L’emploi des seniors : taux d'emploi des 55-64 ans

Publié le par Orgris

Les chiffres en 2010 en France et dans l’Union européenne 

En 2010

France

UE

Taux d’activité des 55-64 ans

42,5 %

49,7 %

Taux d’activité des 55-59 ans

60,6 %

63,5 %

Taux d’activité des 60-64 ans

17,9 %

32,5 %

Ainsi, en 2010, 42,5 % des personnes âgées de 55 à 64 ans sont actives en France métropolitaine, soit 39,7 % en emploi et 2,8 % au chômage. En 2010, le taux d’activité des 55-64 ans en France est inférieur de 7,2 points au taux d’activité moyen dans l’Union européenne à 27 pays (UE27).

Dans l’Union européenne de 2000 à 2010, où l’objectif affiché est d’atteindre un taux de 50 %, le taux d’emploi des 55-64 ans a progressé dans la quasi-totalité de ces pays vers cet objectif. En France, une fois corrigé de l’effet de la structure démographique, c’est-à-dire la différence numérique des classes d’âges arrivant parmi les seniors, le taux d’activité des seniors a progressé chaque année depuis 2001, à tous les âges, hommes et femmes, avec + 7 points en 8 ans, en particulier par la nette augmentation de l’activité entre 55 et 59 ans depuis 2008 et la baisse du dispositif public de cessation anticipée d’activité . D’ailleurs, la France a connu une progression, légèrement inférieure à la moyenne européenne, de 2000 à 2007, puis, malgré la crise, la progression du taux d’emploi a connu une hausse plus forte en 2008 et 2009, qui s’est accentuée en 2010.

En 2010

France

UE

« Décrochage » de l’emploi entre les 50/54 ans et les 55/59 ans

- 20 points

- 14 points

Taux d’emploi

Taux d’emploi 55-59 ans

60,6 %

63,5 %

Taux d’emploi 60/64 ans

17,9 %

32,5 %

Le taux d’emploi des 55-59 ans est assez proche de la moyenne européenne en raison notamment du taux d’activité relativement élevé des femmes. À 54 ans d’ailleurs, le taux de présence sur le marché du travail est élevé. À partir de 55 ans, la baisse des taux d’activité est rapide et la France est le pays européen dont le « décrochage » de l’emploi entre les 50-54 ans et les 55-59 ans est le plus fort.

En 2010

Hommes

Femmes

Taux d’emploi à 54 ans

90 %

78 %

Taux d’emploi à 60 ans

30 %

27 %

Taux d’emploi à 65 ans

8 %

5 %

Le « décrochage » est encore plus marqué pour les plus de 60 ans : comparé aux pays de l’Union européenne à 15, le taux d’emploi des 60-64 ans est très faible en France. À 60 ans déjà, les actifs sont très minoritaires. Et à 65 ans, on ne compte plus que 8 % des hommes et 5 % des femmes en activité. C’est cette faiblesse d’activité entre 60 et 65 ans qui explique l’écart de la France avec l’Union européenne, alors qu’il dépasse 40 % en Allemagne, au Danemark, en Finlande, en Irlande, au Portugal, au Royaume-Uni et en Suède (près des 2/3). Cependant en l’activité des 60-64 ans, en baisse depuis les années 70, a cessé de décroître au milieu des années 90, puis est repartie à la hausse depuis 2001. Les modifications des règles d’accès à la retraite devraient accentuer ce mouvement.

     Les emplois des seniors et leurs conditions

On trouve les seniors dans les emplois qui demandent de l’expérience et les métiers au recrutement relativement ancien (agriculteurs, cadres et employés administratifs publics, médecins, métiers de services aux personnes, dirigeants d’entreprises…).

Les salariés seniors travaillent aussi plus souvent dans la fonction publique que les plus jeunes :

 

55/64 ans

Tous âges

% de salariés dans les fonctions publiques

28 %

23 %

Le poids relativement important des indépendants et, pour les salariés, des emplois stables contribue, avec les dispositifs publics de retrait d’activité, à expliquer la faiblesse relative du taux de chômage des seniors.

     Conditions de travail et de santé

En 2007, un tiers de salariés de 50 à 59 ans déclaraient avoir connu au moins 15 ans de pénibilité physique, en premier des travaux physiques durs, puis des produits nocifs ou toxiques, du travail répétitif, et enfin du travail de nuit, avec souvent un cumul de plusieurs de ces pénibilités. C’est en particulier le cas des ouvriers, mais aussi de beaucoup d’indépendants (artisans, agriculteurs, commerçants). Ces personnes sont plus souvent inactives, mais pour les 3/4 d’entre elles sans reconnaissance administrative d’un problème de santé. Cette reconnaissance administrative d’un problème de santé existe surtout pour les seniors qui ont vécu plusieurs pénibilités.

