Les aides à domicile, indispensables mais peu reconnues

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires

Les courses, le ménage, la toilette et "un peu de soleil dans la journée": peu valorisés, les métiers d'aide à domicile peinent à recruter. Ils sont pourtant indispensables au maintien chez elles de personnes âgées toujours plus nombreuses.

"C'est un grand honneur d'accompagner des personnes dans le besoin", explique à l'AFP Monique Bayiha, auxiliaire de vie sociale à l'association ADMR à Paris. "Mais ce métier, il faut l'apprécier pour le faire. Beaucoup arrêtent au bout de quelques mois".

En proie à un "déficit d'image", parfois difficiles physiquement et psychologiquement, ces métiers sont au coeur d'une campagne d'information lancée mercredi par la secrétaire d'État aux Personnes âgées, Pascale Boistard.

Environ 500.000 personnes travaillent dans les services d'aide et d'accompagnement à domicile, selon le ministère des Affaires sociales. A 98% des femmes, leur moyenne d'âge est de 45 ans, 62% sont sans diplôme et 70% travaillent à temps partiel.

Dépliants explicatifs, visuels, infographies sur les réseaux sociaux... La campagne "Aider les autres, c'est mon métier" a vocation à "promouvoir" un secteur en cours de professionnalisation.

"D'ici 2030, 300.000 emplois supplémentaires seront créés", a expliqué Mme Boistard, en raison des "effets conjoints du vieillissement de la population et des nombreux départs à la retraite".

Quinze millions de personnes ont aujourd'hui 60 ans et plus. En 2030, elles seront 20 millions et près de 24 millions en 2060. Cinq millions de personnes auront plus de 85 ans en 2060.

"On n'est pas là que pour les mettre dans le bain et faire la +boniche+. On aide ces personnes à garder leur autonomie, on met un peu de soleil dans leur journée", témoigne Myriam Lajic, auxiliaire de vie à Ossun dans les Hautes-Pyrénées depuis 10 ans, se décrivant comme "un relais indispensable entre la personne âgée et son médecin, son kiné, son pharmacien, sa famille".

En poste "dans les montagnes", elle est parfois la seule personne vue de la journée. En plus des tâches ménagères, des discussions et d'un peu d'administratif, la quinquagénaire apporte aussi fréquemment "le bois pour nourrir la cheminée".

- "Semaines extensibles" -

"C'est contraignant de se mettre une limite quand son métier est d'aider les autres", confie Fabienne, employée dans une association des Yvelines.

Cette femme de 55 ans qui aide à domicile des personnes âgées, garde des enfants et fait des ménages, décrit des "semaines extensibles" et la nécessité "d'apprendre à dire non".

"Pour attirer les gens, il faudrait mieux rémunérer les déplacements et augmenter les salaires", préconise-t-elle, relatant les kilomètres avalés d'un domicile à l'autre.

"Elles ne sont pas assez payées pour ce qu'elles font", assure Geneviève Billon, 94 ans, qui ne pourrait pas rester chez elle sans une aide quatre jours par semaine.

"Je me lave et m'habille encore très bien mais elle m'aide en faisant la soupe, le ménage, le lit, les courses, et quand il fait beau on sort", explique cette Parisienne à l'AFP.

Selon la Fédération nationale du personnel des organismes sociaux (FNPOS-CGT), les aides à domicile gagnent en moyenne 700 à 800 euros par mois pour environ 20 heures de travail hebdomadaire. "Les temps partiels sont subis, les horaires sont découpés", dit à l'AFP Estelle Pin du FNPOS-CGT.

"Plus qu'une campagne de communication, c'est sur les conditions de travail qu'il faudrait se concentrer", ajoute-t-elle.

La loi sur l'adaptation de la société au vieillissement (ASV), en vigueur depuis janvier, a permis la revalorisation de l'APA (Allocation personnalisée d'autonomie qui couvre une partie des dépenses d'aide) et celle des salaires, fait valoir le ministère, qui veut désormais accroître la formation et les qualifications.

Saluant la campagne, l'association AD-PA, qui représente les directeurs de maisons de retraite et de services à domicile, a néanmoins demandé aux pouvoirs publics de revaloriser leurs tarifs, "très nettement inférieurs au coût de fonctionnement". Selon l'AD-PA, une heure à domicile revient à 24 euros mais n'est prise en charge qu'entre 18 et 21 euros.

publié le 01/02/2017 par l’Express, venant de l’AFP

http://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/les-aides-a-domicile-indispensables-mais-peu-reconnues_1874949.html

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