourse d’échanges de plants » mise en place en 2008. A l’échelle des jardins familiaux à l’origine, cet journée s’est progressivement ouverte à l’ensemble de la population intéressée, devenant alors un « marché festif », réunissant à l’échelle de l’agglomération Valentinoise les producteurs locaux, les jardiniers, et l’ensemble des habitants autour d’animations et d’actions de sensibilisation en direction du grand public, enfants et adultes. C’est à partir de ce rendez-vous devenu annuel qu’un nouveau collectif d’acteurs locaux composé de la MJC, du centre social, du CCAS, des services municipaux pour tout public et d’autres associations (AMAP, Fédération Rhônes-Alpes de Protection de la Nature, etc.) s’est créé, suscitant un renforcement immédiat de l’implication des bénéficiaires. Il permet aussi l’élaboration d’un programme commun pour cette journée, étendue aux producteurs et aux acteurs du développement durable. Fort de cette expérience, le marché festif s’inscrit en 2010 dans le cadre de la semaine du développement durable, dans la manifestation « Mon Quartier, Ma Ville, Ma Planète ».

Impact(s) : 
Autour des jardins familiaux, le CCAS amorce une dynamique de développement social, portée par un comité de pilotage qui permet de contribuer à un changement de paradigme, où la solidarité n’est pas seulement une solidarité de droit mais aussi une solidarité d’implication. Un projet collectif riche de sens, qui offre un lieu d’échange et de convivialité pour l’ensemble des habitants intéressés. Une activité structurante, valorisante et gratifiante pour les familles bénéficiaires, favorisant une citoyenneté active.

Partenaire(s) : Financiers :
- Le Conseil Régional Rhône-Alpes
- La Fondation de France

 ; Opérationnels : 
- Associations le Palier et Partageons, ADES, et Jardins familiaux de Valence, 
- le Centre Médico-Social, 
- le Lycée agricole.

Moyens : Humains : 
1,5 ETP (un maraîcher en contrat aidé, un coordonnateur)
Techniques : cabanons, tuyaux d’arrosage, approvisionnement en eau pour chaque parcelle familiale

Financiers : 
Le Conseil Régional et la Fondation de France (dans le cadre d’un appel à projet « Populations fragiles et développement des territoires ») : 1250 € en 2008, 4000 € en 2009 et 5000 € en 2010.
Budget correspondant à la rémunération du coordinateur en charge de l’animation, du maraîcher en contrat aidé, du matériel, et des dépenses pour les animations. 



1La production varie de 600kg à une tonne et alimente en légumes l’épicerie solidaire, parachevant la reprise en main citoyenne de l’économie agricole et solidaire (circuit court).








Porteur(s) de l'action : 
Centre Communal d’Action Sociale de la Ville de Bourg-Lès-Valence, Rhône Alpes, 26

Contact  :  LE PERSON Colette : consulter sa fiche dans le site Apriles

Info trouvée dans Apriles d'Octobre 2012

http://www.apriles.net/index.php?option=com_sobi2&sobi2Task=sobi2Details&catid=5&sobi2Id=1449&Itemid=95

Publié dans Inter Génération

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