Mourir à domicile, un souhait rarement exaucé en France

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires

Dans son nouveau bulletin mensuel d’information, l’Institut national d’études démographiques (INED) montre que si la majorité des Français (55%) souhaite mourir à domicile, seulement un quart le fait effectivement. Une différence qui s’explique par la forte médicalisation de la fin de vie en France.

80% des décès (dans un échantillon de 15 000 personnes décédées à plus de 18 ans) surviennent de façon non soudaine, à la suite d’un parcours résidentiel et médical. Parmi ces morts non soudaines, quatre semaines avant le décès, vivre à domicile est la situation la plus fréquente (elle concerne 45% des personnes, 52% des hommes et 39% des femmes), en particulier pour les plus jeunes (60% des moins de 70 ans vivent à domicile, contre 30% des plus de 90 ans). Les autres situations sont l’hébergement en maison de retraite (pour 24%) et l’hospitalisation (pour 29%).

Plus la date de la mort approche, plus on observe d’hospitalisations : et pour finir, 7 hommes sur 10 et 6 femmes sur 10 décèdent à l’hôpital, quel que soit leur âge. Différents parcours expliquent cette différence entre le lieu de vie quelques semaines avant la mort, et celui de la mort. Le passage du domicile à l’hôpital est le parcours le plus fréquent (30% des cas).

Causes de l’hospitalisation

Ce sont les pathologies qui font varier les parcours : troubles mentaux et maladies infectieuses sont rarement prises en charge à domicile, de même que maladies respiratoires ou de l’appareil digestif. En revanche, en cas de maladies cardio-vasculaires, le décès à domicile est presque aussi fréquent qu’après transfert à l’hôpital. L’espoir d’une guérison ou d’une amélioration explique le passage à l’hôpital, ainsi que la difficulté des aidants à gérer des situations de fin de vie à domicile. Ce qui montre donc un défaut d’anticipation des complications et des modalités de leur prise en charge. La famille souhaite d’ailleurs dans 55% des cas que les personnes en fin de vie soient prises en charge à l’hôpital, et dans 31% des cas en maison de retraite.

    Forte mobilisation des familles

L’entourage familial est fortement mobilisé en fin de vie. Cependant, familles et amis sont plus fréquemment présents au moment du décès si celui-ci survient à domicile : ils sont présents, sans assistance de soignants dans 44% des cas à domicile (26% des cas à l’hôpital), et assistés de soignants dans 26% des cas à domicile (contre 7% en hôpital). Un décès sur deux survient seulement en présence de soignants à l’hôpital, contre 5% à domicile. Mais 21% des personnes meurent seules à domicile, contre 7% à l’hôpital.

Fabienne Rigal

Publié le 06/07/2015 dans Age Village

http://www.agevillagepro.com/actualite-12853-1-fin-de-vie-mourir-a-domicile-etude-ined.html

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Rhonam faissel 22/10/2015 11:43

Je pense qu'il est rare d'être vieux sans une maladie ou plus et donc c'est normal que beacoup de gents meurent aux hôpitals.

aide autonomie 21/07/2015 12:42

excellent article .
j'aime beaucoup tous ces informations pour mourir a domicile un souhait rarement exauce en france .
merci pour le partage .