L’ECONOMIE DU VIEILLISSEMENT, RELAIS DE CROISSANCE

Publié le par Orgris

Contrairement à l’idée reçue, la principale révolution en Europe n’est pas celle de la longévité ou de l’allongement de la vie mais bien celle du vieillissement massif de la population. 

En effet, des cas d’individus ayant vécu jusqu’à 100 ou 110 ans peuvent être cités sans peine dans tous les pays, et ce depuis l’Antiquité.



En revanche, le fait de dépasser un seuil de 30% pour la population pour les plus de 60 ans est un phénomène complètement nouveau dans l’histoire des pays européens.



La population âgée de 60 ans ou plus, qui compte aujourd’hui en France quelque 14,5 millions de personnes (10,8 millions en 1990), pourrait se situer, selon les dernières projections de l’INSEE, dans une fourchette de 17,3 à 17,6 millions en 2020 et de 22,1 à 23,9 millions en 2050. Cette population, qui représente aujourd’hui 23 % du total (18,9 % en 1990) pourrait compter pour 26 % à 27 % en 2020, et 29 % à 35 % en 2050.



L’autre fait majeur est l’émergence de la catégorie de population liée au grand âge. De 2 millions en 1990 (3,7 % du total), les plus de 80 ans qui sont 3,8 millions aujourd’hui (6 %), vont passer à 4 à 4,2 millions en 2020, (5,9 % ou 6,2 %), 7 ou 8,9 millions en 2050 (9,3 % ou 13 %).

Incontestablement, les grands équilibres économiques et sociaux et, plus spécialement, le système de protection sociale sont les premiers touchés par cette révolution du vieillissement massif de la population.



Les crises financières successives, le déficit chronique des comptes sociaux comme le niveau d’endettement public accentuent cette pression sur le système de protection sociale et obligent, au demeurant, à s’interroger sur les modes de financement (impôts, cotisations sociales…) ainsi que la répartition entre les différentes parties prenantes (Sécurité Sociale, assureurs complémentaires, entreprises, ménages…).



Mais par ses effets sur les modes de consommation, les stratégies individuelles et collectives, le vieillissement massif de la population impacte tous les secteurs de la consommation quotidienne, et pas seulement les secteurs traditionnellement cités : 
- l’épargne (gérants d’actifs, assurance vie, courtiers…)
- les loisirs,
- les produits de soin
- les autres domaines de la vie courante (sécurité, domotique, télématique…)
- l’immobilier dédié.

Auquel s’ajoute bien sûr celui de la de la santé, qui comprend la pharmacie, les dispositifs et équipements médicaux, les établissements médicaux (maisons de retraite, cliniques, etc.).

 Ainsi, alors que les pays européens cherchent de nouveaux relais de croissance, l’économie du vieillissement par la diversité des acteurs qu’elle fédère, la complémentarité des financements publics et privés, et la stabilité des fondamentaux (démographie, taux d’épargne…) constitue, en France comme en Europe, un des écosystèmes les plus prometteurs en termes de création de richesses et d'emplois durables.

Par Gilles DUTHIL 
Président de l'Institut SilverLife

publié dans Institut Silverlife, contact@silverlife-institute.com, vendredi 7 octobre 2011 

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