A l’écoute des salariés des services à la personne

Publié le par Orgris

L’Agence nationale des services à la personne (ANSP) a  confié au BIPE la réalisation du premier baromètre de la qualité des emplois du secteur portant sur un échantillon de 1 400 salariés.

Publié le 19 mai 2010, il confirme que près de deux millions de personnes sont employés dans les services à la personne, dont 80 % travaillent directement chez des particuliers employeurs.Ils travaillent pour plus de 3 millions de particuliers, soit directement, soit, pour 280 000, dans 22 000 organismes agréés. À noter que la majorité des salariés de ces organismes sont également employés en direct de particuliers employeurs.

Cinq activités, qui représentent 16 milliards de valeur ajoutée (1 % du PIB), occupent 1 570 000 salariés : travaux ménagers et repas (680 000, 40 %), assistance aux personnes âgées, handicapées et malades (450 000, 27 %), assistantes maternelles et garde d’enfants (420 000, 24 %), travaux divers (70 000), soutien scolaire et assistance informatique (50 000).

94 % des salariés sont des femmes, dont 60% de 40 à 59 ans et 8 % de plus de 60 ans. Le quart détient au moins un diplôme du niveau du baccalauréat.

Le taux horaire net est en moyenne supérieur de 30 % au smic (10 € contre 6,9 €). Toutefois le salaire mensuel net moyen des salariés n'est que de 690 € en raison du temps partiel très répandu dans ce secteur. Le volume hebdomadaire moyen de travail par salarié s’établit en effet à 22 heures par semaine, proche de la moyenne du temps de travail partiel en France. La moitié des salariés est satisfaite de leur volume d’activité, mais l’autre moitié souhaiterait travailler dix heures de plus par mois, pour atteindre l'équivalent d'un smic. Il est vrai que ce sont souvent des femmes seules, avec ou sans enfants, et n’ayant pas d’autre revenu.

En moyenne, un salarié en direct travaille pour 3.9 employeurs, et un salarié d'organisme agréé pour 6,6 personnes. 18 % des salariés travaillant pour un prestataire ont même dix employeurs ou plus (contre 8 % des salariés en emploi direct). Cette situation de service à une pluralité d’employeurs est plutôt bien acceptée par les salariés : seulement 2 à 3 % des salariés souhaitent travailler pour moins de personnes. Augmenter ses ressources passe par l’augmentation du nombre d’employeurs, en gérant un emploi du temps segmenté.

La grande majorité des interviewés ne soulève pas de difficultés majeures dans l’exercice de ces activités. A noter que 75 % des salariés ne veulent pas travailler dans un autre secteur d'activités, preuve qu’ils y trouvent des satisfactions. Leur motivation est à 80 % « l’envie d’aider les gens ». 70 % ne travaillent pas le samedi. 96 % des salariés employés directement s’estiment respectés par leurs employeurs. Le manque de perspective d’évolution reste leur principale préoccupation. Mais 83 % ont plus de trois ans d’ancienneté dans le secteur, ce qui est un indicateur de stabilité. La pénibilité physique, néanmoins, est une difficulté pour 41 % des salariés.

Au total, un bilan intéressant, dont les aspects positifs, les spécificités, les problèmes demandent une prise en charge syndicale spécifique, à la mesure du développement de ces activités.

article mis en ligne le 01/07/2010 par « clés du social »

www.clesdusocial.com


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