Près de 60% des personnes de 80 ans et plus vivant à domicile sont "relativement autonomes"

Publié le par Orgris

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie les résultats d'une étude originale sur l'"Approche de l'autonomie chez les adultes et les personnes âgées". Cette étude exploite les données de l'enquête nationale Handicap-Santé en ménages ordinaires (HSM), réalisée en 2008 par l'Insee et la Drees. L'objectif est d'évaluer, dans quatre tranches d'âge (20-39 ans, 40-59 ans, 60-79 ans et 80 ans et plus), le degré d'autonomie perçu des adultes et des personnes âgées vivant à domicile.

Si nul ne sera surpris de constater que l'autonomie diminue avec l'âge, l'étude n'en apporte pas moins des enseignements intéressants. Reposant sur une base déclarative - à la différence de la grille Aggir pour l'APA ou du guide d'évaluation pour la prestation de compensation du handicap -, elle passe en revue, de façon très détaillée, les différentes limitations fonctionnelles (physiques ou cognitives) et les restrictions d'activité dans la vie quotidienne (activités essentielles et activités instrumentales), perçues avant et après 60 ans.

Ainsi, chez les 60 ans et plus, les activités physiques les plus souvent citées comme difficiles à réaliser sont le fait d'entendre ce qui se dit dans une conversation à plusieurs (30,4% de citations), le fait de se baisser ou de s'agenouiller (30%) et celui de monter ou descendre un étage (20,6%). Les limitations cognitives les plus souvent citées sont les trous de mémoire (40,4% de "parfois" et de "souvent"), le fait d'être trop impulsif ou agressif (24,6%) et les difficultés pour apprendre de nouveaux savoirs ou savoir-faire (19,8%). Les taux de citation sont nettement plus faibles pour ce qui concerne les restrictions d'activité dans la vie quotidienne. Les plus souvent citées concernent les activités instrumentales (IADL), notamment faire les courses et accomplir des tâches courantes ou occasionnelles.

Au total, il apparaît que 17,8% des 60-79 ans et 51,6% des 80 ans et plus déclarent au moins une limitation physique absolue ("ne peut pas faire"). Ces proportions sont respectivement de 11% et 26,2% pour les limitations cognitives graves, de 1,9% et 11,9% pour les restrictions absolues sur les activités essentielles (ADL) et de 11,9% et 44,1% pour les restrictions absolues sur les IADL.

Un second tableau, tout aussi fourni, donne une description détaillée des profils types d'autonomie et de dépendance dans les quatre groupes d'âge. Pour chacun des profils, le tableau indique - pour chacune des limitations ou restrictions étudiées (physiques, cognitives, ADL et IADL) - le pourcentage des personnes qui sont dans une situation d'incapacité absolue (par exemple, 77% des 60-79 ans relevant du profil "fortement dépendants" se disent dans l'incapacité de couper leur nourriture ou de se servir à boire).

  Les 60-79 ans sont ainsi classés en quatre profils : autonomes (83% de la classe d'âge), modérément autonomes (13,7%), dépendants (2,7%) et fortement dépendants (0,6%).

  Les personnes de 80 ans et plus se répartissent également en quatre profils. Près de six sur dix (59,4%) peuvent ainsi être considérées comme "relativement autonomes", malgré quelques difficultés d'audition ou de motricité générale. Plus d'un quart de la tranche d'âge (26,8%) - soit 661.000 personnes - relève du profil "modérément autonomes". Celui-ci concerne en majorité des femmes (76% de ce profil contre 67% pour l'ensemble des personnes de 80 ans et plus). Le troisième profil - "dépendants" - regroupe 11,2% des 80 ans et plus, soit 277.000 personnes. Près de 70% d'entre elles déclarent une paralysie complète ou partielle. Enfin, la "forte dépendance" concerne 2,5% de la tranche d'âge vivant à domicile, soit 62.000 personnes.

Il est intéressant de rapprocher ces chiffres de ceux de l'APA à domicile. Si un million de personnes de 80 ans et plus vivant à domicile sont ainsi classées par la Drees dans les profils 2 à 4 - auxquels on peut ajouter 334.000 personnes de 60 à 79 ans dans la même situation -, l'APA à domicile ne compte que 686.000 bénéficiaires (chiffres au 30 juin 2009). Les personnes déclarant une dépendance dans le cadre de l'étude de la Drees sont donc près de deux fois plus nombreuses que les bénéficiaires de l'APA à domicile.

En revanche, la forte dépendance (dernier profil des classes d'âge 50-79 ans et 80 ans et plus dans l'étude de la Drees) concernerait 123.000 personnes, autrement dit un chiffre très proche des 143.000 bénéficiaires de l'APA à domicile classés dans les GIR 1 et 2.

Jean-Noël Escudié / PCA, publié le 25 février 2010 par Localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artVeille&pagename=Localtis/artVeille/artVeille&cid=1250259533187

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