Loge chez un(e) sénior(e) ! cohabitation intergénérationelle

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires

La cohabitation intergénérationnelle ou habitat kangourou

La cohabitation intergénérationnelle est de plus en plus connue en France. Elle intéresse les médias, les pouvoirs publics, les jeunes et les seniors. Mais que se cache derrière ce terme exactement ? D’où nous vient cette façon originale de se loger ? Enfin, quels en sont ses avantages pour les uns et les autres ?

La cohabitation intergénérationnelle : qu’est-ce que c’est ?

La cohabitation intergénérationnelle est un des modes d’habitat qui réunit dans un même espace de vie plusieurs générations, et qui se développe en Europe depuis plusieurs années.

Il correspond à l’hébergement des jeunes, souvent étudiants mais aussi actifs, par des seniors, dans leur propre logement. Les loyers sont modérés voire nuls, et il est souvent convenu que les jeunes qui sont logés rendent des petits services et s’engagent à un certaine présence, en contrepartie d’une chambre privative et d’un accès aux parties communes.

Ce type de logement est un dérivé de l’habitat kangourou. Ce dernier évoque plus généralement les situations où une personne âgée héberge chez elle des personnes d’autres générations, comme des jeunes mais aussi des familles ou des couples. L’appellation originale se réfère à la poche du kangourou dans lequel le petit est à l’abri et en sécurité.

Dans une cohabitation intergénérationnelle, la notion d’échange de petits services et d’entraide fait toute la différence avec une colocation standard ou une chambre chez l’habitant. Ici, chacun a un besoin et a quelque chose à offrir qui dépasse la simple transaction entre un logement et une rémunération financière.

D’où vient ce concept ?

L’habitat kangourou, qui se réfère à l’hébergement par un senior d’une famille, d’un couple ou d’un jeune, est déjà bien implanté au Québec, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, et commence à se développer en Belgique et en France.

Quant à la cohabitation intergénérationnelle, avec un jeune plus spécifiquement, elle s’est développée d’abord en Espagne dans les années 90, où les jeunes jusqu’à l’âge de 35 ans ont des grandes difficultés pour se loger.

En France, le concept a été mis sur le devant de la scène à partir de 2003, l’année où la canicule estivale a causé de nombreux décès chez les personnes âgées isolées. Dès lors, des associations se sont créées autour du logement intergénérationnel, d’abord en Île-de-France puis en province, et les médias ont fait écho aux expériences réussies de ce type de logement de façon régulière, sous forme de reportage ou d’article de journal.

Les solidarités entre personnes avaient déjà commencé à se développer à la fin des années 70, avec la crise économique et l’affaiblissement de l’Etat-Providence. Cependant, il y a eu peu d’initiatives intergénérationnelles avant il y a une dizaine d’années, car notre société est marquée par un cloisonnement des âges autour du travail : avant, pendant, après.

Quels sont les bénéfices pour le logeur et pour le logé ?

Ce type d’habitat a de nombreux avantages, qui peuvent être classés en fonction des bénéficiaires : les seniors, les jeunes ou l’ensemble de la société.

Pour les seniors

Les bénéfices recherchés de ce type de cohabitation ne sont pas les mêmes, suivant que l’on s’adresse à des jeunes retraités actifs ou des personnes plus âgées ou qui peuvent se retrouver en perte d’autonomie. Il s’agit de :

  • recevoir des petits services comme une assistance en informatique, de l’aide pour faire les courses ou pour tondre la pelouse, mais cela dépend évidemment des besoins exprimés par le logeur et du profil du jeune logé. Il ne s’agit pas non plus d’une assistance médico-sociale, domaine exclusivement réservée au personnel qualifié pour cela ;
  • avoir une présence rassurante et sécurisante ;
  • bénéficier d’une compagnie qui permet de maintenir un lien social, et qui plus est avec la jeunesse ;
  • pouvoir rester chez soi le plus longtemps possible, car il faut savoir que 90% des français souhaitent demeurer à leur domicile plutôt qu’aller en maison de retraite, d’après l’Observatoire National de l’Intérêt Général ;
  • obtenir un revenu complémentaire, qui varie en fonction du lieu (proche des facs, des transports en commun, des commerces…), du logement et de ses équipements et des services rendus par le logé ;
  • rendre service à un jeune qui a du mal à trouver un logement (marché saturé, exigences de garanties des propriétaires…), qui n’a pas beaucoup de moyens financiers, ou qui a besoin d’être intégré dans son nouveau milieu (jeune étudiant loin du domicile parental ou étudiant étranger par exemple)

Cependant, cela ne convient pas à tous, puisque ne peuvent être concernés que les personnes qui vivent encore chez elles, avec un espace privatif à louer, et qui ont l’envie de croiser au quotidien quelqu’un sous leur toit.

Pour les jeunes

  • Des économies significatives sur le logement, qui peuvent aller de 30% à 100% (en cas d’hébergement gratuit contre services), donc un avantage financier non-négligeable ;
  • une solution alternative aux résidences étudiantes surdemandées, aux colocations étudiantes parfois trop bruyantes et aux studios du parc privatif qui sont souvent hors-budget ;
  • une présence et un point d’ancrage rassurant dans une nouvelle ville, ainsi que le sentiment d’être dans la famille ;
  • une expérience de vie sociale originale ! Qui n’a jamais eu des conversations passionnantes avec une personne âgée sur une anecdote historique, ou n’a pas vécu une situation comique où votre interlocuteur et vous-même avez ri suite à un malentendu ?

pourquoi pas une preuve de motivation, si le jeune a l’intention de poursuivre une carrière dans le social.

Pour la société en général

Il y a des avantages moins ciblés qui sont induits par la cohabitation intergénérationnelle, à savoir :

  • aller dans le sens de l’économie collaborative, en utilisant les logements sous-peuplés et occupés par les seniors. En effet, les habitats sous-peuplés en France concernent 76% des retraités, d’après l’INSEE ;
  • entretenir la solidarité entre les âges ;
  • favoriser la mixité sociale car, bien souvent, des jeunes et seniors issus de milieux sociaux différents cohabitent ;
  • répondre au coût social engendré par la perte d’autonomie et le placement en établissement. Il a été estimé à 700 000 € l’économie réalisée, rien qu’en 2013, grâce aux associations actives dans le logement intergénérationnel.

Aujourd’hui, même si la cohabitation intergénérationnelle reste un phénomène peu développé en France, il suit une tendance croissante, accentuée notamment par la hausse de la population âgée (plus d’un tiers des français auront plus de 60 ans en 2060).

information trouvée sur le site : https://www.mamyroom.fr

C'est une présentation intéressante, et Or Gris leur a envoyé un mail  le 21 mars : Nous sommes l'association « Or Gris, seniors acteurs des territoires dans une société pour tous les âges »…Dans notre blog, (or-gris.over-blog.fr) la rubrique « Habitat »est une des mieux renseignée et des plus consultée.

Cependant, nous pointons particulièrement les territoires ruraux, dont les périphéries urbaines, ou la question de la cohabitation inter-générationnelle se pose de manière spécifique. Dans le Nord, des agriculteurs l’ont fait autours de Villeneuve d’Asq. Il peut s’agir aussi d’étudiants stagiaires ou de formation continue pour les entreprise agricoles en milieu rural. Avez vous des exemples hors grande ville ? Nous pourrions nous articuler, nous envisageons une rencontre nationale sur le sujet (en milieu rural).

Mais le problème principal n’est peut être pas de convaincre les étudiants, mais de convaincre et recruter les retraités !!

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