Sur le Millevaches, des Bavard’âge pour créer du lien -19 Limousin

Publié le par Orgris

"Après trois mois de visite, je me rends compte que je reçois encore plus que je ne donne". Un bénévole

Pour tisser et maintenir des liens afin d'aider à bien vieillir, favoriser les relations intergénérationnelless et la qualité de la vie, un réseau d’une quinzaine de bénévoles rend visite aux habitants qui se sentent isolés sur le Plateau des Millevaches (19)
L’initiative démarre en 2008 à l’initiative de la MSA du Limousin qui décide de réfléchir à l’isolement des personnes âgées, en s’appuyant sur une expérience similaire menée dans les Deux-Sèvres (« Papot’âge »). Pour faire un solide état des lieux des situations sur le secteur, elle lance des questionnaires individuels à destination d’un échantillon de personnes âgées identifiées par le réseau MSA. Les résultats de cette étude permettent de faire état des situations d’isolement, du sentiment de solitude tel qu’il est ressenti par les personnes. Une solitude qui aggrave bien souvent leur sentiment d’exclusion, et l’impression de ne compter pour personne. C’est parce que ces personnes ont un besoin réel de visites ou de contacts supplémentaires, surtout dans les périodes hivernales et les moments-clés (week-end, anniversaires, etc.), que le projet Bavard’âge est né en 2009. Pour le mettre en place, la MSA s’appuie sur un comité de pilotage associant le Conseil général, la Caisse régionale d’assurance maladie (Cram) et les instances de coordination gérontologique. Ces instances locales (associations loi 1901) conventionnées avec le Conseil général pour l’accueil et l’information des personnes âgées sont appelées à s’ouvrir en 2010 aux personnes handicapées. Dans le cadre de ces missions, elles ont vocation à coordonner une action sur les cantons de Bugeat et de Sornac.

        Description détaillée :
Le projet « Bavard’âge » compte 15 bénévoles formés, signataires d’une charte qui se rendent au domicile d’une trentaine de personnes âgées de plus de 60 ans confrontées au sentiment de solitude, repérées grâce au questionnaire dépouillé par la MSA (le projet ayant vocation a être élargi).
Le bénévole qui s’engage à rendre au moins deux visites par mois à la personne, est référent de trois habitants au maximum. Cette visite (ou ce contact prolongé au téléphone, en cas d’intempérie), est un moment de plaisir partagé qui vient compléter la solidarité familiale ou de voisinage ainsi que la solidarité de droit (services à domicile). Elle permet de veiller au bien être des personnes. La charte rappelle les droits et devoirs du bénévole, l’engagement des personnes visitées ainsi que les objectifs et les valeurs du projet. Pour devenir bénévole, il suffit d’être disponible quel que soit son statut social et avoir, si possible un moyen de locomotion.
Pour piloter le réseau et coordonner les visites, deux animatrices des instances de coordination gérontologique (ICG) animent les premières rencontres entre le bénévole et la personne. En soutien, elles assurent la gestion des demandes et offres de volontaire et leur propose une formation en deux temps :
- une formation de base portant sur le vieillissement, l’écoute des personnes, les aspects liés à la confidentialité et à la distanciation, qui a lieu une fois par an ;
- une formation-accompagnement dispensée par l'association Familles rurales tous les six mois porte notamment sur l'animation et sur la sensibilisation à la notion de projet personnalisé. Elle permet de répondre aux interrogations et besoins rencontrés par les intervenants (septembre 2009 et mars 2010). La première session de formation a permis aux assistances sociales de la Cram et de la MSA de présenter le projet aux bénévoles et à Familles rurales de commencer l’accompagnement. La seconde session permet un premier retour de la part des bénévoles et un échange sur les modalités potentielles de développement de cette expérience à partir des témoignages des visiteurs. Les témoignagnages sont très positifs, tant du point de vue des visiteurs que des personnes visitées. Une personnes demande même à un bénévole de bien vouloir l'accompagner dans l'écriture de son histoire.
Pour se faire connaître des personnes âgées, l’instance utilise la presse et le réseau des aides à domicile (envoi aux aides ménagères, infirmières, etc.). Quant aux visiteurs, un feuillet de présentation du projet et du rôle du bénévole en rappelant la charte est disponible à la mairie et dans la presse.
Chaque demande est inscrite auprès des ICG qui la gèrent et mettent en relation la personne et le bénévole (majoritairement des femmes). Un suivi est assuré par les animatrices des instances (planning) qui sont garantes de la signature de la charte et de son application. Force de conseil pour les problèmes rencontrés, elles sont aussi référentes auprès du comité de pilotage si nécessaire. Toute visite annulée doit être signalée à l’instance gérontologique du canton qui assure une permanence et contacte la personne qui devait recevoir une visite. Les bénévoles peuvent être indemnisés de leurs frais kilométriques s’ils le souhaitent, ce qu’ils ne font pas toujours.
Le comité de pilotage se réunit tous les six mois pendant 2 ans (possibilité de réunion d’urgence). Il s’assure de la mise en place du projet et de son suivi. A la fin de l’année 2010, une évaluation de l’expérimentation  est menée par les coordinatrices locales des instances à partir d’indicateurs multiples : nombre de personnes âgées et localisation, nombre de bénévoles et localisation, nombre de contacts et types de contacts, nombre de nouvelles demandes, problématiques rencontrées lors des visites, questions d’appréciation des visiteurs et des visitées, ressenti, nombre de personnes formées, etc.

         Impact(s) :
- Un réseau évalué fin 2010 par la coordinatrice de l’instance gérontologique (fiche globale d’évaluation annuelle et individuelle pour l'ensemble des personnes visitées et les visiteurs) et par le comité de pilotage sur son fonctionnement global ;
- Une volonté forte de permettre la formation en continu des bénévoles, de maintenir la communication sur son existence et de s'ouvrir progressivement aux personnes handicapées ;
- Un projet qui fait boule de neige, par le bouche à oreille et qui, fort de son succès, compte aujourd’hui plusieurs personnes désirant être visitées sur liste d’attente.

Partenaire(s) : Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, Instances de coordination gérontologique (ICG) des cantons de Bugeat et Sornac, associations loi 1901, Mutualité sociale agricole du Limousin , Caisse Régionale d’Assurance Maladie Centre Ouest , Fédération Familles rurales , Association des Aînés du Pays Vert du Canton de Bugeat , Conseil général de Corrèze
       Moyens matériels et financiers
Le réseau bénéficie d’un agrément qualité. Le budget pour une année s’élève environ à 12 000 euros.
Formation : 3000 euros (subvention MSA, 2500 euros)
Frais repas formation : 1200 euros (subvention Conseil général : 2500 euros)
Fonctionnement global : 4780 euros (subvention de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie)
Indemnités kilométriques : 7 000 euros
Indemnités téléphonique : 400 euros
Communication MSA : mise à disposition
Frais de gestion (instance locale de coordination gérontologique) : mise à disposition

Contact : Guerouaf Isabelle, Instance de coordination gérontologique du Canton de Sornac,

Maison du Département, 1, rue de la République 19290 SORNAC,

téléphone : 05 55 96 95 95 e-mail : icgcantonsornac@aliceadsl.fr

Mis à jour le: 02-04-2010, publié par Apriles, Agence de Pratiques et d’initiatives sociales

http://www.apriles.net/index.php?option=com_sobi2&sobi2Task=sobi2Details&catid=3&sobi2Id=1400&Itemid=95


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