Services à la personne : des binômes pour réduire la pénibilité

Publié le par Orgris

Services à la personne :

des binômes pour réduire la pénibilité

Concilier les nécessités du service et la préservation de la santé au travail. C'est ce qui préoccupe cette association spécialisée dans l'aide aux personnes handicapées, pour prévenir le vieillissement prématuré de ses auxiliaires de vie. Des réponses existent. Encore faut-il qu'elles soient acceptées par les bénéficiaires et les salariées elles-mêmes.

Cette association gère plusieurs services d’appui à l’insertion des personnes handicapées. Le Service d’Auxiliaires de Vie (SAV) est composé de 49 salariés. Sa mission : aider les bénéficiaires dans les actes de la vie quotidienne (petits soins, toilettes …) et les tâches ménagères courantes (entretiens à domicile, aides ménagères…). Dans un contexte de stagnation des aides publiques et d'apparition de nouveaux opérateurs, le service pêne à équilibrer ses comptes.

Sous l’impulsion de son directeur, le SAV engage une réflexion pour trouver des marges de manoeuvre afin de mieux concilier les exigences des services à la personne avec la nécessité de prévenir des problèmes de santé au travail. Parmi les questions soulevées : la perception forte qu’avec l’âge, les problèmes de santé s’accentuent. Jusqu’à présent, les solutions passent par le reclassement des personnes concernées dans d’autres activités considérées comme moins pénibles. Ce qui sous-entend que les conditions de travail au SAV restent pénibles et que les leviers d’amélioration sont restreints.

Les conditions d’exercice du métier d’auxiliaire de vie exposent les salariés à des facteurs de pénibilité physique considérés comme particulièrement importants. Ils sont liés à l’assistance à des personnes dont certaines sont très peu autonomes au cours des différents actes de la vie quotidienne. L’analyse des données démographiques (âge et ancienneté) et de santé (arrêts maladies, accidents du travail, maladies professionnelles) de l’effectif montre que toutes les tranches d’âges sont concernées par les problèmes de santé au travail, à commencer par le mal de dos. Cependant, à partir de 35-45 ans, ces problèmes de santé s’accentuent, en particulier pour les personnes qui ont plus de 10 ans d’ancienneté. Par ailleurs, il existe dans le travail certains facteurs qui génèrent des difficultés : conditions de manutention, postures, possibilité ou non de s‘entraider… Au total, il apparaît que la pénibilité au travail varie selon quatre facteurs essentiels : - le type de pathologie des bénéficiaires ; - les lieux et les équipements (domiciles, maisons d’autonomie, existence ou non d’aides techniques) ; - la possibilité, ou non, de travailler à deux ; - la régularité du travail (existence ou non d’aléas, planification…). Il existe des marges de manœuvre. D'abord dans la capacité du service à planifier le travail des salariées. Toutes les situations présentent des contraintes, mais il existe une grande différence entre celles que l’on subit et celles que l’on connaît donc que l’on peut anticiper. Ensuite, il est possible de réduire le temps de travail. Il apparaît que ces marges de manœuvres varient selon l’ancienneté dans la structure. Principale piste d’action dégagée : le travail en binôme. Direction et représentants du personnel estiment que c'est le principal moyen d'atténuer la pénibilité au travail. Mais il existe des freins importants pour mettre en place cette pratique qui suscite des réticences de la part des bénéficiaires et de certaines intervenantes. Par ailleurs, elle n'est pas généralisable essentiellement pour des raisons de coût de revient du service. La question se pose alors de repérer les situations pour lesquelles le binôme devient indispensable, afin de mieux le programmer. Un groupe de travail d’intervenantes est donc chargé de construire et d’expérimenter avec l’appui du consultant, une grille d'évaluation de la pénibilité des situations de travail pour adapter les moyens, dont la mise en œuvre du travail en binôme. La grille produite comprend 4 critères déterminants d’une situation de travail chez un bénéficiaire du point de vue des intervenantes : pathologie, configuration des espaces, locaux équipés ou non, éloignement géographique.

La démarche a permis de mettre l’accent sur les difficultés croissantes à réaliser le travail avec l’ancienneté. Ce constat est d’autant plus préoccupant que l’effectif est composé en très grande majorité de personnes seulement à mi parcours de leur vie professionnelle, soit entre 40 et 50 ans. Elle a permis de collecter des données de gestion de ressources humaines, de les traiter et d’en faire un outil de pilotage d’actions de progrès. Direction et délégués du personnel se sont appropriés la réflexion par le biais de trois approches complémentaires : l’analyse des données chiffrées, l’analyse de quelques situations de travail, l’animation d’un groupe de travail.

Alain CHEVANCE, chargé(e) de mission, ANACT

http://www.anact.fr/portal/page/portal/AnactWeb/NOTINPW_PAGES_TRANSVERSES/4_CAS_ENTREPRISES/NOTINMENU_AFFICHAGE_CAS?p_thingIdToShow=6273394

info relevée dans la Newsletter n° 12 du Cabinet Brigitte Croff Conseil et Associés

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