Portage de repas à domicile : froid ou chaud ? - 24 Aquitaine

Publié le par Orgris

Si le portage de repas à domicile est un service que les collectivités n'hésitent pas à proposer, reste à choisir entre deux options : liaison chaude ou froide. Le centre intercommunal de la communauté de communes Astérienne Isle et Vern (CCAIV) a préféré le froid, pour des raisons pratiques et financières, mais sans lésiner sur les moyens qui font que ce service va bien au-delà de la seule livraison de repas.
Le portage de repas à domicile des personnes âgées ou handicapées est souvent l'un des services clés des politiques locales menées pour le maintien à domicile. Pour le jeune centre intercommunal d'action sociale de communauté de communes Astérienne Isle et Vern (créée en 2006), en périphérie rurale de Périgueux, l'offre de ce service (qui existait déjà sur la commune centre de Saint Astier) s'est naturellement imposée. "Le besoin était apparu lors de la démarche d'autodiagnostic social proposée par Mairie-conseils,  précédant la création du CIAS. C'était une action fédératrice entre les communes, et qui a pris du sens car le portage de repas est aussi un outil de veille sociale", justifie Marc Mélotti, vice président du CIAS.

     Moins de contraintes

Restait à trancher entre le service en liaison chaude ou en liaison froide. La seconde possibilité présentait plus d'avantages et moins de contraintes : "Le respect des consignes et des normes sur la liaison chaude est quasiment impossible à tenir, car il faudrait livrer tous les repas en deux heures. Or, sur notre territoire rural, les tournées sont longues", explique Marc Mélotti. La liaison froide permet d'organiser la distribution plus sereinement, quelque soit le trajet ou les impondérables (remplacement d'un agent, panne, etc. ). La qualité gustative est peut être moindre, mais les repas froids ont l'autre avantage de pouvoir être consommés dans les deux jours. "Nous pouvons donc assurer sept repas par semaine, ceux du week-end étant livrés le samedi. Le portage de repas chauds nous aurait obligé à faire des tournées le dimanche, à un coût bien plus élevé", souligne Francis Duverneuil, directeur général de la communauté.

Par ailleurs, le fournisseur des repas est l'hôpital de Périgueux (avec qui le CIAS a passé un marché jusque fin 2008). "Ce qui nous assure des repas adaptés aux personnes âgées", ajoute-t-il. Les agents du CIAS vont chercher les repas à la cuisine centrale de l'hôpital (à 10 km du premier plateau à livrer), ce qui s'avère moins cher que si le CIAS avait passé un marché avec un prestataire privé, plus éloigné. Surtout en ces temps de carburant cher...Dernier avantage, les repas froids sont transportés dans un véhicule frigo, qui peut également servir, en cas de canicule comme l'été 2003, à la livraison de boissons fraîches.

 

Les facilités offertes par les repas froids auraient pu être poussées jusqu'au bout pour faire des économies de personnel. "Mais comme le conseil d'administration du CIAS l'a réaffirmé, le portage de repas est un outil de veille sociale et nous avons tenu à ce que les livraisons de repas soient quotidiennes - excepté le dimanche - pour entretenir cette relation de proximité entre les agents et les personnes âgées", maintient Marc Mélotti. Deux agents assurent les tournées d'environ soixante-dix repas par jour. Le nombre de demandes ne cesse de se renouveler et croître (trente-huit demandes nouvelles depuis le début de l'année 2008). Leur mission n'a rien à voir avec celle d'un simple livreur : ils ont un temps de discussion avec les personnes, doivent vérifier que le plateau précédent a été mangé, être vigilants et noter les signes de dégradation de l'état mental ou physique de la personne (tristesse, perte d'appétit...). "Ils n'ont malgré tout pas une marge de temps très grande, reconnaît Marc Mélotti. Mais augmenter le temps passé auprès de chaque client/usager suppose un coût... à assumer par la collectivité ou à répartir auprès de ces usagers. Nous voulons étudier la possibilité et les incidences qu'il y aurait à faire des tarifs différents en fonction des ressources des personnes. Mais il n'est pas non plus de notre intérêt de prendre en charge des aides qui existent par ailleurs(1)."

Si la collectivité y est de sa poche pour 115.000 euros par an - le delta entre le coût du service et le service facturé -, cet investissement n'est sujet à aucune polémique. "Il rend service à la société en général. Des médecins, infirmiers, aides à domiciles, m'ont à plusieurs reprises avoué que sans cela, des personnes âgées seraient restés hospitalisées, raconte Marc Mélotti. C'est un constat navrant qu'on ne peut perdre de vue."

Emmanuelle Stroesser, mardi 02 décembre 2008, pour Mairie-conseils et Localtis

Communauté de communes Astérienne Isle et Vern, BP 6, 24110 Saint-Astier

Tel : 05 53 03 45 82 - Fax : 05 53 53 18 45

Mélotti Marc, Vice président, m.melotti@orange.fr

Duverneuil Francis, Directeur général, f-duverneuil@CCAIV.com

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