Le vieillissement, source d’emplois…le cas auvergnat

Publié le par Orgris

L’Auvergne aura des besoins accrus en matière de services à la personne à l’horizon 2020. Le vieillissement de la population auvergnate a pour conséquence positive l’augmentation des emplois dans le secteur des services à la personne.

A quelque chose, malheur est parfois bon. L’Auvergne est l’une des régions à la population la plus âgée. La moitié de ses habitants ont plus de 42 ans (38 ans au niveau national), un sur cinq dépasse 65 ans (*). Le constat est d’autant moins réjouissant que ce vieillissement engendre un nombre croissant de personnes dépendantes. Avec, toutefois, une conséquence positive : l’augmentation de la demande de services d’aide et d’assistance.

Logiquement, ce secteur d’activité est surreprésenté en Auvergne : 5,2 % contre 4,6 % pour l’ensemble du pays, soit 24.000 emplois. C‘est particulièrement vrai dans le Cantal et dans l’Allier, départements dans lesquels les seniors (plus de 74 ans) représentent plus de 12 % de la population. Et ce n’est qu’un début. Dans une étude récente, l’INSEE prévoit une augmentation sensible des besoins sous dix ans.

     Travaux ménagers

« D’ici 2020, sous l’hypothèse du maintien des comportements démographiques récents », l’étude prévoit « une hausse de 4,9 % des ménages utilisateurs dans l’Allier, et de 6,5 % dans le Cantal ». Cette croissance serait « encore plus soutenue dans le PuydeDôme (+ 10,2 %) et la HauteLoire (+ 9,6 %) ». L’essentiel de cette demande portera, encore plus qu’aujourd’hui, sur les travaux ménagers (huit interventions sur dix). Face à cette demande, et en bonne logique économique, une offre s’est positionnée.

Les personnes qui y ont recours s’appuient largement sur les aides publiques misent en place depuis les années 2000 : prestation spécifique dépendance (pour les publics fragilisés) et aide personnalisée à l’autonomie (services dits « ménagers »). Concrètement, hors les soins médicaux à domicile, les prestations fournies peuvent être très diverses : entretien du logement, repassage, préparation et livraison des repas, travaux de bricolage, courses…

    Le gros des besoins des ménages est assuré directement par des particuliers employeurs

Les services rendus sont également fonction des structures existantes. « Dans le Cantal et la HauteLoire, précise l’INSEE, neuf établissements sur dix sont des associations agréées de la nsphère de “l’économie sociale” […] La diversité est plus forte dans le PuydeDôme et l’Allier, où les associations agréées représentent seulement six organismes sur dix ». Le reste se répartit entre les établissements publics (24 et 22 %) et les entreprises privées (15 et 11 %). Le gros des besoins des ménages est toutefois assuré directement par des particuliers employeurs (60 % dans le Cantal et l’Allier).

Mais ce gisement d’emploi, pour étendu qu’il puisse paraître, n’a rien d’un Eldorado. En Auvergne, comme en France, un inter venant ne travaille en moyenne que douze heures par semaine (dix heures dans l’Allier et le Cantal). Avec un taux horaire moyen de 9,50 €, difficile de ne vivre que de cela…

(*) Source INSEE (Chiffres de 2006).

 

Yves Le FaouLA MONTAGNE, lundi 23 novembre 

 

 

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