Natalité et retraites,

Publié le par Orgris

Variable clé du débat actuel sur les retraites,

la chute de la natalité touche la France nettement moins que la plupart des voisins.

Extrait du dossier « Retraites : les enjeux »,

paru dans le numéro d'avril 2010 d'Alternatives Economiques.

La dégradation du rapport entre le nombre de personnes d'âge actif et celui des personnes âgées inactives a une autre cause : le départ à la retraite des générations nombreuses du baby-boom et leur remplacement par de jeunes générations moins nombreuses. En 1960, les femmes avaient eu en moyenne 2,7 enfants. Une moyenne qui était même montée à 2,9 en 1963, avant de tomber à 1,7 au début des années 1990, pour remonter à 2 en 2009. Il s'agit cependant de ce qu'on appelle l'« indicateur conjoncturel de fécondité » en jargon de démographe, c'est-à-dire du nombre moyen d'enfants qu'ont eu l'ensemble des femmes à un moment donné. Si on s'intéresse au nombre d'enfants qu'a effectivement chaque femme avant la ménopause, cette moyenne est supérieure pour les générations qui sont arrivées à ce terme : elle atteint 2,1 enfants par femme, niveau qui permet le renouvellement des générations.

Pourquoi cet écart ? Parce que les femmes ont des enfants de plus en plus tard. Cette baisse des naissances, combinée à l'allongement de la vie, a bien sûr des effets importants sur la structure de la population : les moins de 15 ans représentaient 26,7 % de la population française en 1960, plus du quart. Ils n'en forment plus aujourd'hui que 18,5 %, moins d'un cinquième. A contrario, les plus de 65 ans, qui ne représentaient que 11,5 % de la population en 1960, pèsent aujourd'hui 18,5 % du total.

Cela étant, la France se trouve sur ce plan dans une situation très différente de la plupart des autres pays développés : au Japon, la fécondité est tombée à 1,32 enfant par femme ; elle se situe à 1,33 en Allemagne, 1,35 en Italie, 1,38 en Espagne… Et dans ces pays (à l'exception de l'Espagne, mais nous y reviendrons), les plus de 65 ans représentent déjà plus d'une personne sur cinq, tandis que les jeunes en pèsent moins d'une sur sept. Depuis 1998, la population allemande d'âge actif (de 15 à 64 ans) a reculé de 2,2 millions de personnes, alors que dans le même temps elle augmentait de 2,9 millions dans l'Hexagone. Bref, la France est bien sûr concernée elle aussi par le vieillissement, mais elle l'est dans des proportions qui sont et resteront dans l'avenir prévisible nettement moins importantes que chez la plupart de ses voisins. Il est donc légitime qu'une question comme l'âge de départ en retraite, qui devrait être porté à 67 ans en Allemagne en 2029 et peut-être également en Espagne prochainement, se pose de façon sensiblement différente dans notre pays.

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                            Guillaume Duval | Article Web - 15 avril 2010, dans :

 

 

 

 

http://www.alternatives-economiques.fr/la-france-resiste-a-la-baisse-demographique_fr_art_633_49164.html

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