     Formation et sécurisation des parcours professionnels

Les salariés et demandeurs d’emploi âgés accèdent moins souvent à la formation. Cette situation, remarquée dès 45 ans, s’accentue beaucoup à partir de 55 ans, quelle que soit la qualification des seniors, qu’ils soient en emploi ou demandeurs. Interrogation de l’employeur sur l’intérêt de l’investissement, moindre appétence de cette population,

En 2006

Seniors

Avant 55 ans

Taux d’accès à la formation

35 %

49 %

    Ruptures conventionnelles

Au second semestre 2010, la part des sorties d’emploi par rupture conventionnelle est de 16 % chez les seniors, un taux supérieur à celui des autres tranches d’âge (11 % en moyenne). Leur sur-représentation ne se retrouve pas dans les entreprises de moins de 50 salariés, mais existe dans celles de plus de 50. Est-ce le signe d’une dérive du dispositif, faisant reporter sur l’UNEDIC le coût de situations équivalentes à des préretraites ?

    Chômage et effets de la crise

Le taux de chômage des seniors en France est comparable à la moyenne européenne en 2010. Il a augmenté de 2,2 points de 2008 à 2010 et a très fortement accéléré dans l’année, soit en cumulant depuis le début de la crise, on arrive à un quasi doublement !

 

Mai 2008

31 décembre 2011

Taux de chômage des seniors

3,6 %

6,6 %

Même si, malgré tout, les seniors sont en proportion moins nombreux à être au chômage, ils peinent à en sortir. En moyenne sur l’année, environ huit personnes de 55 à 64 ans sur dix s’étant déclarées au chômage en 2009 déclarent toujours y être un an après. La raison : les recrutements d’entreprises sont presque inexistants.

En 2010

55/64 ans

30/49 ans

Sorties du chômage vers l’emploi parmi les inscrits de 2009

10 %

33 %

Or, avec le retard à combler, avec l’arrivée à ces âges des générations nombreuses du baby boom et le recul de l’âge d’ouverture des droits à la retraite, ce sont des centaines de milliers d’emplois qui sont nécessaires pour les seniors : 800 000 dit l’OFCE (Office français des conjonctures économiques), ce qui représenterait pourtant 9 milliards de plus de rentrées de cotisations sociales !

     Négociations et accords

Après la réforme des retraites de 2003 qui visait à repousser la sortie d’activité des seniors, les partenaires sociaux ont entamé en 2005 une négociation nationale sur l’emploi des seniors pour leur maintien et retour à l’emploi. Un accord national a été conclu le13 octobre. Il a été suivi d’un plan national d’action concertée de 2006 à 2010 pour favoriser l’emploi des seniors et renforcer la sécurisation de leurs parcours : entretiens de deuxième partie de carrière, GPEC et gestion des âges, formation et VAE... Mais ces mesures vont buter sur les représentations des seniors qu’ont conservées les entreprises .

Puis, la loi de financement de la sécurité sociale de 2009 a instauré une obligation de négociation d’entreprise et la conclusion d’un accord ou d’un plan d’action à partir de 50 salariés avant le 1 er janvier 2010.

Aussi, entre le 1 er juin 2009 et 30 septembre 2010, 27 750 accords ou plans d’action d’entreprises ont été enregistrés qui, avec les filiales, couvrent 36 000 entreprises et 7,3 millions de salariés. 72 % sont des plans d’action faits par les seuls employeurs (avec consultation du CE s’il existe), surtout dans les PME ; 28 % sont des accords, surtout dans les entreprises plus grandes (à partir de 300) où existent plus souvent des délégués syndicaux. Et près de 80 accords de branches, couvrant en fait 400 conventions collectives, ont été déposés pour extension ; ils couvrent 550 000 entreprises et permettent aux entreprises de 50 à 299 salariés de ne pas avoir la pénalité de 1 %(en cas de non accord ou plan d’action d’entreprise).

Un échantillon de ces textes, examinés par la DARES, montre que les objectifs généraux et domaines exigés sont présents dans ces textes, mais avec des outils de mise en œuvre assez classiques : « développement des compétences, des qualifications et accès à la formation », « anticipation de l’évolution des carrières professionnelles », « aménagement des fins de carrière » et « transmission des savoirs et compétences ». L’organisation et le temps de travail sont beaucoup moins traités, sauf pour les aménagements de fins de carrière. Encore moins le recrutement de seniors, sauf dans les secteurs à fort turn over et à difficultés de recrutement – mais qui sont souvent dans des activités difficiles ou pénibles.

Le chiffrage de ces engagements reste assez flou et permet mal de mesurer l’effort accompli par les entreprises. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas à la hauteur de la question et qu’il y a toujours contradiction entre les discours de leurs organisations et leurs pratiques sur le terrain.

Aussi, la Cour des comptes elle-même, dans un rapport de janvier 2012, tout en remettant en cause l’existence de dispositifs nombreux et insuffisamment coordonnés, estime que les acteurs concernés doivent être remobilisés (syndicats et patronats, État et Sécurité sociale) en faveur de l’activation des seniors sans emploi. Pour elle, comme les accords sur l’emploi des seniors doivent être renégociés fin 2012, l’année doit être mise à profit pour trouver des modalités de négociation obligeant à des contenus d’accords ou de plan d’action plus directement favorables à l’emploi des seniors et pour mener des actions en direction des petites entreprises qui ne sont jusqu’ici pas concernées par ces négociations.

Source principale : DARES – Document d’études n° 164Emploi des seniors. Synthèse des principales données sur l’emploi des seniors – septembre 2011

article mis en ligne le 05/02/2012 dans Clés du Social

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