Maisons partagées, suite : plus belle la vie - Midi Pyrénées

Publié le par Orgris

Pour compléter votre culture sur lesq maisons partagées, voici un article de Libération,

C'est peut être principalement urbain, mais ça peut donner des idées pour le rural :

 

Construire un immeuble à plusieurs en choisissant tout, du terrain aux matériaux en passant par l’emplacement des cuisines, c’est le choix des pionniers de l’autopromotion. Après l’Allemagne ou la Suisse, ce type de démarche séduit des Français à la recherche d’un habitat et d’un mode de vie souvent écolo-solidaire. Pas vraiment une utopie mais un vrai parcours d’obstacles.

Après le Sam’suffit en banlieue, la maison individuelle dans un lotissement perdu au milieu des champs, voici l’immeuble de ville construit par un collectif de particuliers. On ne passe plus par un promoteur, on devient maître d’ouvrage soi-même. On appelle ça l’autopromotion ou l’habitat groupé. C’est le nouveau rêve d’accession à la propriété des urbains désireux de mettre en oeuvre leurs aspirations écolo-solidaires. L’intérêt : échapper à la pression immobilière et aux promoteurs standardisés, construire du petit collectif sur-mesure respectueux de l’environnement, instituer des modes de vie moins individualistes. « Vie sociale accessible ». En une poignée d’années, des dizaines d’associations de particuliers ont fleuri un peu partout en France. « Depuis la création de notre collectif, Eco-Quartiers d’Anjou en 2004, nous sommes passés d’une dizaine à une quinzaine de familles », constate Gildas Gaboriau. Avec Les Prés, leur écoprojet de soixante logements situé à la périphérie d’Angers, l’association fait figure de pionnière. Si l’autopromotion est plus facile à réaliser à la campagne où le foncier est moins cher, elle se révèle un vrai casse-tête en milieu urbain où les terrains sont peu disponibles pour les particuliers. Les écolos angevins ont trouvé la parade en s’associant à un bailleur social de la région. La livraison est prévue pour 2011. Les futurs habitants-concepteurs ? Une secrétaire, un informaticien, une institutrice, un psychologue, une retraitée, une cadre commerciale ... Ils ont choisi leur architecte et opté pour des matériaux sains, développé une architecture peu consommatrice d’énergie. « Les Prés mettent aussi l’accent sur le développement d’une vie sociale et accessible à toutes les bourses », explique Denis Héroguel, l’un des autopromoteurs. En somme, des logements HLM sans PVC à louer ou des appartements et maisons de qualité supérieure (une vingtaine) à acheter. Dynamique suisse. C’est en regardant au-delà des frontières que ces citoyens engagés ont mûri leurs rêves. Les écoquartiers allemands, comme celui de Vauban à Fribourg et leurs baugruppen, (groupes de particuliers associés pour construire) ont été visités comme autant de lieux de pèlerinage. En Suisse, c’est la formule de la coopérative d’habitants particulièrement dynamique dans ce pays (20 % du parc de logements) qui a servi de modèle. La première association à promouvoir ce type d’habitat en France, Habicoop, a vu le jour en 2005 à Lyon. C’est assez logiquement dans cette région que devrait sortir de terre la première coopérative d’habitants. Il s’agit d’un immeuble situé dans une ZAC de Villeurbanne qui, si tout va bien, sera habitable fin 2011. Le projet de l’association, le Village vertical, se veut à forte valeur sociale et écologique : une dizaine de logements sociaux et au moins quatre logements « très sociaux » réservés à des familles précaires, des handicapés, des retraités. Avec une buanderie et une salle commune dotée d’une cuisine, les habitants espèrent développer un mode de vie moins individualiste où les voisins se rencontrent et s’entraident. Ils souhaitent également limiter les déplacements en voiture et réaliser des achats alimentaires en commun auprès de producteurs locaux. « Notre projet représente une alternative écologique à l’individualisme et à la consommation frénétique », estiment-ils. Le Village vertical sera conçu avec des panneaux solaires, un chauffage au bois, un toit végétalisé. Jeune architecte installé à Strasbourg, Michaël Osswald rêve aussi de toit végétalisé en pleine ville mais avec des carottes, des salades et des plants de tomates dessus. « Avec des amis, nous voulons construire un immeuble partagé de quatre logements, dit-il. Et sur le toit plat, installer des serres ou un jardin pour faire de l’agriculture. L’urbanité rurale intéresse beaucoup de gens. » D’un petit groupe de maisons individuelles accolées sur un terrain au milieu des champs à l’immeuble en plein centre-ville, les autopromoteurs s’enflamment pour cette façon innovante de vivre, qui n’est pas une résurgence de la vie communautaire des années 70 mais plutôt une tentative de mener une existence davantage en accord avec leurs principes de citoyens écologistes et solidaires. Cadre légal flou. Dans les faits, jusqu’à présent, peu dépassent le stade enthousiaste des discussions. Car les programmes d’autopromotion sont effroyablement complexes à mettre en œuvre. En ville, les collectifs buttent sur la difficulté à obtenir des terrains et se heurtent à des pouvoirs publics encore très frileux. Des municipalités commencent à être saisies du même enthousiasme que leurs concitoyens, comme Lyon ou Strasbourg. Le Village vertical est ainsi largement soutenu par la communauté urbaine et s’est glissé dans un projet de ZAC. A Angers, les Prés se sont associés à un bailleur social pour la maîtrise d’ouvrage. Plus généralement, les problèmes s’amoncellent quand arrive le moment fatidique de mettre les premiers sous sur la table. Sans compter les divergences au sein du groupe (ceux qui construisent ne sont pas forcément ceux qui ont fondé l’association) et les bouleversements ordinaires de la vie privée (divorce, chômage, mutation professionnelle, etc.). Enfin, le cadre légal n’est ni clair ni incitatif. Il y a bien le modèle classique de la SCI et de la copropriété mais pas vraiment adapté au caractère social, environnemental et urbain de l’autopromotion. Même chose pour les coopératives d’habitants qui rencontrent des difficultés administratives et juridiques. Autant de démarches écolo-citoyennes peu soutenues par les pouvoirs publics. « Un comble à l’heure du Grenelle de l’environnement », s’étonne un autopromoteur. Dans ce foisonnement de projets, nous avons retenu quatre exemples. Un immeuble en Allemagne et un en Suisse, berceaux de l’habitat groupé. Une maison de vacances dont les autopromoteurs sont membres d’une même famille. Un projet d’immeuble à Strasbourg totalement réalisé par les habitants et livrable en 2009. Et enfin, un immeuble construit en… 1978 par un groupe d’amis à Meudon, en région parisienne. A l’époque, on appelait ça de l’habitat groupé autogéré.

 

Article de DAUMAS Cécile dans Libération du 04 04 2009

http://www.liberation.fr/next/0101568540-maisons-partagees-plus-belle-la-vie

 

(1) Le PS et les Verts veulent encourager ce type d’initiatives. (2) Le bâtiment devrait consommer 50 kWh par m2 et par an alors que la norme du « passif énergétique » s’établit de 10 à 15 kWh par an.

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